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Crise anglophone/Degré zéro de résolution : Tibor Nagy s'en est pris jeudi au régime Ngoh Ngoh-Biya devant le Congrès américain

2019-05-17 00:04:14 - On ne la lui fait pas à Sir Tibor Nagy, le Sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines, qui connaît sans doute le Cameroun comme un diplomate peut connaitre un pays à propos duquel il dit recevoir par jour plus d'alarmes relatives aux violations des droits humains que pour le reste des pays du continent.

Le ministre américain qui est intervenu ce jeudi 16 mai 2019 devant le Comité des affaires étrangères du Congrès américain, s'en est  de nouveau pris au gouvernement Camerounais dont il a critiqué la gestion de la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

L'homme d'Etat américain qui avait marqué l'actualité camerounaise en mars dernier en invitant instamment le régime a privilégier un dialogue sincère et ouvert  aux entités avec lesquelles il est en conflit, aussi bien sur le front socio-sécuritaire (avec les anglophones) que politique, en l'occurrence le camp Maurice Kamto et alliés (vainqueurs réels de l'élection présidentielle de 2018), est revenu à ma charge en déclarant jeudi aux Sénateurs et représentants que le chef de l'Etat camerounais et son gouvernement  n'avaient rien fait pour résoudre le conflit dans les régions en crise.   

Au contraire, a-t-il informé les parlementaires US, « les militaires ont incendié des maisons et des villages, forçant les civils à fuir pour leur sécurité ». Tibor Nagy a en outre appelé les États-Unis à redoubler d'efforts et à s'engager pour la fin de la crise.

Mercredi déjà, Tibor Nagy s'était dit satisfait de la réunion Aria Formula sur le Cameroun qui tenue lundi au Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a enjoint aux responsables camerunais.de privilégier le dialogue élargie afin d'éviter le  désordre. 

Au demeurant, c'est un Peter Tibor Nagy déçu par le comportement des autorités camerounaises après la visite qu'il leur a rendue en avril dernier, qui a vidé son cœur jeudi devant les membres du Congrès, non sans suggérer la meilleure façon de faire plier le régime  : « le mieux que nous puissions faire en ce moment, nous avons des alliés, est de faire en sorte que le gouvernement camerounais comprenne la nécessité d'un véritable dialogue…. Mais si cela ne se produit pas, nous avons d'autres outils… la possibilité de sanctions est toujours présente. »

Montrant l'inanité de la solution  du problème anglophone par l'approche militaire qui a les faveurs du gouvernement depuis 3 ans, et qui a plutôt le don de radicaliser le camp des insurgés, avec le risque que la crise se déporte comme on le voit depuis quelques temps, dans les régions francophones, il dira :«Malheureusement, je pense que ses lignes directes indiquent au président camerounais qu'il peut remporter la guerre sur le plan militaire. Il n'y a aucun moyen pour qu'ils gagnent cela militairement. La violence va s'aggraver dans le nord-ouest et le sud-ouest. La violence s'étendra à la province de l'Ouest, voire à la province du Littoral, qui abrite la plus grande ville de Douala…. Il est possible que ce soit ce qui s'est passé au Nigéria avec Boko haram, qui a commencé comme un petit mouvement, regardez-le maintenant. ».

Oscarine Mbezele Mvondo

 
 

: Afrique Monde