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Cameroun : Libération sans délai de Kamto et partisans exigée, Biya à plat ventre pour obtenir l'annulation de la réunion du C.S. de l'ONU

2019-05-06 20:13:46 - Se tiendra finalement ? Se tiendra pas ? La perspective d'une réunion lundi 13 mai   du Conseil de Sécurité de l'ONU relativement à la situation sécuritaire et sociopolitique des plus délétères au Cameroun a mis le régime répressif du président Biya dans une situation de panique indescriptible, malgré la sérénité affichée par les autorités à l'occasion de la visite de Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU.

«Après un entretien officiel avec le ministre de la Communication, je peux dire qu'il n'y a aucune réunion du Conseil de sécurité qui est prévue le 13 mai sur le Cameroun. Cette rumeur annonçait d'abord la date d'hier (samedi 4 mai 2019), mais rien n'a eu lieu et rien ne va se passer après». 
 
Ainsi réagissait sur Vision 4, une  télévision pro-régime, le sieur Atangana Manda, directeur de l'Observatoire des médias au ministère camerounais de la Communication, à l'information publiée en fin de semaine dernière sur son site Internet par l'hebdomadaire Jeune Afrique, selon laquelle « En dépit des réticences africaines, le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra, à l'initiative des États-Unis, sa première réunion sur le Cameroun le 13 mai prochain, alors que le pays est secoué depuis 2017 par un conflit armé entre séparatistes anglophones et les autorités centrales.».
 
Pourquoi l'information sur la réunion du CS de l'ONU obtenue de sources sûres et crédibles devient-elle matière à spéculation sur son éventuelle tenue ou non ?  
 
C'est que le régime finissant de Paul Biya qui redoute plus que tout cette assise -qui pourrait déboucher sur des décisions l'empêchant de se livrer à son jeu favori -embastiller ou tuer des Camerounais "dissidents" au nom de la "légalité républicaine" ou sous prétexte  de "restauration de l'autorité  de l'Etat",   a multiplié ces derniers temps des manœuvres diplomatiques souterraines pour faire échec  à l'initiative des Etats-Unis.
 
Des manœuvres au nombre desquelles le séjour  de 72 heures au Cameroun "sur invitation du chef de l'Etat camerounais"(Sic) du Haut-Commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme, Michelle Bachelet, dans le but de l'infléchir.
 
De sources diplomatiques ces manœuvres auraient d'une certaine manière commencé à porter des fruits,  le régime dont l'existence est consubstantielle à la castration et au musèlement systématique des Camerounais disposant de quelques alliés importants au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies (des puissances sous l'emprise de régimes totalitaires ayant fait du Cameroun un des postes avancés de leur offensive anti-USA en Afrique de l'Ouest et centrale, auxquelles la France de Macron s'est jointe pour cette circonstance exceptionnelle,  puisqu'ayant décidé -dans l'affaire qui oppose les Camerounais au pouvoir de Paul Biya- de ramer à contre-courant de l'histoire qui s'écrit depuis le hold-up électoral d'octobre 2018). 
 
Il n'en demeure pas moins que les USA qui sont résolument engagés derrière les citoyens camerounais opprimés, ne serait-ce que dans l'optique de priver le régime de Biya des moyens  de sa survie, à savoir la répression, tiennent à faire plancher le CS de l'ONU sur le cas Cameroun.
 
On s'achemine donc vers un report de la réunion du CS et non vers son annulation, comme l'a insinué dimanche monsieur le fonctionnaire du ministère de la communication camerounais évoqué supra.  
 
Annulation de la réunion du CS ONU ? non !  Report ? Oui ! A condition que le régime Biya prenne des initiatives pertinentes de désescalade
 
Mais le prix de cette concession provisoire faite au régime pour qu'il ne perde pas complètement la face est décidément très élevé : il s'agit en premier lieu de la libération sans délai de Maurice Kamto, alors que cette seule idée de rendre sa liberté de mouvement au successeur emprisonné de Biya fait pousser de l'urticaire à tous les profiteurs du régime. Ces derniers avaient plutôt convaincu leur chef de la justesse d'une lourde condamnation de l'empêcheur de tripatouiller les élections en rond, suivie d'une manifestation à son égard de la magnanimité de leur président à travers une grâce présidentielle, qui ferait de Biya le maître absolu décidant souverainement et discrétionnairement de quand et comment les Camerounais qui ne chantent pas ses louanges peuvent jouir ou non de leurs droits  civiques, et en même temps, écarterait définitivement Kamto de la scène politique.
 
Le plan en cours de mise en œuvre au sein du sérail viserait justement à punir Kamto d'avoir osé ébranler sérieusement Biya, en le mettant hors du jeu politique, tout en étant disposé à composer par la suite avec le MRC, placé cette fois-ci sous la direction d'un autre de ses responsables actuels.
 
Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde