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Madagascar - Débat présidentiel : Marc Ravalomanana a malmené Andry Rajoelina

2018-12-16 22:52:19 - Le premier débat télévisé entre les deux finalistes du second tour de l’élection présidentielle a été loin d’être tendre. La tension a été palpable entre le candidat N° 13 et le candidat N° 25 dès l’entame de l’émission, animée par les deux journalistes des chaînes nationales, TVM et RNM. Le grand débat d’idées n’est pas encore à la portée de nos politiciens.

Ce sont plutôt les défaillances et les erreurs des deux ex-présidents qui ont été mis en avant dans un règlement de compte en public.
 
A cinq minutes de prise de parole de chaque candidat, Andry Rajoelina a haussé le ton. L’ancien président de la République a révélé qu’Andry Rajoelina alors maire de Commune Urbaine d’Antananarivo s’est rendu à son bureau avec le juriste Norbert Lala Ratsirahonana pour demander son soutien pour la reconstruction de l’Hôtel de ville à Analakely. Le président aurait donné une enveloppe d’un millard d’Ariary qui aurait volatilisé. « Mensonge », s’insurge Andry Rajoelina qui a vu la moutarde lui monte au nez.
 
D’emblée, Marc Ravalomanana a chargé Andry Rajoelina du mouvement populaire qu’il a mené en 2009. Pour le fondateur de l’empire Tiko, le « coup d’Etat » a été à l’origine de la baisse conséquente du produit intérieur brut (PIB) des Malgaches et de la décadence de la lutte contre la corruption dans le pays. « De la 85ème place en 2009, Madagascar se trouve en 2018 à la 155ème place des pays les plus corrompus au monde ». Mais pour éluder le sujet, l’ancien président de la Transition a lancé qu’il faut avancer et non revenir en arrière. « En parlant de coup d’Etat, c’est vous qui est le premier président malgache à s’être auto-proclamé en 2002 », lance-t-il pour égratigner son adversaire.
 
Le jeune candidat de 44 ans a lancé que le sexagénaire a sanctionné les Malgaches en coupant l’AGOA après sa chute en 2009. Président de la République, il a accaparé plus de 8 000 Ha de rizière à Ambatondrazaka au nom de la société Tiko Agri. « Une fois élu, je les remettrai à la population », affirme Andry Rajoelina. Actuellement, conseiller spécial de la mairie d’Antananarivo, il a plongé la capitale dans une montagne d’ordures. « Comment voulez-vous qu’il puisse développer Madagascar alors que lui et sa femme, alors maire d’Antananarivo n’a rien fait pour la capitale alors que moi, j’ai pu reconstruire l’Hôtel de ville, le Coliséum d’Antsonjombe, l’Hôpital Manarapenitra… ? »a-t-il soutenu.
 
Marc Ravalomanana a rétorqué qu’il n’a pas le pouvoir de couper l’AGOA des Américains. « Il y a un tribunal foncier qui peut décider » pour parler de l’affaire d’accaparement de terrain à Ambatondrazaka. En jouant son naïf, il s’est demandé « comment voulez-vous qu’il vous protège s’il va oser prendre mes terrains une fois qu’il serait élu ». « Moi, je ne vole aucun terrain, même pas un centimètre carré de la population malgache », ajoute le candidat N°25. Concernant le problème de ramassage d’ordures dans la capitale, il explique que cela relève de la compétence du SAMVA, un organisme rattaché au ministère de l’Eau. « C’est vrai que le ministre de l’Eau est issu de mon parti, mais pour moi, l’intérêt de la population prime sur l’amitié », répond-t-il à une remarque de son adversaire sur l’appartenance politique de ce ministre au parti Tiako i Madagasikara (TIM).
 
Concernant l’administration et la politique de développement, Marc Ravalomanana a mis en exergue la décentralisation effective, la participation des « fokontany » et « commune » au développement. « Pour cela, l’Union européenne est prête à nous prêter main forte », déclare-t-il, avant d’expliquer qu’il compte sur les bailleurs de fonds traditionnels pour aider Madagascar à se relever sur le plan économique et infrastructurelle. Pour Andry Rajoelina, la politique de son adversaire ne collerait pas avec un régime présidentiel fort que l’ancien président compte également mener. Pour le candidat N° 13, « les bailleurs de fonds traditionnels doivent se soumettre à ses conditions ». Il déclare également disposer des « clés » pour le financement de ses projets.
 
Andry Rajoelina envisage plutôt de s’en tenir à la richesse minière de la Grande île pour relancer l’économie nationale et de financer ses projets. Il a, entre autres, mis l’accent sur l’exploitation de la richesse aurifère de la Grande île et de la mise en place d’une agence de l’or, une fois arrivé au pouvoir.
 
Pour Marc Ravalomanana, tout doit se reposer sur des faits « pragmatiques », qui s’annoncent comme un cercle vicieux, car interdépendant : la construction de la route pour ressortir les productions agricoles et lutter contre l’insécurité alimentaire, le renforcement de sécurité pour rassurer les producteurs et les investisseurs, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Ce candidat projette en de poursuivre son projet de développement Madagascar action Plan (MAP2) alors qu’Andry Rajoelina mise sur on IEM (Initiative pour l’Emergence de Madagascar) avec comme principal projet la construction de 50 000 logements sociaux, la lutte contre l’insécurité à travers l’utilisation des drones ou encore la mise ne place de puces électroniques pour renforcer la lutte contre les vols de zébus.
 
« J’achèterai 10 hélicoptères pour les forces de l’ordre et en un an, je vais reconstruire la route RN44 qui mène à Ambatondrazaka », promet l’ancien Président de la Transition. Marc Ravalomanana, quant à lui, promet d’apporter un changement en seulement 100 jours de sa prise de pouvoir tout en taclant son adversaire de faire rêver l’impossible à la population.
 
Le prochain face-à-face en direct des deux candidats finalistes à l’élection présidentielle aura lieu dimanche prochain, le 16 décembre 2018, deux jours avant la tenue du scrutin du second tour, prévu le 19 décembre prochain.
 
Arena R.madagascar-tribune
 

: Afrique Monde