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Amnesty International demande la suspension au Cameroun de l'aide française, allemande, britannique, canadienne…

2019-02-07 22:08:09 - L'organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme Amnesty international a pris acte de la décision de l'administration américaine de 17 millions US dollars son aide militaire au Cameroun, coupable de graves et répétitives violations des droits humains.

Alors que les autorités camerounaises prennent le prétexte du droit de l'Etat à la violence légitime pour  utiliser les armes de guerre contre les populations civiles en zones de guerres faisant en leur sein sinon plus du moins autant de victimes que dans les rangs des entités ennemies activement engagées, ou utilise les mêmes armes contre les manifestants pacifiques se réclamant des partis de l'opposition ou dans l'optique de dissuader les populations de contester leur emprise sur elles, fut-ce pacifiquement, Amnesty International estime qu'il serait de bon ton que les Etats-Unis qui ont déjà pris les devants, use de son entregent auprès des autres donateurs pour que ces derniers suivent ses traces.
 
Et quand on parle des donateurs du Cameroun –qu'Amnesty n'a cependant pas désignés nommément ici-, l'observateur averti a de prime abord le regard tourné vers des puissances économiques et militaires telles que la France, la Grande Bretagne,  Israël, l'Allemagne, le Canada, la Russie, la Chine. Même si toutes ne peuvent pas souscrire à une telle donne au cas où elle serait suggérée par Amnesty ou les Etats-Unis, il reste que quelques-unes peuvent se montrer réceptives, en raison de leurs traditions en matière de respect des droits humains, et compte tenu de l'antinomie que constituent les pratiques ultra répressives du régime en place au Cameroun.
 
Ci-dessous, la déclaration de l'ONG :
 
POUR DIFFUSION IMMEDIATE
 
6 février 2019. Réagissant aux informations selon lesquelles le gouvernement américain a décidé de réduire l'aide en matière de sécurité et d'aide militaire au Cameroun en raison d'inquiétudes concernant son bilan en matière de droits humains, Adotei Akwei, directeur adjoint  du Plaidoyer et des relations gouvernementales à Amnesty International USA, a déclaré :
 
"Les forces de sécurité camerounaises ont tué, arrêté et torturé sans discrimination des personnes, tirant sur des foules, déplaçant des milliers de civils et détruisant des villages entiers en toute impunité. Ces violations se poursuivent à la suite de l'élection présidentielle d'octobre qui a reconduit le président sortant, Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans.
 
"Les États-Unis doivent continuer à montrer qu'ils prennent au sérieux les violations des droits de l'homme commises avec leur aide, en suspendant toute assistance à la sécurité jusqu'à ce que le gouvernement camerounais puisse démontrer qu'elle n'a pas été utilisée pour commettre de graves violations du droit international et que les auteurs en ont été tenues responsables.  L'administration Trump devrait faire pression sur les autres donateurs de l'aide à la sécurité pour qu'elles revoient  leurs programmes, et insister pour que les forces de sécurité camerounaises soient responsabilisées et réformées ".
 
Complément d'information:
 
En juin 2017, Amnesty International a publié un rapport sur les actes de torture au Cameroun   intitulé « Les Chambres de torture secrètes du Cameroun: violations des droits humains et crimes de guerre dans le cadre de la lutte contre Boko Haram ». En juin 2018, l'organisation a publié un rapport détaillant les violations de la crise anglophone au Cameroun, intitulée «Un tournant pour le pire: violence et violations des droits de l'homme au Cameroun anglophone». Le rapport reposait sur des entretiens approfondis avec plus de 150 victimes et témoins oculaires, ainsi que sur des preuves matérielles, notamment des images satellites.
 
Cameroonvoice

: Afrique Monde