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Cameroun – Diaspora Vs artistes et chefs traditionnels sardinards : Après K-Tino, Coco Argentée annule son concert en Allemagne

2018-11-02 23:43:27 - La mesure de boycott par leur diaspora  des hommes de culture et autres notabilités traditionnelles camerounais  qualifiés « d'artistes sardinards » et « chefs traditionnels pain-sardines » fait des ravages sur les concernés.

La Sardinarde Coco Argentée
 
La chanteuse populaire camerounaise Coco Argentée fait partie de ceux dont la diaspora camerounaise a mis les noms sur une liste d'artistes dont les prestations dans leurs pays de résidence doivent être boycottées par les Camerounais, en raison de leur soutien au dictateur camerounais, Paul Biya, pendant la campagne électorale. Pour éviter un fiasco, elle annulé un concert qu'elle devait donner en Allemagne le 3 novembre.
 
Avant elle, c'est une autre chanteuse populaire, généralement controversée pour les paroles de ses morceaux aux relents pornographiques, K-Tino, qui  avait annulé son concert prévu à Paris le 31 octobre, arguant du fait qu'elle voulait éviter un affrontement entre ses fans et des manifestants ayant appelé au boycott. 
 
 
La Sardinarde K-Tino
 
Auparavant, cette dernière artiste qui, comme tous les pro-Biya voient la main de l'opposant Maurice Kamto et de ses militants derrière tous leurs troubles, avait demandé au cadidat à l'élection présidentielle qui affirme avoir gagné contre Biya, d'interpeller ses militants au sujet de ce boycott qui constitue une atteinte à la liberté d'opinion et de choix politiques des artistes visés. Bien plus,elle avait menacé de trainer Maurice Kamto devant « la Cour Internationale des Droits de l'Homme et des Libertés individuelles pour que les membres et dirigeants du parti MRC prennent leur responsabilité » (Sic).
 
Des menaces qui n'ont nullement ébranlé les auteurs du mot d'ordre de boycott qui affirment être dans leur bon droit de mettre en quarantaine des artistes qui, censés être des porte-parole du peuple qui souffre de la dictature du régime impopulaire de Paul Biya, ont plutôt opté de faire chorus avec celle-ci, montrant ainsi leur insensibilité à la cause de la majorité des Camerounais. 
 
On a ainsi pu lire sur les réseaux sociaux des déclarations y relatives du genre :
 
«Tout promoteur de spectacle diaspora qui programme encore les artistes SARDINARDS sera boycotté jusqu'à sa faillite».
 
«La diaspora ne doit plus financer l'economie des INGRATS et des SARDINARDS».
 
Ci-dessous une  liste non exhaustive des artistes qui seraient visés par le boycott, pour avoir donné un concert géant le 6 octobre 2018, la veille du scrutin, pour manifester leur soutien au candidat Paul Biya, au pouvoir depuis 1982.
 
 
La diaspora camerounaise n'a aucunement inventé la mesure de bannissement des artistes soutenant les régimes impopulaires. La diaspora congolaise réunie sous la bannière d'un groupe dénommé « les combattants congolais »   s'était signalée dans le même sens il y a quelques temps,  en marquant leur rejet des musiciens, de la République Démocratique du Congo (Rdc)  ayant soutenu publiquement le régime de Joseph Kabila.
 
Il est à noter que les artistes ne sont pas les seuls à être visés par le boycott de la diaspora,qui vise également certains chefs traditionnels qui brillent par leur excès de zèle dans le soutien de Paul Biya. 
 
Pour l'instant, le plus indexé serait le chef supérieur de Baham, un groupement de l'Ouest du cameroun qui compterait parmi ses fils un certain Maurice Kamto, et dont le chef, Sénateur d'obédience Rdpc (parti au pouvoir) vouerait une détestation innommable contre la personne du leader du Mrc, au point où, selon des sources proches de son palais même,il aurait donné des consignes à ses notables pendant la campagne électorale pour qu'aucun de ceux-ci, ni leurs familles n'introduisent le bulletin de Kamto dans l'urne, sous peine de malédiction. 
 
Il est même accusé –information difficillement vérifiable- d'avoir non seulement contribué à la falsification des résultats des urnes pour faire perdre le candidat de l'opposition dans son propre village, pour plaire davantage à paul Biya, mais aussi d'avoir fait arracher le téléphone portable d'un représentant de Maurice Kamto, pour que celui-ci ne filme pas les procès-verbaux pour les envoyer via l'application Whatsapp au Quartier général de son parti qui s'atteait dès la fin des opérations électorales, à la compilation des résultats  de chaciun des près de 25.000 bureaux de votes installés sur l'ensemble du territoire national.   
 
Au sujet du chef Pouokam Max II de Baham, on peut lire ce post sur le mur Facebook de notre confrère Le Quatrième Pouvoir : 
     
« CAMEROUN-SOCIÉTÉ : LE CHEF BAHAM PERSONNA NON GRATA AU SEIN DE SA COMMUNAUTÉ EN FRANCE
Face à la menace de boycotte par les fils et filles baham de France, les femmes baham de France renoncent à faire venir leur chef en France pour assister à leur soirée de Gala. Les bamilékes étaient réputés pour leur dévouement envers leurs chefs, mais là, c'était avant. Affaire à suivre. »
Ulrich Armel / le quatrième pouvoir
 
Outre le chef Baham, d'autres chefs traditionnels bamilékés seraient aussi au ban de leurs communautés de l'étranger. Il s'agit des chefs  Bangangté, Bandjoun et  Bahouan, qui auraient joué un rôle important dans la falsification des résultats favorables à Maurice Kamto dans leurs groupements respectifs, en faveur de leur ami Paul Biya.
« Le peuple bamileke doit bannir à jamais ,ces trois judas et leur complices, les huer à chacune de leur sortie en public, et la Diaspora doit les boycotter », a-ton pu lire à leur sujet sur les réseaux sociaux.
 
La mesure de boycott des artistes et chefs coutumiers pro-Biya ne fait cependant pas l'unanimité, ses adversaires y voyant une sorte de dictature insidieuse avant l'heure, de la part de ceux qui pensent qu'on devrait les laisser exprimer librement leurs choix, mais estiment que  ceux qui ne pensent pas comme eux sopnt à bannir : 
 
« Dans se cas si vous mourrez en France, anterrez vos corps en France pas à baham, ignorants, on vous a dit que la politique c'est la guerre, boutman », écrit un internaute sur Facebook, vite rejoint par un autre qui remarque : « Donc,tous les Baham doivent voter kamto? Et vous dites que vous êtes des démocrates! Il faut vraiment un changement de mentalités au Cameroun. ».
 
L'ingénieur statisticien Dieudonné Essomba, connu  pour ses prises de position contre le régime Biya, mais qui s'est découvert ces derniers temps une vocation d'anti-Kamto notoire, évoque quant à lui la prise en otage de la culture camerounaise par la « meute » pro-Kamto.
 
 
Sam Mayem

: Afrique Monde