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Rétropédalage politico-judiciaire au Cameroun : Le Tribunal militaire convoque de nouveau Maurice Kamto et Cie. Ce qui s'est passé mardi

2019-03-05 22:58:39 - Après avoir donné l'impression mercredi dernier de se dessaisir de l'affaire Kamto pendant devant lui, le Tribunal militaire de Yaoundé a de nouveau convoqué ce mardi 5 mars, le président du Directoire National du MRC et ses centaines de camarades et alliés, pour leur signifier qu'il était compétent pour les juger.

Selon de nombreuses sources relayées par les médias, c'est un nouveau bras de fer en matière de procédure pénale qui commence entre les accusés dont des juristes éprouvés à l'instar du Pr. Maurice Kamto et les magistrats militaires recevant leurs instruction de la présidence de la République –via le ministère de la Défense- dont le chef n'est autre que l'adversaire réel des accusés dans cette affaire,  qui entendent   juger de cette affaire n'ayant aucune commune raison avec une infraction d'ordre militaire ou s'y apparentant.
 
La comparution de Maurice Kamto en procédure d'habeas corpus le 28 février devant le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi avait fait croire que le Tribunal militaire dont le parquet avait placé Maurice Kamto et ses compagnons  en détention provisoire le 13 février, était finalement revenu à la raison, et reconnaissait implicitement qu'il ne ressortissait pas de ses compétences de connaitre d'une affaire de manifestation pacifique des citoyens fut-ce sur fond de contestation de la légitimité électorale du président de la République. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle les prévenus avaient récusé la justice militaire, en évoquant les chartes et traités internationaux dument signés et ratifiés par le Cameroun.
 
Le retour mardi  au Tribunal Militaire où l'ancien candidat à l'élection présidentielle était plutôt attendu le 7 mars pour donner les preuves des éléments obligeant cette juridiction à ne pas connaitre du conflit opposant le régime Biya à Kamto et ses partisans, montre bien combien le régime est déterminé dans sa fuite en avant à broyer ses adversaires. Même si pour l'instant, il ne peut pas présumer de ses capacités à le faire, l'affaire Kamto réservant de  ombreuses et énormes surprises du fait que le Cameroun va devoir choisir entre respecter les normes internationales en matière de justice et des droits des citoyens à s'exprimer et rentrer ainsi dans les rangs, ou dénoncer les traités qu'il a signés et se mettre en marge de la communauté internationale avec toutes les conséquences que cela emporte, pour la simple « bonne raison » que son président veut tordre le cou à ses adverses politiques.  
 
Ci-dessous le "COMPTE RENDU DE OLIVIER BIBOU NISSACK SUR LE PASSAGE DE MAURICE KAMTO AU TRIBUNAL MILITAIRE CE MARDI"
 
"Convoqué quasiment par surprise devant le juge d'Instruction du Tribunal Militaire ce jour, mardi le 5 mars 2019, le Président élu Maurice KAMTO et ses avocats s'y sont rendus et ont fait face au juge.
 
Arrivé dans l'enceinte du Tribunal Militaire de Yaoundé à 13H00 précise en heure locale, l'escorte (Un van ''Hiace Toyota'' blanc estampillé ''prison principale de Yaoundé'', et un pick-up blanc garni d'hommes lourdement armés du GPIGN) va laisser sortir le plus célèbre prisonnier politique du Cameroun à 13H13 pour le conduire vers le lieu de sa comparution, à savoir le cabinet du juge d'instruction.
 
Cinglé dans un ensemble veste à fines rayures et 6 boutons, le pas alerte et avec son allure naturelle plus que jamais présidentielle, le Président élu va prendre le temps de serrer la main à ceux spontanément constitués en haie d'honneur pour l'accueillir (Avocats, conjointe, proches parents, les cadres du MRC, le Porte-parole, les sympathisants et militants ayant pu arriver à temps sur les lieux). Il va ensuite s'engouffrer dans le cabinet du juge et en sortir à 15H15. Il lui sera accordé quelques minutes pour s'entretenir avec quelques proches et il va quitter le tribunal à 15H27min précises.
 
De sa comparution devant le juge, il ressort que le Président élu et sa défense ont demandé au juge de statuer par écrit sur la question préalable de son incompétence à juger Maurice KAMTO et quelque civil que ce soit, avant tout autre déroulement éventuel de la procédure. En clair le juge doit d'abord, conformément à la loi, se déclarer par décision écrite sur sa compétence ou non à juger le plus grand homme d'État et homme politique camerounais vivant. La décision du juge reste donc encore attendue.
 
Au GSO pendant ce temps, les préparatifs en vue d'une nouvelle audition de Me Michèle NDOKI étaient en cours, après notamment que celle-ci aie déjà reçu à deux reprises hier la visite du bâtonnier de l'ordre des avocats du Cameroun.
 
Le 1er Vice-Président du MRC, monsieur Mamadou MOTA, quant à lui visitait au même moment les détenus de la prison centrale de kondéngui en vue de leur apporter le réconfort et les assurances du MRC qui n'abandonne personne parmi les résistants pacifiques emprisonnés ou non."
 
Bilan de l'audience d'hier au TPI à suivre)

BIBOU NISSACK

: Afrique Monde