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Cameroun : Après son refus d'être libéré sans ses compagnons et militants, Maurice Kamto transféré nuitamment au GSO

2019-01-31 07:59:25 - Durcissement contre pied de nez. Les autorités de Yaoundé ont décidé mardi de faire payer cher à Maurice Kamto son obstination à se solidariser de ses compatriotes pris dans l'étau de la répression, en le transférant de la PJ pour une unité antiterroriste où il est détenu depuis ce matin.

Alors que selon des sources  plus ou moins bien informées d'intenses tractations avaient eu lieu mardi soir entre des officiels  et Maurice Kamto pour que celui-ci soit libéré, et que Maurice Kamto aurait vivement rejeté toute idée de sa libération tant que ses camarades n'étaient pas libérés, on apprend  ce mercredi que Maurice Kamto a été transféré nuitamment de la Police Judiciaire où il était détenu depuis la nuit de lundi à mardi, pour le Groupement Spécial d'Opérations (GSO), la redoutable unité antiterroriste de la police camerounaise, réputée pour sa pratique de la torture sur ses "clients".
 
Dans un premier temps, la décision avait été prise de le sortir des cellules de la PJ pour l'envoyer plutôt à la prison militaire du SED où sont détenus de nombreux prisonniers politiques, mais les faucons du système sécuritaire  qui tiennent à l'humilier après qu'il les a aussi humiliés de manière répétitive, auraient plutôt opté de le détenir dans une unité de lutte contre le terrorisme.
 
« Le détachement et l'isolement de celui qui continue de revendiquer sa victoire à l'élection présidentielle vise non seulement à lui faire comprendre les risques auxquels il s'expose dans le cadre du bras de fer qu'il a engagé contre le régime, mais aussi à faire comprendre à ses partisans que leurs jérémiades pour  sa libération ne fléchiront pas les autorités camerounaises plus que déterminées à lui faire payer son opiniâtreté sans précédent dans le paysage politique camerounais », affirme un spécialiste des questions de sécurité et de terrorisme proche du régime  qui a requis l'anonymat.  « Toutefois, ajoute-t-il, il n'est pas exclu que cet acte vise seulement à intimider davantage les partisans de Maurice Kamto  jusqu'au lendemain du 9 février, car si Kamto et ses compagnons ainsi que leurs nombreux militants sont encore détenus, ses partisans qui sont encore en liberté seront plus préoccupés par cela et n'iront pas marcher  les 2 et 9 février comme annoncé ». 
 
De ce point de vue, il pourrait s'agir pour le régime de modifier astucieusement l'agenda   politique  de Maurice  Kamto, et de se donner ainsi les moyens de faire l'économie d'une répression supplémentaire qui le discréditerait davantage aux yeux de la communauté internationale, à défaut de faire monter de plusieurs crans la colère des partisans de l'opposition, eux aussi prêts à aller jusqu'au bout de la confrontation. 
 
Cameroonvoice

: Afrique Monde