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Retour hautement risqué au bercail : Une organisation déconseille la destination Cameroun à la diaspora anti-Biya

2019-04-27 16:13:52 - La sonnette d'alarme a été tirée vendredi par Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques" (CL2P) qui prévient les Camerounais de la diaspora réputés pour leur opposition au régime en place au Cameroun, de la dangerosité de leurs voyages éventuels dans ce pays d'Afrique centrale dont ils sont pour la plupart encore citoyens ou originaires pour d'autres. 

Dans sa correspondance, cette organisation qui lutte contre les arrestations et  détentions pour des motifs politiques au Cameroun et en Afrique, prend appui sur des cas nombreux d'arrestations injustifiées de Camerounais de l'étranger réputés antipathiques au régime de Paul Biya, et qui ont commis l'erreur fatale de vouloir assouvir leur mal du pays en s'y rendant, une fois qu'ils sont aperçus au pays, sont mis aux arrêts par les forces de répression à la solde du Docteur Honoris Causa Paul Biya, vainqueur officiel de la dernière élection présidentielle dont Maurice Kamto,  Professeur Agrégé de Droit, revendique aussi la victoire.
 
En effet, si certains Camerounais de la diaspora ayant pris la nationalité de leur pays de résidence, et perdu de droit celle de leur pays d'origine (en raison d'une loi sur la nationalité  qui prohibe la double nationalité) ont pu être libérés suite aux pressions de [leurs] pays,  la plupart des Camerounais de l'étranger qui ont été pointés du doigt par des indicateurs de la police politique (appelés ici par euphémisme « agents des Renseignements Généraux »  comme étant des opposants à Paul Biya, et arrêtés lors de leur bref séjour au pays de leurs ancêtres, y sont encore en détention et paient au prix fort leur hostilité à la meute tribalo-clanique au pouvoir depuis  37 ans, dans des prisons où l'on paie des bandits de grand chemin détenus  pour des faits de droit commun, pour les passer à tabac et leur infliger différents sévices.  
 
Pas étonnant alors que le Comité de Libération des Prisonniers Politiques estime que Les séjours au Cameroun de la diaspora anti Biya sont devenus particulièrement à haut risque : « Des témoignages réguliers désormais recoupés font en effet état de l'existence de listes de ressortissants camerounais tenues par des agents aéroportuaires à Douala et Yaoundé, listes à partir desquelles certains voyageurs ciblés en raison de leurs opinions politiques et de leurs origines ethniques supposées sont interceptés puis confiés aux services de sécurité et de renseignements du régime en faction » note l'organisation, avant de signifier formellement aux destinataires de son message que « La destination Cameroun est vivement déconseillée à toutes les personnes d'origine camerounaise qui ont critiqué voire manifesté, notamment sur les réseaux sociaux ou dans les métropoles occidentales, contre la dictature trentenaire de Paul Biya. ».
 
Comme toutes les autres victimes de la dictature de Yaoundé, les personnes arrêtées pour leurs liens réels ou supposés avec les organisations de la diaspora anti Biya, notamment la fameuse Brigade Anti-Sardinards, n'ont pas d'autres moyens de résister  à l'oppression que de s'armer d'une foi de fer leur permettant de dépasser mentalement leur embrigadement.
 
Le CL2P ne le sait que trop bien, qui  avertit les anti-Biya de la diaspora que leurs déplacements éventuels au pays de Paul Biya 1er se feraient à leurs risques et périls et équivaudraient à se mettre le doigt dans la gueule de l'ogre :
 
« Dores et déjà nous déconseillons cette destination à tous les ressortissants camerounais considérés comme des partisans ou des sympathisants à l'étranger du principal opposant séquestré depuis le 28 janvier 2019, le Professeur Maurice Kamto, surtout lorsqu'ils portent des noms à consonance Bamiléké; en attendant que les instances internationales et les principaux partenaires du Cameroun – dont la France – amènent les autorités camerounaises à mettre officiellement un terme à cette chasse aux sorcières caractérisée de nature politique et tribaliste. »
 
Bien sûr, ce n'est pas un appel à abandonner le Cameroun à ceux qui l'ont confisqué, et le CL2P entend résister avec les moyens qui sont les siens à la castration mentale des Camerounais : « Nous essayerons dans la mesure de nos possibilités d'alerter sur les interpellations et les privations de liberté. Que les proches des victimes n'hésitent pas à nous contacter par mail à « camliberationpoliique@yahoo.com » ou par téléphone au numéro 33 6 41 40 06 23 », avise-t-il.
 
Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde