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IL Y A 28 ANS, MOURAIT EN EXIL LE BÂTISSEUR DU CAMEROUN AHMADOU AHIDJO

2018-12-01 15:31:33 - C’est le 30 novembre 1989 qu’ Ahmadou Ahidjo, premier Président du Cameroun, père de la Réunification, meurt au Sénégal. Jusqu’à présent, ses restes reposent dans un cimetière communautaire à Dakar. Son histoire n’est pas enseignée aux jeunes Camerounais qui ne connaissent que Paul Biya depuis 36 ans.

Ahidjo est l’homme qui déclara en pleine nuit du mois de décembre 1959 l’indépendance du Cameroun, qui devenait le premier pays de l’espace francophone à y accéder durant la vague des années 60. Il est connu comme un bâtisseur qui a laissé  de nombreuses réalisations qui survivent encore au temps.
 
Ahidjo  meurt en exil à Dakar le 30 novembre 1989, alors qu’il a été condamné à mort par contumace, sans avocat, par le tribunal militaire de Yaoundé  pour tentative de coup d’État le 6 Avril 1984 contre Biya, deux années après avoir cédé volontairement  son siège  à… Biya. Selon les témoignages de son épouse Germaine Ahidjo, l’ancien et premier président du Cameroun en exil chez Abdou Diouf,  était choqué d’une telle décision à son égard,  lui qui bâtit le Cameroun avec sa sueur et son sang. Et à entendre les mauvaises nouvelles de son pays à la radio, il avait attrapé une crise cardiaque qui, après l’avoir paralysé, l’a précipité.
 
Ce que Ahidjo avait laissé au Cameroun   avant l’arrivée de Paul Biya au pouvoir le 6 novembre  1982:
 
+Le Cameroun avait la première compagnie de transport aérien de l’ Afrique noire CAMAIR,
 
la compagnie de transport maritime CAMSHIP,
 
+la société de transport de chemin de fer REGIFERCAM, les sociétés SODECAO et SODECOTON pour le cacao et le coton , MAETUR pour le logement, AMACAM pour les assurances, CRÉDIT FONCIER pour l’habitat,
 
+la SNH pour les hydrocarbures,
 
+la SNI pour les investissements,
 
+la SNEC pour l’eau,
 
+la SONEL pour l’ électricité, les banques agricoles FONADER, FOGAPE, MIDEVIV, etc. En tout, 326 sociétés d’État ou para-étatiques dont les plus florissantes sont HEVECAM, CELUCAM, SOSUCAM…
 
+Le Cameroun est autosuffisant alimentaire et ravitaille le Gabon, la Guinée Équatoriale, la RCA, le Tchad, l’ Éthiopie, le Rwanda, la Chine, l’ Inde…
 
+Tous les étudiants camerounais bénéficient des bourses.
 
+Les hôpitaux sont gratuits.
 
+Le Cameroun est le premier pays africain à construire les logements sociaux appelés camps SIC.
 
+Ahidjo construit non seulement le palais des congrès, mais aussi le nouveau palais présidentiel qu’il n’a jamais habité , et qui est classé parmi les cinq meilleurs d’Afrique et du monde , pour un coût de 200 milliards; et la plus grande télévision d’Afrique subsaharienne CTV, sans dette.
 
+Le Cameroun organise la CAN en 1972, dans les stades classés les plus beaux d’Afrique dont le stade Ahmadou Ahidjo , le stade de la Réunification à Douala construits en moins d’un an; le premier stade avec pelouse synthétique à Garoua.
 
+La paix était reelle, les caisses étaient garnies avec des réserves de plus de 1500 milliards d’argent de pétrole dans les banques américaines. LE CAMEROUN AVAIT UN TAUX DE CROISSANCE DE 9%!
 
Ce qu’on a aujourd’hui :
 
*99% des sociétés qui faisaient la fierté du Cameroun ont été vendues ou pillées. *La dette culmine à plus de 6000 milliards. 
Les détournements sont en milliards. Les morts sont majors dans les concours payants.
 
*Le pays est sous la coupole du FMI pour la deuxième fois. Les hôpitaux, mairies, lycées, CAMPOST sont à sec. Le chômage et la misère plafonnent.
 
*Les villes sont des poubelles.
 
*L’eau est jaune et arrive par gouttes parfois tard dans la nuit .
 
*L’électricité rare et le délestage permanent.
 
*La guerre contre les sécessionnistes  anglophones a déjà fait environ 700 morts et plus de 300 000 déplacés ;les revendications sociales s’enchaînent.
 
*Boko Haram règne. Les Camerounais vivent dans la peur, la terreur, l’horreur, et non dans la paix.
 
À partager parce que nul n’a pas le droit d’effacer l’histoire d’un coup de balai politique , ni renier les oeuvres des prédécesseurs, des précurseurs et des bâtisseurs d’une nation.
 
J. RÉMY NGONO
 

: Afrique Monde