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Régime Biya: de l'Ingratitude des Bamiléké à la trahison de l'élite Béti

2018-11-23 01:53:16 - Le Pr Maurice Kamto, dont on ne peut nier la science, avait proclamé le caractère «dogmatique» des décisions de la Cour suprême agissant comme Conseil constitutionnel après l’élection présidentielle de 2004. «La Cour a tranché en dernier ressort et sans possibilité d’appel. Un candidat à gagné et a été élu président de la République du Cameroun pour les sept prochaines années. Un point c’est tout», écrivait-il à l’époque, question de couper l’herbe sous les pieds des protestataires. Qui eût alors cru, à ce moment-là, que «le grand prof», 14 ans plus loin, choisirait lui-même le maquis face à une décision du Conseil constitutionnel statuant en premier et dernier ressort, dans un même cas de figure ?

On se doit, en toute modestie, de lui rappeler que le refus de se soumettre au verdict du Conseil constitutionnel est un acte de rébellion. La loi est prête, dure et sévère en la matière. Et Maurice Kamto le sait. D’une obstination digne de Ponce Pilate, il persiste et signe à provoquer les institutions pour susciter la «colère» de ses partisans. L’appel à la résistance, même «pacifique», est une forme de provocation. C'est ça le droit, et non les plaidoiries philosophiques, politiques, démagogiques et les effets de manches auxquels on a eu droit pendant le contentieux électoral. Malgré le fait que les forces de maintien de l’ordre soient actuellement sous pression, du fait des tensions dans les régions anglophones, Maurice Kamto le sait et s’est bien préparé pour créer avec sa meute des incidents autour une crise électorale et postélectorale fabriqué de toutes pièces.
 
Le ministre Amadou Ali fut, à une époque, voué aux gémonies par la presse, au prétexte qu’il nourissait à part lui les mêmes plans et ambitions diaboliques, démoniaques et machiavéliques du Pr Maurice Kamto. En substance, ce dignitaire du régime avait déclaré, à l'adresse des hommes politiques, que tant que le président Biya aura besoin des voix du grand-Nord pour gouverner, il aura le soutien de cette partie du pays. Certains pensèrent alors que le danger, pour Paul Biya, viendrait de cette partie du pays. Que non ! La fidélité et la discipline auront été de mise, tout au long du processus électoral pour la présidentielle. Et ce n’est pas tout. Voila que l’on découvre aujourd’hui que ce scrutin, dont l’issue était suffisamment certaine, était un piège. On sentait déjà, pendant la période précédant la campagne, que quelque chose se mouvait dans l’ombre et dans les têtes. On eût cru assister à un remake du célèbre film western «Le danger vient de l’Ouest». Oui, de l'Ouest !
 
La défiance envers les autorités administratives est un acte de désobéissance civile. La meute des «tontinards», qui n’a jamais cessé de réclamer son «tour», est arrivée. Elle veut provoquer des incidents pour réaliser ses plans. Ceux d’un coup d’Etat, ou du moins de gagner la «tontine» par des moyens insurrectionnels.
 
C’est notre tour !
 
Le danger est dans l’air. Depuis que la meute «occidentale» et ses mercenaires ont quitté Facebook pour descendre dans la rue et profaner les parvis de la cathédrale de Yaoundé.
 
Alors que Paul Biya a abandonné ses «frères» Beti à leur triste sort pendant 36 ans, les Bamiléké, à travers ceux qui réclament en être les porte-parole sans trop savoir à quelle occasion ils ont été désignés, viennent de se dévoiler comme des ingrats, traitres et des hypocrites.
 
Nous sommes outrés par tant d’ingratitude, de la part de ceux à qui Paul Biya aura tout donné. Les meilleurs axes routiers sont à l’Ouest. Quand on compare les liaisons entre les villes de cette partie du pays et les communications entre des villes du Centre et du Sud, il y a de quoi redouter une révolte chez les Beti. Mais ce peuple n’a jamais voulu tomber dans une telle bêtise. Depuis 36 ans, ils végètent dans des contrées enclavées, ne pouvant joindre les chefs-lieux d’arrondissement, de département et même de régions. Ils ne bronchent pas, cependant que des projets routiers, financés par l’Etat, sont réalisés dans la région de l’Ouest.
 
