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LE DIALOGUE DE PAUL BIYA EST DÉJÀ MORT AVANT DE COMMENCER

2019-09-30 09:14:50 - 1-Paul Biya convoque un grand dialogue national mais décide des protagonistes, du président des travaux (le Premier Ministre) qui est de son parti, de son porte-parole (Georges Ewane) qui est de la Brigade des Reportages Présidentiels à la télévision nationale CRTV et des sujets à débattre. Du coup, les discussions sur des sujets y compris ceux tabous sont impossibles.

2- Paul Biya refuse que le dialogue porte sur la forme de l’Etat dont la modification en 1972 est pourtant l’une des causes de la crise.

3-Le Grand dialogue national donnera lieu à des discussions à sens unique. Rien sur les exactions de l’armée camerounaise dans le Cameroun anglophone, rien sur l’histoire des deux Camerouns, sur la frontière qui sépare les deux Camerouns, rien sur la conférence de Foumban de juillet 1961, sur le référendum du 20 mai 1972, etc.

4- Le Grand Dialogue National exclut tout médiateur international et la mouvance séparatiste qualifiée de « terroriste » mais à qui l’ont veut imposer des thèmes de débat qui n’ont rien à voir avec les revendications qu’elle formule.

5-On invite les groupes armés pour parler des sujets tels que la décentralisation, la justice, le désarmement, etc. qui n’ont rien à voir avec leur revendication qui est de restaurer le Southern Cameroons d’avant le marché de dupes du 1er octobre 1961, la fameuse Réunification.

6- Au cours de ce dialogue national, les problèmes spécifiques des anglophones qui le justifient (dont les causes réelles ne seront d’ailleurs pas abordées) vont être dilués par les revendications courantes du peuple francophone majoritaire en termes d’eau, d’électricité, de routes, de ponts, d’écoles, d’hôpitaux, d’emplois, etc.

7-Les consultations en cours au Premier Ministère laissent apparaitre une forte coloration du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir au point que même certains de ses militants s’inquiètent déjà de la possible mutation de ce grand dialogue national en un congrès ordinaire du RDPC.

8-Le régime de Yaoundé, après avoir engagé une campagne de presse contre eux, adresse des cartons d’invitation aux séparatistes de la diaspora sans leur fournir des garanties qu’ils retourneront sains et saufs dans leur pays d’accueil après avoir parlé de la séparation au cours du dialogue.

Par Michel Biem Tong, journaliste web en exil

: Afrique Monde