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Cameroun : « Libére Kamto ou nous allons frapper ». La Brigade Anti-Sardinards lance un ultimatum à Biya et met en garde RFI

2019-02-04 21:30:42 - Libertééé éééhééé !, libertééé éééhééé !, Dieu Tout-Puissant aahaaa ! Nous sommes libres, Merci. C'est sur cette note, extrait  du célèbre morceau « Liberté » de la légende défunte de la musique camerounaise, Anne-Marie Nzié, que la diaspora camerounaise réunie en France samedi  2 février 2019, est de nouveau descendue dans la rue, cette fois-ci pour adjurer Radio France Internationale (RFI) de se mettre au service du relai de l'information vraie, telle qu'elle est, au lieu de son complaire dans une pratique soi-disant équilibriste, qui consiste à tronquer ou biaiser l'information, pour ne pas se mettre à dos le pouvoir Camerounais.  

Une fois de plus, les Camerounais résidant hors de leur pays et jouissant pour cela  de la liberté  d'exprimer leurs opinions sans se faire tirer une balle entre deux yeux ou sur la jambe par des policiers et militaires haineux, ont porté la voix de leurs compatriotes muselés du pays, en dénonçant   samedi à Paris le régime issu du hold-up électoral d'octobre 2018, et la vague de répression infernale qui s'est abattu depuis lors sur les partisans du candidat réellement élu, Maurice Kamto, détenu dans un centre de torture depuis le 28 janvier pour avoir appelé à des marches pacifiques au cours desquelles les forces de répression à la solde du régime ont tiré à balles réelles ("non létales" selon le ministre camerounais de la Communication) sur des manifestants dont certains sont actuellement hospitalisés dans les… cellules infectes  de la police judiciaire, du Secrétariat d'Etat à la Défense ou du Groupement Spécial d'Opérations de la police,  ou on leur inflige en guise  de soins, des sévices  finalement létaux. 
 
Sur des banderoles brandies par les manifestants de Paris, on pouvait lire : « Maurice Kamto Président, Conseil constitutionnel = voleur de votes ; respectez le choix du peuple camerounais ».
 
L'un des porte-parole des manifestants a affirmé que leur présence devant le siège de la "radio mondiale » avait pour but de porter la voix des Camerounais interdits de parole dans leur propre pays, de venir ainsi crier la douleur de ce peuple, prévenir le génocide qui se prépare au Cameroun, et inviter le peuple français à ne pas se rendre complice de la dictature qui trône de force à la tête du Cameroun. 
 
Après la réitération de ce message à l'intention de RFI par le président du Conseil Camerounais de la Diaspora (CCD) l'ancien leader estudiantin Robert Waffo Wanto, alias "Général Colin Powel", les cris de « Paul Biya, assassin ! Macron, complice » ont assailli la place des manifestations, portant au loin jusque dans les cœurs des habitants de Paris et du monde, la détresse d'un peuple camerounais traumatisé par les centaines d'arrestations   qui ont été opérées par les forces de répression depuis le 26 janvier. Cameroonvoice a évoqué un chiffre de 400 personnes selon une comptabilisation sommaire, mais nos sources au sein des milieux sécuritaires camerounais parlent de près de 300 personnes arrêtées le 26 janvier et le lendemain, et plus de 300 autres arrêtées dans la soirée de lundi, alors qu'elles tentaient de s'opposer à l'enlèvement du Pr. Maurice Kamto et de ses alliés Albert Dzongang et Christian Penda Ekoka.
 
Pour les manifestants camerounais,  qui ont lancé à Paul Biya l'ultimatum de libérer  Kamto ou de s'exposer à des représailles de sa part, il est inadmissible que RFI qui est une voix porteuse, fasse le sourd, le mued et l'aveugle, au moment où des Camerounais tombent sous les balles du régime Biya, et que d'autres sont arrêtés et détenus illégalement.  

 
Natondi K.

: Afrique Monde