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34ème Journée Internationale de la Femme au Cameroun : Pour Michèle Ndoki, Edith Kah Walla appelle au boycott

2019-03-07 18:31:58 - La présidente nationale du Cameroon People Party (CPP) souhaite voir les dames du Cameroun faire « pas morts » et « pagnes pliés » le 8 mars, compte tenu de la situation politique au Cameroun.

Outre l'acteur politique, c'est la femme, mère et pilier de la société, qui parle à travers la plus célèbre des femmes leaders de partis politiques au Cameroun. Elle qui digère péniblement l'idée que les femmes puissent festoyer alors que non seulement des femmes sont en difficulté dans les deux régions anglophones du Cameroun, obligées de se terrer dans la brousse où elles partagent leur quotidien depuis près de trois ans avec des animaux dangereux, mais aussi en ce moment où  son ancienne camarade, Me Michèle Ndoki, passée depuis quelques années au MRC de Maurice Kamto où elle assume les responsabilités de Vice-présidente du Mouvement des Femmes, est actuellement détenue dans un camp de police, après avoir été blessée par balles par un policier lors de la répression des "Marches Blanches" du 26 janvier, appelées par Maurice Kamto.
 
«Nous avons des femmes qui faisaient partie de la coalition du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun qui sont en prison… Pour nous, aller boire, mettre le pagne et faire la fête ce jour-là, c'est comme si on ne les voit pas, comme si ce ne sont pas nos sœurs»,
 
La solution est toute trouvée en guise de réponse à ceux qui instrumentalisent cette Journée Internationale de la Femme pour faire dire aux femmes ce qu'elles ne ressentent pas : «Il faut boycotter les évènements du gouvernement, car il doit comprendre qu'ils sont responsables de ma sécurité et de la sécurité de toutes ces femmes dont on parle. Montrons au gouvernement que nous pouvons nous plaindre; organisons nos propres évènements où on peut se parler et dire au gouvernement que notre situation est inacceptable»,, a affirmé l'ancienne candidate à l'élection présidentielle de 2011.
 
Une position qui n'a pas manqué de susciter le courroux de deux autres femmes politiques, Chantal Kambiwa du SDF (parti d'opposition) et Marlyse Bell du RDPC, parti au pouvoir.
 
Pour la première, «C'est bien beau de prôner le boycott du pagne et du défilé. Mais est-ce que ça va ramener ces femmes chez-elles ? Est-ce que ça va rendre un environnement serein pour ces femmes ?»
 
La dernière quant à elle estime que la sortie de Kah Walla est essentiellement politicienne :  «c'est une manœuvre purement politicienne. Le boycott n'apporte rien, on ne bâtit pas un pays en boycottant»
 
Sandra Andeme

: Afrique Monde