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Cameroun : Corruption et détournements de deniers publics . Le fils du ministre camerounais Nganou Djoumessi risque la perpétuité !

2019-04-08 00:43:48 - Cadre à la Direction Général de la Cameroon Telecommunications (Camtel, premier opérateur public des télécommunications  au Cameroun),  Boris Judicaël Nganou,fils du ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, est dans de sales draps. 

Il faisait déjà partie d'un groupe des dirigeants et anciens dirigeants de Camtel interdits en mars 2018 de sortie du Cameroun selon une décision du Délégué Général à la Sureté Nationale, en application des instructions du président de la République.
 
Cuisiné les 4 et 5 avril par le tribunal criminel spécial (Tcs), en même temps que l'ancien Directeur Général de cette société, David Nkoto Emane –limogé en décembre dernier- le fils du ministre Nganou Djoumessi est un impliqué dans un  scandale présumé de détournement d'une somme de 3 milliards dans le cadre du projet Camtel Mobile Network (CMN) dont il était le Directeur, du temps où ce dernier était ministre de l'Economie, de la Planification et   de l'Aménagement du territoire (MINEPAT).
 
Des indiscrétions émanant de l'instruction font état d'une somme de 3 milliards mise par le MINEPAT à la disposition de Camtel qui se trouvait en difficulté financière au moment d'entamer la réalisation du projet CMN. Une condition curieuse au décaissement du financement aurait alors été posée par le ministre de l'époque, Emmanuel Nganou Djoumessi, à savoir  que ce soit son rejeton, cadre de la boite, qui dirige le projet. Le Directeur Général de Camtel s'y serait alors plié.
 
Seulement, quatre ans après, le projet n'a pas été réalisé mais l'argent aurait été bel et bien utilisé. D'où l'intention du TCS d'y voir clair. Qui donc de plus indiqué que le Directeur Général de Camtel à l'époque des faits et son collaborateur qui dirigeait le projet ? 
 
Il est donc possible que dans les jours à venir, les deux responsables prennent pour un séjour dans l'une des prisons de Yaoundé, comme cela est devenu une coutume au Cameroun où la moindre mise  en cause équivaut à une présomption de… culpabilité et débouche sur une mise aux arrêts en attendant le procès, même la "justice" ne s'embarrassant plus trop des règles de procédure pénale pour tordre le coup sur les pourris de la République qui savent trop bien rendre leurs magouilles indécelables. Surtout quand ils peuvent, comme le ministre Nganou dont le fils est aujourd'hui en cause, et qui lui-même risque d'être happé dans l'affaire, se prévaloir d'avoir fait « gagner » Paul Biya dans son département natal du Bamboutos, où le même Paul Biya est l'homme politique camerounais le plus détesté, et où les populations avaient d'ailleurs remis à Maurice Kamto, moins de deux mois avant l'élection présidentielle un ballon de football, en le chargeant de la mission de tirer et de marquer le pénalty historique qui allait enfin libérer le Cameroun de la horde des rapaces au pouvoir depuis 1982. 
 
Sauf qu'à l'allure où vont les choses ces derniers temps au Cameroun où le Prince est décidé à ne pas mourir seul, ceux qui comme Nganou Djoumessi l'ont aidé en octobre dernier à voler la victoire électorale des Camerounais, et plus tard à faire emprisonner Maurice Kamto et lui faire encourir la peine de mort, pourront voir leurs proches en prendre pour perpète. 
 
En effet, l'affaire de détournement de fonds publics à Camtel pourrait déboucher sur la peine à perpétuité pour ses acteurs et protagonistes s'ils étaient convaincu du crime, au regard du montant exorbitant de la somme en jeu, et aux termes de la loi pénale camerounaise qui, en son article 184 alinéa 1er prévoit que :
 
« (1) Quiconque par quelque moyen que ce soit obtient ou retient frauduleusement quelque bien que ce soit, mobilier ou immobilier, appartenant, destiné ou confié à l'Etat fédéral ou fédéré, à une coopérative, collectivité ou établissement, ou publics ou soumis à la tutelle administrative de l'Etat ou dont l'Etat détient directement ou indirectement la majorité du capital, est puni:
 
a)    Au cas où la valeur de ces biens excède 500.000 francs, d'un emprisonnement à vie;
 
b) Au cas où cette valeur est supérieure à 100.000 francs et inférieure ou égale à 500.000 francs, d'un emprisonnement de quinze à vingt ans ;
 
c) Au cas où cette valeur est égale ou inférieure à 100.000 francs, d'un emprisonnement de cinq à dix ans et d'une amende de 50.000 à 500.000 francs ».
 
Sam Mayem

: Afrique Monde