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Crise Anglophone : Préoccupés par la montée de la violence, les Etats-Unis somment le Cameroun de faire la paix sans conditions

2018-11-08 00:21:35 - Les Etats-Unis ne sont pas restés insensibles à l'enlèvement, lundi 5 novembre, de 81 élèves et enseignants dans la région anglophone du Nord-ouest. Un enlèvement survenu à la veille de la prestation de serment du président Biya, et qui serait en train de se dénouer depuis mercredi matin avec la libération, apprenons-nous, de 79 des 81 personnes enlevées.

A la suite de cet enlèvement qui a donné lieu à une partie de ping-pong entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, chacun rejetant la responsabilité du crime sur l'autre, la porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, a publié un communiqué mardi, dans lequel  elle met en garde non seulement le gouvernement camerounais dont l'armée brille par des atrocités perpétrées sur les populations en zones anglophones, mais aussi les séparatistes qui eux aussi se livrent à des agressions de militaires et de civils.
 
Le  haut fonctionnaire du département d'Etat qui est également au fait de la montée du péril tribaliste au Cameroun où des pontes du régime essaient de manipuler les populations à des fins politiciennes en montant des ethnies dites "autochtones" de certaines villes capitales contre une ethnie réputée "allogène" pour la simple raison que des opposants menaçants pour le président Biya en sont originaires, exigent que cessent ces pratiques.  
 
Par ailleurs, alors que lors de  sa prestation de serment mardi Paul Biya a tenu un discours de guerre à l'intention des sécessionnistes anglophones en leur demandant de déposer unilatéralement les armes ou de faire face à la loi et à son armée, Heather Nauert exhorte toutes les parties engagées dans cette confrontation fratricide à mettre fin à aux affrontements et à emprunter sans conditions préalables la voie du dialogue pour une véritable réconciliation.
 
Il est à rappeler qu'exaspérés par une répression féroce des forces armées et de police  commises par le gouvernement camerounais pour les réduire au silence subséquemment aux mouvements de revendications corporatistes lancés fin 2016 par des avocats et enseignants anglophones, des groupes armés anglophones se sont formés au premier trimestre 2018, revendiquant une certaine proximité avec les partisans de la restauration –à travers l'indépendance- de l'ancien Cameroun Occidental ou ex-Cameroun britannique. Depuis lors, ces groupes se signalent par des meurtres vengeurs sporadiques sur les militaires camerounais et des enlèvements odieux des fonctionnaires –généralement anglophones comme eux- accusés d'intelligence avec le gouvernement camerounais, leur « oppresseur ».
 
Il y a environ une semaine, un missionnaire américain en séjour au Cameroun a été abattu dans la localité de Bambui, toujours dans la région du Nord-ouest. Le gouvernement avait puérilement indexé les sécessionnistes en affirmant que lesdits sécessionnistes arboraient des uniformes de l'armée camerounaise dont ils avaient tué des éléments et volé les tenues. Les sécessionnistes avaient quant à eux retourné la politesse, plongeant l'opinion dans la confusion totale, jusqu'à ce que la belle-sœur du défunt missionnaire, présente lors de cet accident funeste révèle qu'en réalité, ce sont des éléments de l'armée camerounaise qui avaient tiré par deux fois sur le pasteur Charles Trumann Wesco, sans motif apparent. 
 
Lire ci-dessous,  la Déclaration de presse du 6 novembre 2018 de Heather Nauert, Porte-parole du Département d'Etat américain 
 
"Les États-Unis s'inquiètent de la montée de la violence au Cameroun" 
 
« Les États-Unis condamnent avec la plus grande fermeté l'enlèvement d'étudiants et de membres du personnel du  Presbyterian Secondary Scool de Nkwen près de Bamenda, au Cameroun, le 5 novembre. Nous appelons au retour immédiat et en toute sécurité de ces étudiants et de leur personnel dans leurs familles. 
 
Les États-Unis expriment leur grave préoccupation face à la crise anglophone naissante dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun. 
 
Nous demandons qu'il soit immédiatement mis fin aux attaques aveugles dirigées contre les civils et aux incendies de maisons par les forces gouvernementales camerounaises, ainsi qu'aux attaques perpétrées par les séparatistes anglophones contre les forces de sécurité et les civils. 
 
L'intimidation systématique fondée sur l'appartenance ethnique et religieuse, notamment à Yaoundé et à Douala, doit cesser. 
 
À la mémoire du missionnaire américain Charles Wesco et de tous ceux qui ont perdu la vie dans la crise anglophone, nous exhortons toutes les parties à mettre fin à la violence et à entamer un dialogue de réconciliation généralisé sans conditions préalables.»
 
Heather Nauert
Porte-parole du Département d'Etat
Washington DC
Le 6 novembre 2018

Sam Mayem

 

: Afrique Monde