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Cameroun : Indifférent aux drames des Camerounais, Paul Biya vivement préoccupé par les malheurs du Pérou

2019-04-04 22:20:52 - S'il est des choses que le président Camerounais, Paul Biya (86 ans, dont près de 37 au pouvoir) range avec une facilité déconcertante dans la catégorie des faits divers, ce sont les "petits" drames vécus par le peuple camerounais qu'il dirige à coups d'élections plus ou moins savamment truquées et de corruption des consciences et de terreur. 

Les nombreux accidents de la circulations qui endeuillent chaque année des centaines de familles  du fait des conducteurs de véhicules de transports interurbains happés par le dessein de se faire un peu d'argent très rapidement dans un univers camerounais infernal où la vie au quotidien est une véritable gageure, les incendies à répétition des marchés et des hôpitaux qui emportent des vies ou replongent des citoyens débrouillards dans les profondeurs abyssales de l'enfer existentiel, les tirs à balles réelle(ment)s "réglementaires" effectués par sa police sur les jambes de ses opposants, qui en guise de consolation se font ensuite enlever nuitamment dans des hôpitaux où leurs sont prodigués des soins, pour être enfermés dans des unités antiterroristes de la police ou de l'armée, antichambre d'un séjour inévitable dans les prisons inhospitalières du pays, ça n'est que le cadet des soucis d'un président qui a conscience de n'avoir jamais été vraiment élu par ce peuple qui le déteste et auquel il le rend si bien.

Les villages, habitations et champs de cultures vivrières incendiés par son armée professionnelle dans le NO-SO –très souvent sur instructions expresses de la "haute hiérarchie" pour apaiser les sentiments séparatistes de ses "compatriotes" anglophones, rien à cirer. Pas un seul mot de condoléances. Des militaires, policiers et gendarmes tombant comme des mouches au front d'une sale et inutile guerre qui pourrait s'arrêter en un clin d'œil si celui qui l'a déclarée sur les conseils des  entrepreneurs de guerre qui l'entourent adoucissait son propos, entonnait l'air d'un dialogue inclusif sincère et  décrétait un cessez-le feu de part et d'autre, au lieu de s'obstiner à bander les muscles et de se répandre en injonctions faites à l'ennemi de déposer unilatéralement les armes pour venir lui faire allégeance, légitimant les menées séparatistes des extrémistes anglophones -il y en a partout, malheureusement- alors qu'il sait pertinemment que cela  ne s'est jamais fait nulle part ailleurs.

C'est le lieu de relever que ces drames se déroulent très souvent à quelques dizaines ou centaines de kilomètres de la capitale où loge le président Paul Biya.

En revanche, ce président qui était encore très récemment un grand voyageur à travers le monde, et qui est en passe de remporter le prestigieux titre de "Président de la République du Monde", ne fait ni une, ni deux, quand il faut exprimer sa compassion suite au moindre malheur survenu dans d'autres pays. Le cas du Perou, situé à environ 10.000 kilomètres du Cameroun dont le chef de l'Etat camerounais s'est vivement ému de l'incendie d'un autocar dans une gare routière, au point d'adresser ses  sincères condoléances à son (très cher) homologue péruvien.

On vous l'a dit, le président camerounais est un pur sang d'humaniste. Mais aussi un humain pur sang et sanguin : vous ne représentez aucunement un danger pour lui ou contre son pouvoir, alors, larmes aux yeux, il fait de vos problèmes les siens ; vous refusez  de voter pour lui et lui préférez un « hier-hier » d'homme politique qui « confond » la très complexe scène électorale à une partie de football et se met à marquer des penalties à tort et à travers quand on ne lui demande que de les manquer, alors  vous aurez de ses nouvelles. Œil pour œil, dent pour dent !

Le comble c'est qu'il y en a que ça surprend. Le cas de ma consoeur Annie Payep de Vox Africa qui s'en arrache ouvertement les cheveux d'indignation.

Ou encore cet observateur qui s'en émeut sur les réseaux sociaux : « C'est vraiment incroyable. Jamais il ne s'est soucié de la tragédie des camerounais mais toujours le premier à se porter au chevet des autres. Mais c'est quel diable qu'on nous a infligé comme ça? ».

Ndam Njoya Nzoméné

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: Afrique Monde