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PUSTCH/ François Mattei : « Personne ne pouvait acheter Laurent Gbagbo et donc ni le tenir, ni le faire chanter »

2019-02-20 21:08:02 - INTER VIEW FRANC-TIREUR

Fin connaisseur de l'Afrique et de la Côte d'Ivoire en particulier, le journaliste François Mattei a commencé à co-écrire ce livre avec Laurent Gbagbo, l'ancien président de la Côte d'Ivoire. En décembre 2011, Gbagbo a été accusé de crimes contre l'humanité devant la cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Ce livre est le fruit des nombreuses visites et entretiens en prison. François Mattei répond aux questions de Pustch.
 
Pourquoi avez-vous choisi de parler de la liberté et de la justice dans votre livre ?
 
Ce titre, choisi en décembre 2018, prévoyait la libération de Laurent Gbagbo, qui est en fait intervenue début 2019. Mais ce n'était pas joué, car on a compris que la cour pénale internationale n'est pas seulement un tribunal de justice, mais aussi un tribunal politique. Elle a tout fait pour retarder cette libération, après presque huit ans d'incarcération.
 
Aujourd'hui on peut denoncer cela venant de la CPI, et certains de ses membres le disent.
 
Le juge Cuno Tarfusser, a contribué à cet aveu d'iniquité en déclarant que l'absence de délais, notamment, qui permet d'emprisonner des prévenus pendant des années avant de les juger. Ce procédé rend la justice de la CPI inéquitable…Après huit ans d'enquête, le juge a eu le courage de dire le droit, et d'acquitter Laurent Gbagbo.
 
Il a même ajouté que, pour prendre cette décision, Gbagbo et son co-accusé, l'ancien ministre Charles Blé Goudé qu'il n' était même pas nécessaire d'entendre les témoins de la défense pour acquitter les accusés, tellement le dossier était nul.
 
Ce juge a frappé très fort et cela a été une victoire pour Laurent Gbagbo envoyé à La Haye en novembre 2011, huit mois après avoir été débarqué manu militari par l'armée française.
 
J'estime que le terme n'est pas excessif. En effet, il a été transféré à la CPI dans des conditions particulièrement illégales.
 
En plus, à l'époque de son transfert, la Côte d'Ivoire n'avait pas ratifié le Traité de Rome, instituant les règles de la Cour pénale internationale.
 
Dans ce cas de figure, on n'aurait donc pas le droit de transférer une personne de nationalité ivoirienne.
 
J'en veux pour exemple que Laurent Gbagbo a été transféré en 2011, le traité de Rome a été ratifié par son successeur Alassane Ouattara en 2013.
 
Mais comme cela était contraire à la Constitution ivoirienne, cette loi suprême du pays a été modifiée en 2015, cinq ans après le transfert de Gbagbo.
 
In PUSTCH le 19 février 2019

: Afrique Monde