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RDCongo/Présidentielle - Rien à dire de constructif ? Fermez-là M. Le Truand. Réactions à la réaction de (Le Drian)- Opinion

2019-01-11 18:26:11 - La France est-elle donc congénitalement une entité criminelle pour l'Afrique ? La question, semble-t-il, ne se pose même plus, le ministre des Affaires étrangères de la France ayant donné jeudi de très bonnes raisons de répondre par l'affirmative. En d'autres termes, poser la question de savoir si ce pays occidental n'est pas une malchance placée quelque part sur la terre pour poursuivre l'Afrique tout le temps que durera la vie sur terre, et nuire à ce continent, c'est déjà une affirmation, plus qu'un questionnement.

Combien de fois les pays africains historiquement liés à la France parce que  jadis colonisés par elle ou placés sous sa tutelle au lendemain des deux Grandes Guerres, ont-ils souhaité que la France intervienne, ne serait-ce que verbalement, mais officiellement, pour mettre fin aux souffrances à eux infligés par des tyrans sanguinaires arrivés à leur  tête par la force ou au travers de tours de passe-passe constitutionnels, sans que la France ose seulement remuer les lèvres dans le sens souhaité. La France n'est-elle pas le pays qui, le premier, adoube sans s'en cacher les dictateurs africains qui n'ont jamais remporté proprement aucune élection dans leur pays, mais qui sont toujours proclamés « élus » par les « institutions républicaines » (dixit Yves Le Drian à propos de la "réélection" de Paul Biya au Cameroun en octobre 2018) ?
 
Mais pourquoi cette même France est-elle le premier pays du Nord à foncer toutes sirènes hurlantes en République démocratique du Congo pour crier haro sur la victoire du leader du plus grand parti de l'opposition congolaise alors que le peuple congolais qui est le premier concerné dans l'affaire est en train de manifester bruyamment sa joie après cet événement historique dont il rêve depuis plus d'un demi siècle ? 
 
Pourquoi la France n'a-t-elle jamais fait que du mal à l'Afrique : massacres au napalm en régions bamiléké et bassa au Cameroun ; soutien sans faille au "meilleur élève de la France" (sic) en la personne du dictateur camerounais Paul Biya ; soutien militaire actif et économique –discret- au régime d'apartheid en Afrique du Sud ;  planification et exécution de deux coups d'Etat en Côte d'Ivoire en l'espace de moins de deux ans juste dans le but de renverser Laurent Gbagbo dont la France ne voulait pas de l'arrivée au pouvoir ; transformation en Côte d'Ivoire  d'un coup d'Etat manqué en une rébellion perpétuelle dès 2002, qui ne s'achèvera qu'en 2011 avec le renversement effectif de Laurent Gbagbo capturé par les forces françaises et remis aux rebelles de la marionnette française Alassane Ouattara ; massacre dans l'intermède de 3000 personnes en une seule nuit à Duekoué en Côte d'Ivoire en 2011 pour la seule et unique raison que leur localité était connue pour être constituée en  majorité de gens éprouvant de la sympathie pour Laurent Gbagbo ; soutien toute sa vie –depuis De Gaulle jusqu'à Sarkozy- au despote et prévaricateur gabonais Omar Bongo, puis à son fils Ali lors de la succession dynastique –dans une République- en 2009  et pendant toutes les élections truquées que ce dernier a organisées pour se maintenir au pouvoir, notamment celle de 2016 remportée par Jean Ping ; soutien à des tortionnaires de leurs peuples à l'instar de Sassou Nguesso au Congo, Eyadéma père et fils au Togo, et j'en passe… ; puis, maintenant, cris d'orfraie contre l'élection en RDC d'un opposant qui n'a nullement été associé à l'organisation d'un scrutin à l'issue duquel on lui attribue un résultat en deçà de ce qu'il mérite, mais qu'il accepte seulement dans le but de préserver la paix sociale dans son pays, tant il est vrai que ce fils du Kasaï sait désormais mieux que les gouvernants français d'aujourd'hui, lointains concitoyens de La Fontaine, que « tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse » ?
 
La réponse n'est pas à chercher très loin : la France ne veut pas d'une Afrique heureuse. Et dans le cas particulier de la République démocratique du Congo, La France tient tellement à faire partie du problème congolais et non de la solution, qu'elle veut pousser dans la rue les partisans de Martin Fayulu, de manière à ce que le régime de Kabila fasse annuler par la Cour Constitutionnelle l'élection présidentielle du 30 décembre 2018 et s'octroie des années supplémentaires au pouvoir dans l'optique d'organiser une autre élection plus « saine et transparente », le temps que la France rafle ce qu'elle n'avait pas encore volé de matières premières au Congo.. Au cas où ce stratagème ne marcherait pas, la France fomentera une rébellion des partisans de Fayulu pour empêcher Tshisekedi de gouverner, et le mettre dans une situation telle qu'il passera plutôt le clair de son mandat à faire la guerre.
 
On l'a compris, la France est méchante, très méchante, vis-à-vis des Africains. Et bête aussi.  Car à force pour elle de continuer à ne vouloir que du mal à ce continent, soutenant les dictateurs et rejetant les démocrates choisi par les Africains pour donner une orientation plus salutaire à la gouvernance des pays du continent, la France va pousser les Africains à porter sur son propre sol la revanche du désespoir. Et cette revanche qui se traduit par des phénomènes tels que les actions terroristes que l'on a déplorées ces deux dernières années (attentats à la voiture bélier ou à l'explosif, estocades et autres), elle ne pourra pas les endiguer, même en construisant à la Donald Trump à toutes ses frontières, des murs plus hauts que celui de Berlin d'une certaine époque.
 
Les Africains en  ont plus que marre de la France, et elle serait bien sage de cesser de dégueuler si seules d'écœurantes idioties du genre que monsieur Le Drian a proférées peuvent franchir le seuil des lèvres de ses plénipotentiaires. 
 
* Ndam Njoya Nzoméné, journaliste camerounais, cadre de l'Union des Forces Démocratiques du Cameroun, témoin des atrocités de la France en Afrique et au Cameroun 
 
PS. : Ce n'est pas encore une menace, mais un avertissement à cette France qui n'a pas compris que les choses ont changé, et continue de s'aventurer sur un sentier hautement glissant.
 
J'en veux pour preuves, les réactions aux incongruités de Le Drian, sur le réseau social Facebook, après que le journaliste camerounais J.Remy Ngono a dénudé ce « ministre français des Affaires Étrangères Jean Yves Le Drian qui s'insurge contre l'élection de Félix TSHISEKEDI en RDC », mais qui dîne et dort  « avec les grands démocrates de l'Afrique francophone élus dans la totale transparence : Ali Bongo du Gabon, Sassou Nguesso du Congo, Faure Gnassingbe du Togo, et le timonier Paul Biya du Cameroun. » 

: Afrique Monde