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Gabon : Un nouveau Premier ministre nommé sur fond de controverse

2019-01-12 23:04:39 - Conséquence de l'entrée en fonction vendredi  de la nouvelle Assemblée nationale issue des élections législatives des  6 et 27 octobre 2018, un nouveau Premier ministre a été nommé à la tête du gouvernement gabonais, selon une annonce faite samedi 12 janvier 2019 par le Secrétaire Général de la présidence, Jean-Yves Teale.  Plusieurs fois ministre sous le président Ali Bongo après l'avoir été sous Omar Bongo, décédé en 2009, Julien Nkoghe Bekale, environ 60 ans, remplace à cette fonction Emmanuel Issoze-Ngondet, nommé par la même occasion "médiateur de la République".

Ces nominations importantes ont été attribuées au président Ali Bongo, « en séjour de convalescence et de rééducation » à l'hôpital militaire de Rabat au Maroc où il séjourne depuis le 29 novembre dernier, après avoir passé plus d'un mois dans une clique saoudienne à la suite de son accident vasculaire cérébral du 24 octobre 2018 alors qu'il participait à un forum à La Mecque en Arabie saoudite.
 
Quelques heures après la nomination du nouveau chef du gouvernement, le choix « porté par le président Bongo » sur  Julien Nkoghe Bekale fait déjà l'objet de controverse, dans la mesure où l'opinion estime que le président n'est pas en pleine possession de ses moyens phisiques et intellectuelles pour poser un tel acte de souveraineté, ainsi que l'a prouvé son message de fin d'année prononcé le 31 décembre 2018, et ainsi que l'a souligné le chef des putschistes qui ont tenté de renverser [son] régime lundi dernier. Porte-parole des jeunes militaires, le sous-lieutenant Kelly Ondo avait justifié son action et celle de ses camarades par l'état de santé du chef de l'Etat.
 
La controverse est encore d'autant plus justifiée que le nouveau Premier ministre qui avait déjà assumé entre 2009 et 2011 les fonctions de  ministre des Hydrocarbures, a été récemment épinglé dans le rapport de synthèse 2018 de la Cour des comptes (CDC) du Gabon, pour "des irrégularités" dans la gestion des fonds publics lors de son passage au gouvernement. La CDC a évoqué à cet effet "la constitution irrégulière de  fonds politiques" issus de recettes pétrolières et maquillés en "fonds de sécurité de l'Etat".
 
A la suite de la nomination du nouveau chef du gouvernement, est attendue la nomination, toujours « par le président de la République »,  de nouveaux membres du gouvernement qui devront quant à eux prêter serment devant lui comme l'exige la Constitution.
 
Alors, questions :
 
Les ministres devront-ils faire le déplacement de Rabat qui deviendra la capitale du Gabon le temps de la cérémonie,  ou bien devront-ils attendre tout le temps que cela durera pour que le président se remette sur pieds et retourne au bercail pour le faire. Dans ce dernier cas, les affaires du Gabon seront gérées par des ministres qui n'auront pas prêtés serment, donc illégaux, avec les conséquences que cela emporte. Sauf à garder l'actuel gouvernement e attendant le retour (probable) du président.
 
Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde