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En tournée en Afrique, le sous-secrétaire d'Etat américain menace Biya au sujet de Maurice Kamto

2019-03-05 22:44:17 - Le "Monsieur Afrique" du Département d'Etat (ministère des Relations Extérieures) américain donne déjà le ton houleux de ce que sera son entretien avec les autorités de Yaoundé où il arrive le 17 mars, pour un séjour de 48 heures clôturant sa tournée africaine qui le mènera du 7 au 8 mars dans quatre pays d'Afrique de l'Est et Centrale (Ouganda, Rwanda, RDC , et Cameroun). 

Inacceptable incarcération de Maurice Kamto et ses militants 
 
C'est ce qui ressort d'une interview que Tibbor Nagy, Sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines, a accordée mardi 5 mars à la radio française RFI. Une interview dans laquelle le membre du gouvernement américain dévoile le point de vue de l'administration américaine par rapport  à la crise postélectorale au Cameroun marquée par l'arrestation et l'incarcération de l'adversaire du président Paul Biya, Maurice Kamto  et des centaines de ses partisans.  
 
La crise anglophone au coeur du débat
 
« Le gouvernement camerounais assure qu'il a été arrêté et emprisonné pour des raisons légitimes. Moi, je pense vraiment qu'il serait très sage de le libérer. Parce que, que ce soit vrai ou faux, il est perçu comme ayant été incarcéré pour ses activités politiques et cela est inacceptable. Ses militants et lui doivent être libérés et nous ne passerons pas par 4 chemins pour le dire », tranche monsieur Nagy, qui n'en est pas moins préoccupé par la gestion hasardeuse, voire calamiteuse, par les autorités camerounaises d'une autre crise au Cameroun, à savoir la guerre de sécession en cours depuis 2017 dans les deux régions anglophones du pays. Une crise pour laquelle le Sous-secrétaire d'Etat américain invite le gouvernement à faire montre d'un peu plus de sérieux, qualifiant les demi-initiatives prises jusqu'ici par Yaoundé pour y mettre un terme, de mesures  « symboliques », donc insuffisantes pour résoudre une crise qu'il considère comme « extrêmement grave ».
 
L'aide militaire amééricaine conditionnée au respect des droits de l'home
 
D'autant plus grave qu'elle a entraîné récemment la suspension partielle de l'appui militaire des Etats-Unis au Cameroun que monsieur Nagy a expliqué lundi lors d'un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique :  « C'est très triste car, par certains aspects, le Cameroun est un très grand partenaire des États-Unis. Notamment dans la coopération anti-terroriste dans le Nord du pays, qui est touché par Boko Haram. Mais nous avons des régulations très strictes sur la coopération militaire. Nous ne pouvons travailler avec des unités qui ont commis ou risquent de commettre des violations de droits humains. ».
 
Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde