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Cameroun : 3 semaines après Charles Wesco, le Cameroun déplore un autre assassinat de religieux étranger en zone séparatiste

2018-11-22 22:47:16 - Le prêtre a été tué dans une zone de confrontation entre l'armée camerounaise et les groupes armés séparatistes : la cour de la paroisse de Kembong. Par des personnes non identifiées. 

De nationalité kényane, le prêtre Cosmos Omboto, ordonné en mars de l'année dernière, a été abattu mercredi 21 novembre dans la localité de kembong, près de Mamfé, dans le département de la Manyu (région anglophone du Sud-ouest, un des foyers de l'insurrection sécessionniste qui  secoue le pays depuis deux ans).
 
Des témoins affirment que l'homme d'église a reçu de nombreuses balles, dont une sur le côté gauche du thorax, et une autre dans la région subadominale, alors qu'il se tenait devant la paroisse  de Kembong où il s'était installé avec des déplacés de la crise anglophone, après avoir dans un premier temps séjourné à l'Evêché de Mamfé.
 
En attendant qu'une enquête( ?) détermine l'auteur ou les auteurs de cet autre meurtre perpétré sur un religieux d'origine étrangère après celui d'un Ghanéen en juillet et d'un américain (le missionnaire Charles wesco Truman) abattu fin octobre dernier par des soldats selon un membre de sa famille, des sources proches des témoins de cette tragédie révèlent que le Père Cosmos a été tué dans une zone de combat entre les séparatistes et les militaires camerounais.
 
Situation toujours précaire en zone anglophone
 
L'assassinat du Père Cosmos est survenu 2 jours après la décapitation lundi 19 octobre dans la localité de Nkar (département du Bui dans l'autre région anglophone du Nord-ouest), de l'officier de police Ephraim Ngafei. 
 
Cet officier qui s'était rendu à Yaoundé en fin de semaine dernière pour déférer à une convocation de sa hiérarchie, avait été tiré lundi de son véhicule par des hommes armés non identifiés, puis conduit vers une destination inconnue par ses kidnappeurs qui ont ensuite exigé une rançon. 
 
Malgré que sa famille ait versé environ 150.000 francs Cfa, ses ravisseurs dont nul n'est sûr ni de l'identité, ni du camp auquel ils appartiendraient, l'ont tout de même égorgé.
 
Un peu plus chanceux,  le policier Kinkoh Anthony, enlevé le 18 novembre a été libéré mardi, après deux jours de captivité et le paiement d'une rançon de 3 millions de francs Cfa. 
 
Autant de choses qui donnent raison au gouvernement camerounais qui a refusé, pour des raisons de sécurité, de donner son autorisation officielle pour l'organisation de la Conférence Générale des Anglophones initiée par le Cardinal Christian Tumi, en même temps qu'elles confortent ceux qui pensent qu'il n'est pas raisonnable de faire l'économie d'un dialogue inclusif entre les parties en conflit, et que la crise qui se déroule dans la zone anglophone du Cameroun ne peut trouver de véritable solution tant que le gouvernement camerounais s'obstinera à vouloir réduire les sécessionnistes par les armes, les incendies des habitations et villages ou les arrestations et les emprisonnements.
 
Youssouf Mbouombouo
 

: Afrique Monde