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Cameroun : Véritables raisons de la déferlante de haine anti-allogènes de l’Ouest à Sangmélima

2019-10-17 15:03:53 - Faire payer aux ressortissants de l’Ouest l’affront fait par leurs “frères” de la diaspora au plus illustre des Mongo Bulus

Au Cameroun, mercredi, Une organisation  revendiquant la défense des intérêts des populations bamilékés de la région de l’Ouest est montée au créneau pour dénoncer la résurgence des vieux démons de la haine des Bamilékés par des compatriotes de la région d’origine du chef de l’Etat, d’une part, et « le silence, l’inaction, la passivité presque bienveillante et l’encouragement implicite, officiel et effectif de certaines élites » de la région du Sud. 
 
L’impression première de cette sortie du Laakam signée Sindjoun Pokam et Shanda Tonme est que l’expression de leur plat mécontentement peut impacter d’une manière positive sur le comportement aussi bien des instigateurs de cette déferlante de haine que de ceux dont l’élite politique s’est servi comme de bras armés pour réaliser ses sombres desseins, convaincus que le Cameroun disparaîtra avec le régime Biya. Que nenni ! Car la manifestation éruptive de haine de l’allogène à Sangmélima n’était finalement pas autre chose qu’un règlement de comptes instigué par des entités au-dessus de tout soupçon pour  faire payer à des Camerounais de l’intérieur, les positions et actions politiques de leurs compatriotes de l’étranger.
 
Des étrangers désignés bouc-émissaires des « paradoxes du pays organisateur » ?…
 
Cachant les véritables motivations criminelles des expéditions punitives de la semaine dernière contre les  ressortissants de l’Ouest, les chefs traditionnels bulus et les autochtones du Sud en général et de Sangmélima en particulier, s’échinent à justifier ces actes inadmissibles dans un État dit de droit, tantôt par le manque de respect de ces « étrangers » à leur égard sur leur propre sol,  tantôt par le mal vivre auquel leurs populations, autochtones, sont confinées. Confinés cependant, et ils n’ont pas l’honnêteté de le dire, par un régime qu’ils sont encore les seuls à soutenir aveuglément au nom de la solidarité ethnique avec le chef de l’Etat. Mais dont ils veulent faire endosser l’incurie à des communautés venues de loin et animées par la volonté de s’en sortir vaille que vaille, dans un contexte socio-politico-économique marqué par l’action envahissante d’une meute de zombies installée aux commandes du pays avec pour seul but de le sucer jusqu’à ce que mort s’en suive. 
 
A titre d’illustration, les populations du Sud ont, à l’occasion de l’élection présidentielle de 2018, accordé officiellement 92,91% de leurs suffrages  à Paul Biya le Bulu, laissant à peine un peu plus de 7% aux 8 autres candidats à cette élection. Leur malaise existentiel dénoncé véhémentement par le défunt Charles Ateba Eyene, dans son ouvrage « Les paradoxes du “pays organisateur”: élites productrices ou prédatrices : le cas de la province du sud-Cameroun à l’ère Biya (1982-2007) »
 
 n’a pourtant pas commencé aujourd’hui. Ils ne savent que trop bien que ce sont leurs élites et assimilés, agglutinés autour de leur frère qui leur rend la vie impossible par les accaparements indus de la fortune publique de tout le Cameroun dont celle destinée au développement du fier, autochtone et, par-dessus le marché, patriotique, peuple élu bulu.
 
