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Report des élections en RDCongo : Comment les Congolais ont fait reculer Corneille Nangaa

2018-12-21 00:05:29 - Bras armé du dispositif de perpétuation du règne illégitime et illégal du Rwandais Hyppolite Kanambe alias Joseph Kabila à la tête de la République démocratique du Congo, le président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), Corneille Nangaa, avait fait savoir ce matin qu'il lui fallait un minimum de trois mois pour remettre à jour le matériel électoral parti en fumée  le 13 décembre  dans un  incendié dont les causes restent indéterminées une semaine après 

Mercredi, un responsable de la CENI avait pourtant affirmé que pour remplacer le matériel électoral brûlé,  il fallait à la CENI entre 4, 7 et 14 jours.
 
Face à cette tentative du clan Kabila, via Corneille Nangaa de perpétrer un autre coup de force devant aboutir à l'ajournement pour la troisième fois des élections, dont la présidentielle qui aurait dû se tenir il y a deux ans, quand le mandat de Joseph Kabila a expiré en décembre 2016, la rue congolaise est tout de suite entrée en action, se prépare à gronder de la plus tonitruante des manières.
 
Des sources présentes à l'Université de Kinshasa font état d'une vaste mobilisation des étudiants qui manifestent depuis un peu plus de deux heures contre ce coup de force qu'est la tentative de report des élections, prélude à un autre coup de force plus grave encore. 
 

 

Dans le registre de la gravité qui menaçait de jalonner la vie sociopolitique en RDC dans les prochaines heures, nos correspondants  à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays annonçaient que l'onde de choc contestataire était en voie de se répandre  sur l'ensemble du pays où les populations étaient prêtes à aller jusqu'au sacrifice suprême, pour que ne soit pas actée la manœuvre de la CENI visant à donner à Ramazani Shadari, succédané de Kabila, les moyens de se repositionner sur l'échiquier électoral  où la terre semble plutôt lui jouer le tour de se dérober systématiquement sous ses pieds depuis le début de la campagne électorale. 
 
"Il faut se mettre debout maintenant pour arracher notre avenir entre les mains des assassins et des voleurs" ou encore "Kabila et Naanga veulent nous tuer. Mais qu'ils sachent que le peuple gagne toujours", pouvait-on lire sur les réseaux sociaux. 
 
C'est cette disposition du peuple congolais à ne laisser personne décider pour sa souveraineté qui a poussé monsieur Nangaa, le commis de Kabila, à faire machine arrière en concédant une semaine, au lieu de s'arc-bouter sur ses trois mois fétiches envisagés.
 
Ce n'est pas ce que les populations voulaient, mais ce n'est pas une mince victoire eu égard à la marge de manœuvre dont aurait disposé ceux qui voulaient du temps pour fabriquer une victoire à Shadary.
 
Dès l'annonce de l'incendie du dépôt de la CENI suivi des statistiques extraordinaires  révélées par les officiels sur le taux de matériel brûlé (80%), de nombreuses voix s'étaient élevées en RDC et à l'étranger pour affirmer que le gouvernement et la CENI sous sa botte avaient en réalité évacué en catimini le matériel électoral avant de mettre le feu à l'entrepôt, pour justement convaincre les Congolais et la Communauté internationale qu'il n'était pas possible de tenir les élections à la date prévue. On y est manifestement, mais pas exactement comme l'envisageaient les auteurs du complot contre l'alternance et la démocratie.  
 
Natondi K.
 

: Afrique Monde