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Côte d'Ivoire : GUILLAUME SORO 《 LA CÔTE D’IVOIRE VA BRÛLER SI…》

2019-10-25 22:33:14 - Les nuages sombres avec des éclairs  menacent la Côte d’Ivoire comme si on s’approchait d’un déluge de coups de feux dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest qui a déjà connu les affres d’une guerre qui a fait 3000 morts et conduit l’ancien président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en prison à la Haye. Les acteurs sont les  mêmes, sauf que dans le camp des vainqueurs Alassane OuattaraGUillaume Soro, la guerre froide interne a déjà commencé.

Recevant la presse à l’hôtel Westminster de Paris, mercredi 23 octobre au soir, Guillaume Soro,  l’ancien leader étudiant, devenu successivement chef rebelle,  premier ministre, président de l’assemblée nationale, a confirmé aux journalistes qu’il ne va pas lésiner sur les moyens pour atteindre son objectif : président de la République. À l’instar de Nicolas Sarkozy,   avant même l’âge de se raser, Guillaume Soro faisait savoir à qui voulait l’entendre, son ambition de devenir chef de l’Etat de Côte d’Ivoire . L’heure a donc sonné.  Sa candidature à l’élection prévue en octobre 2020 a été annoncée par lui-même  le 12 octobre à Valence, en Espagne, lors d’une rencontre – une « crush party »– avec des sympathisants de la diaspora, puis, il l’a quelques jours plus tard sur RFI et France 24.

Pour y arriver, Guillaume Soro est conscient qu’il y aura des étapes et des épreuves à franchir comme dans Kholanta. Il faut être stratégique et faire alliance avec des ennemis qui deviennent amis de circonstances. À ce jeu là, il s’y connait, puisqu’il l’a fait avec Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, avant de leur tourner le dos.

Marginalisé et écarté du fauteuil de l’assemblée nationale  par le pouvoir, il s’est rapproché de l’ancien président Henri Konan Bédié, 85 ans, qui rêve d’un retour aux affaires. « Avec Bédié on s’aime », jure-t-il, non sans avoir manqué de faire remarquer l’âge de celui qui l’a initié au plaisir des cigares cubains. Avec Laurent Gbagbo, dont il fut le premier ministre jusqu’en 2010, avant de rejoindre Alassane Ouattara aux mêmes fonctions et de devenir ainsi l’un des premiers artisans de la chute, il déclare : « J’ai demandé à le voir. Son fils a porté plainte contre moi en France. Il peut dire que je ne l’ai pas soutenu. S’il a des choses à me reprocher, j’ai aussi des choses à lui reprocher. S’il avait laissé le pouvoir comme je le lui avais demandé le 29 octobre 2010, il serait redevenu président en 2015. Mais nous ne sommes pas des gamins. On ne va pas léguer nos haines de génération en génération. »

Avec Alassane Ouattara, c’est désormais là son vrai combat. Les deux ont des gros bras et sont deux ressortissants du nord du pays. GUillaume Soro avec ses rebelles, ont permis à Alassane Ouattara de faire chuter Laurent Gbagbo qui refusait de rendre les clés de la présidence, entre 2010 et 2011.  Soro qui attendait la passe décisive de son allié , a compris qu’il ne serait jamais choisi comme le successeur de celui qu’il a « soutenu jusqu’à la dévotion ». Désormais, entre les deux hommes, la rupture est consommée. GUillaume Soro vit désormais avec « ce sentiment de grande trahison »

Alors que le chef de l’Etat laisse planer des incertitudes sur sa candidature à un troisième mandat l’an prochain, son ancien premier ministre, puis président de l’Assemblée nationale, menace de le chasser comme ça a été le cas avec le dictateur gambien qui ne voulait plus sortir du palais, mais qui a été contraint de le faire suites aux menaces de la CEDEAO : « Alassane Ouattara n’est plus candidat. C’est le passé et on va le lui rappeler le moment opportun. Même Yayah Jammeh  est parti. Ouattara parti, il reste qui pour me battre ? »

Alors qu’on loue les multiples réalisations d’Alassane Ouattara, Guillaume Soro qui a pourtant été l’une des clés de voûte du régime,   fustige le bilan de celui qu’il a servi: « Quand on voit le potentiel, je me dis que le butin est maigre. On dit que la Côte d’Ivoire a une croissance de 9 %, mais c’est une croissance appauvrissante. J’assume le premier mandat, mais je me suis longtemps fait berner par les chiffres macroéconomiques. Quand vous arrivez en Côte d’Ivoire, on vous montre le troisième pont ; mais allez voir à Abobo Derrière-rail. Si on parle encore de Gbagbo, c’est que Ouattara n’a pas fait mieux. »

Guillaume Soro revient sur la  tentative d’arrestation par Interpol dans la nuit du 8 octobre, pour laquelle il a porté plainte à Barcelone  : « Cinq policiers, entre 3 et 4 heures du matin, ont frappé à la porte de ma chambre de l’hôtel El Palace. Comme je ne parle pas espagnol, je répétais “Zapatero, Zapatero. Est-ce que vous feriez ça à Zapatero ?” L’un des policiers, qui parlait un peu français, m’a dit que je devrais appeler mon ambassade. J’attends encore qu’elle me rappelle. La vérité, c’est qu’il voulait une photo de moi menotté pour mettre fin à ma candidature. »

Guillaume Soro a lancé, Génération et Peuples solidaires pour se donner des ailes qui compterait  déjà  15 000 adhérents.Mais le problème c’est  la Commission électorale indépendante (CEI), l’instance qui sera chargée d’annoncer les résultats provisoires. « Avec la CEI telle qu’elle est, la Côte d’Ivoire va brûler. M. Ouattara qui a tant souffert pour qu’on ait des élections démocratiques et qui aujourd’hui installe une CEI monochrome, c’est une honte, un recul », déclare solennellement Guillaume Soro. Et il sait de quoi il parle!

« Vous savez, j’ai déjà été arrêté cinq fois… Et si j’ai des ennemis puissants, n’oubliez pas que moi aussi je suis puissant. », prévient Guillaume Soro qui n’a pas peur de retourner à Abidjan préparer son champ ou son camp de bataille.

Par CF
 

: Afrique Monde