Opération leur faire payer pour leurs « frères » de la diaspora
 
Mais là n’était pas leur véritable problème : Les Bamouns et les Bamilékés installés dans la “terre promise” de la région du Sud, région commerçante parce que frontalière du Congo et du Gabon dont la force de production agricole et industrielle n’est pas à la hauteur de la demande sont ces tribalistes empêcheurs de donner du 100% en rond au fils de la tribu, Paul Biya, lors des élections. Ils votent pour le Bamoun Adamou Ndam Njoya, pour le Bamiléké Kamto, comme ils le faisaient déjà à une certaine époque, pour l’anglo-bamiléké John Fru Ndi, faisant mentir les élites locales dont  la promesse du « sans faute » électoral faite au Nnom Nguii, est de ce point de vue mise à rude épreuve, ou prise en faute. Tel Satan le diable, ils ont séduit certains « mongo bulu » et leur ont fait goûter au fruit défendu de la sympathie pour l’opposition. Dr. Oko, Valsero… 
 
Certes, on le leur a déjà fait payer, à ces allogènes en des lendemains d’élections à Kyé-Ossi, Ambam, Ebolowa… (pillage des boutiques et magasins des allogènes Bamouns et  Bamilékés incapables de renier leurs ethnies d’origine et de renoncer pour certains à leur choix politique pour devenir bulus et militants dans l’âme du parti-Etat). Ne pouvant rien contre le BIR et la justice du Pays organisateur dont les éléments les plus durs sont recrutés au sein de l’ethnie de ceux qui sont nés pour gouverner,  Ces Bamouns et Bamilékés trop têtus, ont déporté leur “tribalisme” dans les eldorados étrangers dont ils interdisent le séjour au fraternel bourreau dont le séjour bientôt quarantenaire à la tête de l’Etat n’a rapporté que marginalisation, précarisation, chômage… aux populations du Sud, même si par patriotisme excessif et exclusif, celles-ci se refusent à envisager l’option d’une sécession comme ces anglofous(!) du NOSO.
 
Et comme si cela ne suffisait pas, ils s’apprêtaient à envahir les rues de Lyon en France pour administrer au plus illustre des Bulus la douche froide d’il y a quelques mois à Genève en Suisse. La coïncidence du calendrier des actes  de pillage anti-Bamoun et anti-Bamiléké à Sangmélima et des protestations anti-Biya à Lyon est frappante. 
 
On ne peut autrement comprendre ce qui ressemble à de l’alchimie dialectique sur fond d’acrobatie intellectuelle : le choix fait par les Bulus de Sangmélima de venger l’assassinat d’un Bulu par un autre Bulu, son (beau) parent, qui plus est, était non seulement identifié puisqu’arrêté et placé en garde à vue –quoique bénéficiant de la présomption d’innocence,  en se jetant à bras raccourcis sur des Bamouns, et ensuite les Bamilékés (tous les mêmes, ils descendent des hautes terres montagneuses de l’Ouest). 
 
Mise à exécutions des menaces de représailles 
 
Il était temps que l’on montrât aussi à ces “Bamilécouillons”, tous autant qu’ils sont, que nul n’a le monopole de la violence, et que s’ils peuvent chasser le plus illustre des Bulus d’Europe, leurs frères sur place au Cameroun pouvaient être chassés des terres autochtones qu’ils ont achetées « gratuitement » à prix d’argent, mais dont la jouissance est curieusement, et de notoriété publique, due à la seule générosité des sédentaires. 
 
Qui a dit que les Sciences Humaines –pour l’occurrence on pourrait parler des “Sciences Sorcières” ne s’enrichiront pas dans les temps à venir d’une spécialité typiquement camerounaise dénommé « le Paradoxisme intellectuel » avec pour principale sous-branche, « l’étude de l’étrangeté du “discursif prétextuel” ». Du pain sur la planche pour les longs crayons organiques du régime qui gagneraient à créer quelque chose qui les distingue des autres intellectuels du monde, au lieu d’user de grands et gros mots pour justifier le fait que des compatriotes soient en train de sombrer dans la nuit noire de l’autodestruction pour les seuls intérêts d’un régime personnel qui a juré la perte du beau Cameroun jadis unis dans sa diversité et si fier de ses différences dont tout homme de bon sens passé par là il y a quarante ans ne peut qu’être nostalgique. 
 
Par Ndam Njoya Nzoméné
 

: Afrique Monde