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Cameroun : LA MISE EN SCÈNE DU FAUX KIDNAPPING DE FRU NDI

 On était encore à faire des tonnes , à inonder les médias nationaux et internationaux que le président du SDF a été kidnappé par des hommes armés qui ont attaqué le convoi de Ni John Fru Ndi qui  se rendait aux obsèques de l’honorable Banadzem Joseph Lukong dans le département de Bui que, quelques heures après, on annonçait sa libération.

Dans une courte vidéo diffusée immédiatement sur les réseaux sociaux , on voit Ni John Fru Ndi boire , soulevant son boubou aussi lourd et épais qu’ une moquette , comme s’il présidait une réunion devant ses subordonnés, parlant avec une voix tranchée, répondant aux relances directes de ses ravisseurs à la manière de la fausse conférence de presse bien préparée et orchestrée dernièrement par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement  René Sadi.
 
On est ébloui par le sang froid du vieux président du SDF qui tient tête à ces hommes lourdement armés qu’on accuse des méthodes de sadiques qui décapitent les civils et les soldats de l’armée camerounaise. Morceau d’entretien choisi : Les ravisseurs de John Nfru Ndi lui demandent de retirer ses deputés de l’Assemblé nationale du Cameroun. Et  le chairman repond qu’il ne sera plus capable de parler à Biya comme il le fait en ce moment s’il n’a plus de deputés au Parlement. Fin de séquence.
 
Et voici Fru Ndi qui est libéré quelques temps après, sans qu’on ne fracasse son nez, ni une égratignure pour justifier la violence . Comment les ravisseurs ambazoniens qui sont habitués à demander des rançons afin de se ravitailler en logistique de guerre ont-ils pu laisser un si gros gibier filer entre leurs mains sans contrepartie  ? Comment expliquer que Ni John Fru Ndi ait eu le courage d’aller s’embarquer dans un tel déplacement dangereux alors que lors du culte qui s’est tenu dans son domicile le matin même, il avait laissé entendre que les séparatistes avaient intimé l’ordre aux non autochtones de la région de ne pas aller fouler leur territoire lors de l’enterrement ?
 
Après avoir annoncé l’enlèvement de sa soeur, puis celui de son petit frère qu’il avait  envoyé faire un deal avec des gangsters armés, Ni John Fru Ndi annonce maintenant son kidnapping rocambolesque et réussi à se libèrer seul comme dans les films de Rambo,  revient en pleine forme en se bombant le torse comme un miraculé qui a traversé la méditerranée à la nage. Trop gros !
 
Derrière cet enfumage, Ni John Fru Ndi dont le parti est en déliquescence, et qui s’est enfoncé dans les sables mouvants lors de la dernière élection présidentielle avec un score ridicule , a besoin de revenir au devant de la scène, en profitant du fait que Maurice Kamto soit en prison avec ses collaborateurs ,  en voulant court-circuiter maître Akere Muna qui se révèle comme une vraie alternative , et qui de surcroît  jouit d’une crédibilité sur le plan national et international.
 
Ni John Fru Ndi, habitué aux négociations tarifiées avec le parti au pouvoir, a souvent reçu les bonnes récompenses de Paul Biya via Martin Belinga Eboutou, porteur attitré des valises de billets . À chaque approche d’élection, Ni John Fru Ndi  plombe toujours l’opposition, prend le guidon de la coalition  pour aller tout droit au mur. Son kidnapping sans raison n’est qu’une manipulation ourdie pour renaître de ses cendres.
 
J. RÉMY NGONO

: Afrique Monde