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A Ottawa, les Camerounais du Canada disent Non au dictateur Biya qui jette les opposants en prison. Au Cameroun, le pouvoir devrait appartenir respectivement à trois entités: Bamilékés, Bassas et Anglophones. Et non aux figurants de l'histoire du Cameroun de la françafrique.

2019-02-24 23:34:02 - Une manifestation samedi 23 février 2019 dans la capitale canadienne, Ottawa, a servi de prétexte aux Camerounais du Canada pour  attirer de nouveau l'attention du monde sur le drame qui se noue dans leur pays d'origine, placé depuis 36 ans sous la férule d'un dictateur  aujourd'hui nonagénaire à qui la sénilité a fait découvrir  des  potentialités d'exterminateur qu'il n'hésite pas à expérimenter. 

Comme ils le font régulièrement depuis la fin du processus électoral au Cameroun en octobre 2018 soldé par le vol de la victoire du véritable vainqueur et l'attribution de cellle-ci au président sortant à la tête d'un impitoyable régime militaro policier les Camerounais du Canada sont redescendus dans la rue à Ottawa samedi pour condamner sans équivoque le hold-up électoral, la guerre contre leurs compatriotes des régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest, et demander aussi la libération immédiate de tous les manifestants emprisonnés au Cameroun.
 
La manifestation de samedi était soutenue par l'exhibition sur un panneau des photos de victimes du régime Biya, en l'occurrence les personnes tuées par son armée, dans le cadre ou non de la guerre en zones anglophones, et la projection des images vidéos et autres, montrant « les atrocités et les injustices perpétrées par le pouvoir en place au Cameroun ».
 
A l'aide d'un un camion de billboard motorisé, les Camerounais du Canada ont ainsi permis à tous les Ottaviens, de prendre connaissance de la cruauté du régime Biya vis-à-vis non seulement des Camerounais des régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest contre lesquels il est entré en guerre depuis bientôt trois ans, tuant des milliers, emprisonnant des milliers d'autres et poussant près d'un demi million d'autres à l'exil, mais aussi de la répression sanglante des manifestants pacifiques contre le hold-up électoral, les détournements de deniers publics, emprisonnés eux aussi par centaines depuis la fin du mois de janvier.
 
 
Des images qui ont ému de nombreux médias canadiens (tabloïds ou électroniques), à telle enseigne que le journal Ottawa Citizen s'est senti obligé de tirer la sonnette d'alarme à l'intention de la Communauté internationale qui ne brille pas par une manifestation débordante d'empathie relativement à la tragédie camerounaise, en titrant en 1ère de couverture dimanche : "Cameroun, afin que nul ne l'ignore".
 
A en croire les initiateurs de la marche de samedi à Ottawa cités par le site camer.be, « des dispositions sont prises afin que cette innovation soit possible à Paris, Bruxelles, Berlin et plusieurs capitales des villes européennes ou des manifestations contre la guerre au NOSO et le hold-up électoral au Cameroun sont annoncées dans les jours qui viennent ».
 
En fin de compte, on peut constater que la terreur  que font régner au Cameroun  les forces armées et de police a certes eu raison des Camerounais du terroir qui, depuis les arrestations massives de quelque 600 militants de l'opposition (dont Maurice Kamto et des figures de proue de la coalition gagnante à la présidentielle de 2018), n'osent plus dire ouvertement  -pour la grande majorité-, leurs ressentiments  contre le régime Biya. Mais que cela n'est pas suffisant pur émousser l'engagement pour l'avènement d'un état de droit au Cameroun de ses ressortissants résidant au Canada, qui battaient hier le pavé à Ottawa pour rappeler à Paul Biya que sa cause est entendue, le président légitimement élu du Cameroun étant Maurice Kamto qu'il a emprisonné, et qu'à son âge, il devrait avoir débarrassé le plancher depuis belle lurette.  

 
Sam Mayem - Titre : AM

: Afrique Monde