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Traque du couple Biya : Benjamin Zebazé s'insurge contre ceux qui s'insurgent

2019-06-28 14:21:17 - Profiteurs de tous poils, adeptes du bon sens opportuniste, ils ont de nouveau embouché les trompettes  d'un patriotisme dont ils sont les seuls à définir les critères. A son tour, l'impayable Benjamin Zebaze jete l'anathème sur ces Tartufes et dénonce ces antipatriotes devenus patriotes le temps de défendre l'indéfendable.
 
Comme lors du saccage des ambassades du Cameroun par des Camerounais de la diaspora choqués de constater qu'en plein 21ème siècle une police nationale pouvait tirer sur une partie de la population qui la paie pour empêcher celle-ci de protester publiquement contre une dictature, les profiteurs et partisans du régime ont font de nouveau sonner les carillons du "patriotisme" à tête chercheuse, pour dénier tout bon sens à l'action de l'une des diasporas les plus attachées à leurs pays d'origine, qui demande à un président qu'au moins la moitié des Camerounais voudrait voir s'exiler, de revenir au pays résoudre le chaos qu'il y a semé. « Le seul fait que Paul Biya se trouve en villégiature avec des voyous autour de lui alors que son pays se meurt, justifie qu'on n'ait plus aucun égard pour sa personne » explique le célèbre journaliste, fondateur de "Challenge Hebdo" de non moins célèbre mémoire, actuellement Directeur de Publication du journal Ouest-Littoral.
 
Ci-dessous l'intégralité de la Tribune réflexion:
 
Les images de ce qui se passe en Suisse sont dévastatrices sur ce qui reste de l'image du Cameroun.
 
Dans un pays normal et avec un dirigeant normal, on pourrait comprendre l'indignation des Camerounais qui n'acceptent pas les cris, en terre étrangère, de leurs compatriotes indignés par ce qu'on a fait de leur pays depuis le 06 novembre 1982.
 
Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est qu'ils soient plus indignés par ces cris plutôt que par le fait qu'un homme, à la tête d'un pays sinistré à cause de ses propres errements, déplace une horde de courtisans pour aller dépenser l'argent du contribuable dans un pays et hôtel les plus chers du monde.
 
Et tout cela, sans que ces dépenses ne soient liées à la fonction qu'il occupe.
 
Comme je l'ai toujours dit, ceux qui s'offusquent de ce qui se passe en Suisse doivent se poser cette unique question: pourquoi?
 
Lorsque des citoyens sont violés, volés, violentés, pourchassés, traqués aux «faciès»; que l'on triche impunément et grossièrement à toutes les élections; qu'on parle de démocratie alors qu'ils ne peuvent tenir ni meeting, ni conférence de presse même dans leur toilette: comment s'étonner qu'ils utilisent tout espace disponible pour crier leur colère face à un régime et son représentant qui vivent à leurs crochets et qui n'ont même pas la reconnaissance du ventre?
 
A tous ces «bavards», je demande juste: si vous étiez originaires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ; qu'un membre de votre famille était victime des bavures de l'armée ; que votre maison était rasée sans cause; que votre famille était obligée de vivre dans les champs de la Menoua, des Bamboutos, du Littoral…je verrais si vous irez avec des fleurs à l'hôtel Intercontinental en Suisse pour applaudir le Chef de l'Etat, Chef du gouvernement, Chef des armées, premier magistrat, premier sportif… chef du parti inique et surtout un homme «toujours chaud gars».
 
Le seul fait qu'il se trouve en Suisse en villégiature avec des voyous autour de lui alors que son pays se meurt, justifie à lui seul qu'on n'ait plus aucun égard pour sa personne.
 
Qu'on explique à tous ces jeunes qui manifestent en Suisse, qu'est-ce qu'il faudrait faire d'autre pour indiquer leur mécontentement dans leur pays alors que toute opposition est embastillée.
 
En Afrique, on respecte les vieux, surtout les ancêtres: mais à condition qu'ils se respectent eux-mêmes.
 
Ce qui se joue à l'Intercontinental est la volonté d'une partie d'un peuple de dire à un "roi" des tropiques qu'il n'est plus possible d'accepter au sommet de l'État, un homme qui se contente de jouir des bienfaits du pouvoir en n'effectuant pas le travail pour lequel on le paye.
 
Plus les jours passent, plus les risques qu'il court, sa clique comprise, sont grands.
 
Cameroonvoice

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