Ainsi à Yaoundé, les Beti ne tiennent aucune poissonnerie ni quincaillerie d’envergure. Ils n’ont aucun supermarché, aucun établissement de microfinance ni banque. Les grands immeubles qui foisonnent dans la capitale, ainsi que les grands hôtels et grandes boulangeries, ne leur appartiennent pas. Tous ces duplex aux neuf toitures, à l’origine de quartiers de luxe, sont construits sur des terrains vendus à vil prix par les Betis. Dans le commerce de gros et de détail, on cherche en vain la présence d’un promoteur Beti, dont les congénères se débrouillent sur des minables étals sans grands capitaux. Aucune agence de voyage importante. Je m’arrête là, pour que l’on ne dise pas que les «sardinards» sont jaloux des «tontinards» qui s'illustrent ainsi, et même dans la délinquance fiscale, qui corrompent les douaniers pour faire entrer frauduleusement du riz importé aux fins de tuer l’économie du pays et vivre du fruit de leurs rapines.
 
Pourquoi devrions-nous en être jaloux ? Nous regrettons simplement d’avoir été floués dans la vente de nos terrains à des gens qui organisent des pénuries fictives de produits de grande consommation (gaz domestique, farine, maquereau, riz…) pour fâcher les populations contre Paul Biya, espérant ainsi réussir une révolution de la rue et perdant de vue que le distributeur des cartes est un «sardinard» !
 
Les frères betis indécents
 
Le comble, pour le peuple beti, est la cupidité de son élite. Les ministres beti, au fil des années du régime Biya, se sont refugiés dans un égocentrisme, voire un égoïsme sans lequel les villages beti auraient pu avoir des routes, des ponts et de l’électricité. C’est comme dans un jeu de scandale familial, dans lequel ils auront trahi Paul Biya, qui aura lui-même trahi ses frères Beti des classes défavorisées. Cela est, malheureusement, à l’opposé de l’instinct grégaire, hypocrite et sournois des élites de l’Ouest, qui se réunissent en journée pour glorifier Paul Biya, puis se retrouvent la nuit venue autour du Laakam pour ourdir des complots contre le même Paul Biya et les Beti.
 
Plus grave encore, des élites beti (ministres, parlementaires, hauts fonctionnaires et hommes d’affaires) sont actionnaires dans des investissements d’hommes d’affaires de l’Ouest établis dans le Centre et le Sud, et qui n’y sont nullement pour le «vivre ensemble». Il s’agit simplement d’un affairisme obsessionnel, destiné à nourrir leurs propres intérêts, lorsqu’il ne s’agit pas de conspirer en silence contre Paul Biya, en se dotant de moyens financiers et en signant des pactes secrets pour leur avenir. Nous savons que «tontinards» et «sardinards» font beaucoup de choses ensemble : plusieurs Bamiléké servent de prête-noms à des traîtres Beti ! Les Bamiléké ne sont pas aussi riches qu'ils veulent le faire croire. Qui se cache derrière Bokom, Fokou, Santa Lucia, La Pasta, Congelcam... pour ne citer que ces structures grandement visibles ?
 
Pourquoi les 7 prochaines années ne seraient donc pas celles des Beti «fidèles» ? Ceux-là qui ont souffert pendant 36 ans, stoïquement, de la négligence de leurs élites et de leur «frère» président de la République ! Fidèles dans le militantisme politique de base, malgré le mépris et l’impérialisme de l’élite beti des instances supérieures du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), auquel ont adhéré la quasi-totalité des Beti.
 
Une adhésion sincère, contraire à celle feinte de dans le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto. Fidèles aux traditions légendaires du peuple beti. Celle d’un peuple hospitalier, généreux et sociable malgré les tromperies et les hypocrisies de ceux qui ont arraché leurs terres par la ruse, pour faire du commerce et prospérer.au nom de quatre mots : appropriation, accaparement, confiscation, exclusion. Vous vous en doutez bien, l'oiseau a vu le caillou.
 
Aucun peuple, ni tribu, n’a le monopole ou l’exclusivité de l'invective ou de la violence ; voire de la bêtise au Cameroun. Avis à ceux qui croient utiliser la fourberie tribale pour déstabiliser leur propre pays.
 
Que Dieu bénisse le Cameroun !

C'est un coup de gueule de Saint-Eloi Bidoung 1er adjoint au maire de Yaoundé 6


 

: Afrique Monde