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Cameroun- Crise anglophone : Le Conseil de Sécurité menace Biya d'un recours à la force

2018-12-18 18:10:41 - Face à la volonté des dirigeants camerounais de faire et laisser pourrir la situation déjà très critique dans les régions anglophones en proie à une guerre sanglante depuis deux ans, la communauté internationale entend désormais prendre ses responsabilités pour mettre fin à l'indicible tragédie.

A la tête d'un groupe de pays et d'institutions internationales qui voient d'un mauvais œil toutes les manœuvres dilatoires orchestrées par le régime de Biya pour donner l'impression de résoudre à sa manière la crise anglophone,  les Etats-Unis ont récemment saisi le Conseil de sécurité de l'ONU, qui vient de taper du poing sur la table en exigeant du régime tortionnaire en place le règlement uniquement par le dialogue inclusif de la crise politico-sécuritaire et administrative dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, ou de s'apprêter à faire face à des représailles dont il ne pourra pas se relever. Des actions d'envergure seraient même envisagées, y compris le recours à la force, pour faire plier Yaoundé.
 
Un Yaoundé dont l'excellence dans l'art du jeu de dupes ne trompe plus personne.
 
Le Royaume Uni donne aussi de la voix
 
En effet, après avoir torpillé de toutes ses forces une tentative des dignitaires religieux anglophones pouvant encore faire l'unanimité de regrouper les anglophones (sécessionnistes inclus) pour sérier leurs revendications dans la perspective d'un dialogue dont l'initiative devait pourtant lui être laissée le vieux président(85 ans , au pouvoir depuis 1982, a créé fin novembre un semblant de Comité de Désarmement –démobilisation-réintégration des combattants anglophones alors qu'il n'y a pas eu au préalable de dialogue pour amener les parties à s'entendre autour d'un programme minimum de cessation des hostilités. Une initiative considérée comme de la poudre aux yeux par les leaders sécessionnistes encore en liberté, qui ne jurent que par la lutte jusqu'à l'accession à l'indépendance de l'ancien Cameroun britannique. 
 
Conscient  de cet échec à rouler les anglophones et l'opinion internationale dans la farine, le même président de la république  a annoncé par la plume de son plus proche collaborateur, le  Secrétaire Général de la présidence,  la décision de libérer 289 anglophones soi-disant impliqués dans les violences et dont les causes sont pendantes devant les tribunaux militaires.
 
 
 
Rien qu'au mois de mai, 60 morts ont été enregistrés officiellement dans les régions anglophones
 
Là encore, il s'agit d'une grossière supercherie, car hormis un journaliste francophone à l'article de la mort qui était détenu depuis le 23 octobre  pour avoir dénoncé les crimes de l'armée contre les anglophones, les autres personnes libérées dans cette vague des 289 étaient soit des personnes embarquées par la police ou la gendarmerie lors des patrouilles nocturnes, et qui ne disposaient pas pour quelques-uns de leurs pièces d'identité, ou qui  avaient simplement le malheur d'être des ressortissants des régions dites sécessionnistes. La plupart de ces personnes libérées à Douala ou à Yaoundé, ont été arrêtées ailleurs que sur le théâtre des engagements ou  pour des motifs autres que la participation à un quelconque mouvement sécessionniste, mais ont quand même dû séjourner  un an, voire près de deux ans en prison, sans jugement. D'autres, à en croire des sources de Cameroonvoice, ne seraient  que des détenus de droit commun  dont les crimes commis avec des armes à feu faisaient d'eux des clients des tribunaux militaires. Ils auraient été mis en liberté pour gonfler le nombre  des libérés, alors que les vrais leaders -sécessionnistes à l'instar de Sisiku Julius Ayuk Tabe enlevés au Nigeria en janvier 2018 et extradés au Cameroun ne font pas partie des bénéficiaires de cette mesures, eux dont les affaires sont encore pendantes devant le tribunal militaire de Yaoundé.
 
Correspondance

: Afrique Monde