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Madagascar : Journées à haut risque ce week-end

2018-11-03 19:10:36 - L’ambassade de France à Madagascar a donné l’alerte. Elle appelle ses ressortissants dans la capitale à la prudence ce week-end ainsi que le lundi qui le suit (et qui sera le dernier jour de campagne électorale), soit les 3, 4 et 5 novembre prochains. L’éventuelle perturbation de circulation en ville, dans le cadre de la dernière ligne droite de la campagne électorale du scrutin du 7 novembre, en est la cause évoquée, mais le risque des échauffourées n’est pas non plus à écarter au vu de l’amplification de l’adversité entre les candidats et leurs partisans respectifs ces derniers temps.

Les derniers jours de la campagne électorale sont en effet à haut risque, notamment pour la capitale à cause de la montée de violences verbales et parfois physiques entre les partisans des candidats qui vont tenir simultanément leurs meetings à Antananarivo. Ce samedi par exemple, Andry Rajoelina a prévu de clôturer en grande pompe sa propagande au Coliseum à Antsonjombe alors que Marc Ravalomanana bouclera également la sienne au stade de Mahamasina. Le lendemain, c’est-à-dire dimanche, Hery Rajaonarimampianina effectuera un grand meeting au Coliseum.
 
Mais la directrice de campagne du candidat de HVM, Onitiana Realy, a déjà émis des doutes sur la tenue du meeting de son candidat. « Pour des mesures de sécurité, nous ne savons pas encore s’il pourra se tenir ou non », déclare-t-elle lors d’une émission télévisée diffusée sur plusieurs chaînes privées dans la soirée de vendredi. Après le meeting d’Andry Rajoelina, ce samedi, les partisans de Hery Rajaonarimampianina entendent fouiller au peigne fin les lieux par mesure de sécurité.
 
Cette méfiance manifeste des partisans du président sortant est officialisée dans un appel lancé par l’ancienne ministre de la Population à l’endroit du candidat Andry Rajoelina de rappeler à l’ordre ses partisans parce qu’ils sont trop agressifs. Ces comportements agressifs des partisans du candidat du Mapar ont déjà été dénoncés par d’autres candidats comme Marc Ravalomanana. Toutefois, les partisans de ce dernier sont également pointés du doigt par ceux de l’ancien président de la Transition pour leurs violences.
 
Cerise sur le gâteau : ces deux candidats avaient porté plainte auprès de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour des faits de violences à l’ égard de leur partisans. La première plainte a été déposée par Andry Rajoelina le 27 octobre dernier et la deuxième par Marc Ravalomanana le 29 octobre. Lors d’un point de presse donné hier à son siège à Alarobia, la CENI indique avoir transmis les deux plaintes au niveau des juridictions compétentes en la matière.
 
Le président de la CENI, Hery Rakotomanana, affirme avoir entendu et pris en compte les critiques et plaintes émises par les candidats et leurs partisans respectifs, mais il demande de ne pas les utiliser à des fins politiques pour ne pas envenimer la situation politique actuelle dans le pays. Il en a également appelé aux membres de l’exécutif de faire preuve de neutralité, car la participation des membres du gouvernement et de leur staff à la campagne électorale aurait également été signalée.
 
En tout cas, beaucoup pensent que ces agressions et violences encore qualifiées de mineures dans le cadre de la campagne électorale ne sont que des signes précurseurs d’une nouvelle crise politique post-électorale.
 
Arena R-Madagascar tribune

: Afrique Monde