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Cameroun - Mutinerie à la prison de Buea : 75 détenus blessés par balles, seuls 5 pris en charge à l'hôpital (Avocat)

2019-08-10 00:39:42 - Chef du pool des avocats des personnes incarcérées pour avoir supposément ou réellement participé aux événements de la la crise anglophone, Me Henry Njong est très amer au sujet du traitement inhumain infligé par les forces de l'ordre à ses clients qui se sont révoltés le 23 juillet contre leurs conditions de détentions à la prison centrale de Buea. 

L'avocat et son équipe s'en sont d'ailleurs ouverts au Procureur général près la Cour d'Appel du Sud-ouest, en faisant remarquer à ce magistrat que le traitement infligé à ses clients pendant et après la mutinerie  constituaient une atteinte grave à leurs droits, humains notamment.
 
En effet, a-t-il informé, sur les 75 détenus blessés par balles, seuls cinq ont été conduits à à l'hôpital régional en raison, dit-on, « de la nature de leurs blessures », tandis que les 70 autres sont obligés de se contenter des soins fournis par l'infirmerie de la prison. Des soins que l'on peut imaginer pas toujours appropriés par rapport à la gravité des besoins des victimes.
 
Des révélations qui tranchent quelque peu avec le bilan livré par le ministre de la Communication, René Sadi qui, le 2 août, a donné une conférence de presse pour livrer ce qu'il a qualifié de version "véridique" de cette affaire.  « Comme vous le savez, la mutinerie orchestrée dans cet établissement pénitentiaire n'a pas enregistré de perte en vies humaines. Pendant ce temps, deux éléments des forces de sécurité ont été blessés et 43 détenus parmi les insurgés ont été blessés. Vingt ont été immédiatement pris en charge à l'infirmerie de la prison, et un autre détenu s'est précipité vers un hôpital voisin de la ville de Buea pour des soins médicaux. 
 
Au moment où nous parlons, l'état de santé de tous les blessés s'est grandement amélioré, tandis que les procédures habituelles initiées contre les 20 insurgés identifiés comme étant les dirigeants ont également été fermées. » avait fait savoir le ministre porte-parole du gouvernement,  indiquant au passage les dispositions prises par le président de la République et le gouvernement pour solutionner les problèmes posés par les détenus en colère : « Le Président de la République a ordonné au gouvernement de prendre toutes les mesures appropriées pour : accélérer les procédures judiciaires en cours; – suivre de manière rigoureuse le renforcement des mesures disciplinaires dans toutes les institutions pénitentiaires du pays; – renforcer et moderniser les moyens de contrôle et de surveillance des prisonniers; – décongestionner les différentes prisons présentant un surpeuplement avéré; – d'interdire fermement l'entrée et l'utilisation de tous les outils et ingrédients interdits dans les prisons par la réglementation en vigueur.  De plus, des instructions spéciales ont été données aux administrations sectorielles concernées afin d'agrandir les locaux de certaines prisons qui ont dépassé leur capacité. Conformément aux directives spéciales du chef de l'État et eu égard à sa part de responsabilité dans l'accélération des procédures judiciaires en cours, le gouvernement réaffirme qu'il est résolu à œuvrer efficacement pour assurer avec la diligence requise la conduite des procédures nécessaires, dans le strict respect de l'ordre juridique établi. » 
 
Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde