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Cameroun : Urgent. 3000 personnes piégées dans les eaux dans l’Extrême-Nord

2019-10-27 17:49:09 - En proie à des montées spectaculaires et permanentes des eaux, plusieurs milliers de familles camerounaises sont menacées de disparition dans le département du Logone et Chari, région de l’Extrême-Nord Cameroun.

Eaux de malheur

Ce sont plus de 3000 âmes livrées à la famine dans la région de l’Extrême-Nord. Précisément des familles installées dans les villages Bilé et Louvol dans le l’arrondissement de Waza. A l’origine de leur tourment, un dérèglement climatique qui donne lieu à des inondations violentes et permanentes dans leurs cases. Ces flots ont récemment emporté tout l’essentiel de leur moisson pour cette saison, plongeant ces agriculteurs dans une consternation indescriptible.  « Nous sommes ruinés ; pas de mil rouge ni de maïs, encore moins le mil de contre saison. Les eaux ont tout emporté dans nos champs et nos greniers sont vides ». C’est au bord des larmes que Blam Hassana, chef traditionnel de Louvol laisse échapper ces mots. Il explique que plusieurs centaines d’hectares de céréales ont été envahis par les eaux et que  les habitations sont menacées de destruction. Au-delà des dégâts matériels, ces eaux en furie qui ne sont plus qu’à un pas des habitations sont aujourd’hui à l’origine de plusieurs maladies « mes frères et mes enfants souffrent de la rougeole, du paludisme. Il est difficile de les transporter vers les centres de santé à Waza ».

Veiller pour survivre

Avec la rémanence de la montée des eaux suites aux pluies, les populations de cette localité ont désormais le sommeil léger. Elles restent éveillées autant qu’elles peuvent, et pas seulement. De jour en jour elles mettent en place des stratégies pour préserver ce qui leur reste comme biens Abdou, riverain révèle que « lorsqu’il pleut nous ne dormons pas du tout. Nous passons la nuit à évacuer l’eau. Nous veillons pour garder un œil sur le drainage ; nous essayons de barrer l’eau avec de la terre ».

C’est à bord des pirogues, que  le maire de la commune de Waza, accompagné ses conseillers municipaux ont récemment effectué une descente sur le terrain pour avoir le fin mot de la situation. L’élu local a par ailleurs apporté du réconfort aux victimes. Dans l’essentiel du paquetage d’Ibrahim Mamat un grand nombre de « sacs vides pour mettre la terre qui servira à ériger la digue ».  Cette digue de fortune, à l’image d’un bouclier, permet aux populations de refréner l’intensité du désastre. Malheureusement elle ne tiendra plus pour longtemps après avoir cédé de part en part. Dans l’incertitude du lendemain, les populations du Logone et Chari continuent leur lutte pour survivre, lâchés comme jamais.

Par Romulus Dorval Kuessie

: Afrique Monde