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Algérie/Après-pouvoir à vie, style fainéant Paul Biya du Cameroun : Le frère cadet de Bouteflika et 3 généraux condamnés à 15 et 20 ans de prison

2019-09-25 22:58:17 -  La main lourde. Et expéditive avec ! La justice militaire algérienne n'y est pas allée du dos de la cuiller avec  le frère cadet de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika, condamné à 15 ans de prison à l'issue d'un procès qui n'aura duré que deux jours. "Boutef Junior" avait été arrêté le 5 mai.

Selon Ennahar TV, il a pour compagnons d'infortune dans cette fracassante descente aux enfers deux anciens chefs des services secrets, Le général Mohamed Mediene, dit "Toufik" et son successeur, le Général Athmane Tartag, ainsi que la dirigeante du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, arrêtée quant à elle le 9 mai.

Personnage parmi les plus craints de l'Algérie il y a quelques temps, du fait de la présence à la tête de l'Etat algérien de son frère aîné moribond, et quelquefois du fait du statut de "dauphin" présumé de l'ancien président qu'une certaine opinion lui prêtait,  Said Bouteflika était accusé, comme les trois autres, susmentionnés,  "d'atteinte à l'autorité de l'armée" et "complot contre l'autorité de l'Etat", à en croire l'agence officielle de presse APS.

Des griefs formulés dans un premier temps à leur encontre par le chef d'Etat-major de l'armée, le Général Gaïd Salah peu avant la chute de l'ancien "raïs" algérien Abdelaziz Bouteflika, et finalement reprise à son compte par l'armée après la « grande chute ».

Les 4 personnalités s'étaient en effet réunis fin mars et avaient critiqué les prises de position de l'armée à travers le Général Salah, considérant la non réaction violente de la Grande Muette algérienne aux manifestations pacifiques et massives, comme une conspiration contre le pouvoir légitime en place. En réaction, quoique sans les désigner nommément, le Général Gaïd Salah les avait accusés, de comploter contre l'armée, les mettant dès lors à l'index.

Règlements des petits comptes de l'après-pouvoir à vie

Pas étonnant qu'un mois environ après la démission de Boutef, l'armée leur demande des comptes ou règle les siens, répondant par la même occasion à la forte demande cathartique qui suit généralement l'effondrement des régimes totalitaires.

La condamnation à 15 ans de prison de Saïd Bouteflika et autres, ou la condamnation par contumace à 20 ans de prison de l'ancien chef d'Etat-major de l'armée et ancien ministre de la Défense, le Général Khaled Nezzar, de son fils Lotfi, et de l'homme d'affaires et gérant de la Société algérienne de pharmacie, Belhamdine Farid, résonnent comme autant de petits comptes de l'après-pouvoir à vie, qui devraient mettre la puce à l'oreille de ces régimes dictatoriaux qui écument encore le sommet de certains Etats, notamment en Afrique, usant de subterfuges, de mystification, de répression, et convaincus de leur inamovibilité pour s'imposer à des peuples qui n'en veulent plus.

Vice-dieu d'Algérie, ou plutôt incontestable numéro un de l'exécutif algérien depuis l'accident vasculaire cérébral en 2013 du président Bouteflika,  Said Bouteflika derrière les barreaux pour une quinzaine d'années, à l'issue d'un procès devant le tribunal militaire dont on ne peut pas dire qu'il fut vraiment respectueux des droits de la défense, il faut vivre pour le voir. 

Ndam Njoya Nzoméné - AM

: Afrique Monde