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Cameroun : L'Incendie de la Sonara, la politique de la terre brûlée .Ces signes qui ne trompent pas, Paris et Yaoundé Actent la Sécession

2019-06-04 21:43:46 - L'incendie de la SONARA, couplé aux destructions multiples et variées que nous observons en zone anglophone ressemble à du déjà-vu. En fait cette signature est récurrente dans tous les pays que la France doit quitter par obligation et que les experts appellent la politique de la terre brûlée. En effet, il semble impensable aux colons Français de quitter un pays ou de concevoir son indépendance. Et quand ils y sont contraints, alors ils se mettent dans la tête de laisser le pays dans l'état où les premiers colons l'avaient trouvé. D'où cette pyromanie féroce et frénétique qui rappelle le Viet Nam, la Guinée Conakry et l'Algérie. Les signes des temps ?

La politique de la terre brûlée est une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, et en cas de conflit militaire, à détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables par l'adversaire. C'est donc une tactique défensive consistant à se retirer, en détruisant ou en brûlant tout derrière soi (habitations, récoltes, bétail, routes, ponts, moyens de communications et de production), afin de déstabiliser ou d'ôter à l'ennemi toute possibilité de ravitaillement et de reconstruction. C'est donc une tactique de guerre qui peut aussi être offensive que défensive et surtout elle annonce toujours un retrait, surtout quand on l'associe aux évènements dans les colonies Françaises. 
 
Nous n'allons pas revenir sur la longue guerre du Vietnam mais le cas de la Guinée Conakry est une bonne illustration. 
 
Quand la Guinée Conakry proclame son indépendance le 2 Octobre 1958, après le fameux « Non » de Sekou Touré, le gouvernement français déclare qu'il prend acte de cette « sécession » et déclenche les conséquences : départ immédiat des agents de l'État, neutralisation du Trésor, contrôle de la sécurité aérienne et maritime, retrait rapide de l'armée et de la gendarmerie françaises, arrêt de la production d'électricité etc.
 
Et malgré l'isolement diplomatique complète de la Guinée, la nouvelle République est déjà reconnue par 57 pays en moins d'un mois d'existence et la Guinée est admise aux Nations-Unies le 12 décembre, contre l'avis de la France. Cette politique de la terre brûlée a laissé des traces profondes en Guinée, ce qui fera dire à M Condé, le président ami des Français que : « Les Français  doivent savoir que si la Guinée a été en retard, il y a la responsabilité des chefs d'État guinéens, mais aussi la responsabilité de la France de l'époque ».
 
Le cas de l'Algérie est plus proche du cas du NOSO. Autour de 1960, les Algériens décident de prendre leur Independence après une longue guerre, contraignant les Français à partir de l'Algérie.
 
Voici un résumé de ce que raconte un habitant de Oran en Algérie:
 
« Il semble impensable à la majorité de la population européenne de quitter Oran, de concevoir une indépendance sous l'égide du FLN. Ils n'ont qu'une idée en tête, pérenniser le système colonial qui a été conçu comme un instrument de leur domination. Aidés par des complices occupant des postes de responsabilité, les chefs de l'OAS donnent la consigne aux commandos de l'OAS de pratiquer la politique de la terre brulée et s'assignent la mission de détruire les infrastructures du pays (hôpitaux, écoles, ponts, lieux de cultes, etc., sont saccagés) car disent-ils,  s'il faut quitter l'Algérie, on la laissera dans l'état où les premiers colons l'ont trouvée en 1830. La ville d'Oran va vivre l'enfer.  Le lundi 25 juin, à 17 H 45, c'est l'apocalypse dans le ciel de la ville. Les réservoirs à Mazout de la British Petroleum ont été plastiqués, et 50 millions de litres de carburants brûlent. Vision dantesque de flammes qui montent souvent à plus de 150 mètres. Dans certains quartiers, il fait presque nuit, et cette éclipse dure deux jours »
 
. Quelques mois après, la France quittait l'Algérie.
 
Dans ce récit, si nous remplaçons Algérie par Cameroun et Oran par le NOSO, les faits sont quasi identiques, ce qui nous laisse croire que Paris et le régime de Yaoundé ont déjà intégré leur départ du NOSO. Le feu d'artifice de la SONARA ne serait donc qu'un pétale du bouquet pour signer la marque de fabrique de la France dont se souviennent les Algériens, les Guinéens et les Vietnamiens.
 
En tout cas, les Camerounais, qui n'écoutent plus un gouvernement qui les désespère en essayant de les rassurer, regardent ce spectacle avec beaucoup d'appréhension car la majorité des Camerounais ne souhaitent pas voir leur pays se diviser. Nous, Camerounais, sommes les seuls maîtres de notre destin. Nous avons le devoir de mettre un terme à cette tyrannie (avec ou sans la France) qui est en train de nous diviser et de trouver des solutions conciliantes et consolantes avec nos frères du NOSO pour vivre véritablement ensemble.
 
 
Par Douala Ngando

: Afrique Monde