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Cameroun : Que cache l'incendie du Palais des Congrès ?

2018-10-26 17:41:32 - « Au voleur ! », cria l'inconnu. Puis dans la foule compacte, un individu prit ses jambes à son cou et détala. C'était lui le voleur. Voilà à qui se résume la réaction fébrile et frileuse du pouvoir de Yaoundé suite au grave incendie qui a ravagé jeudi le hall A du Palais des Congrès de Yaoundé. 

Les Camerounais en étaient à déplorer le drame survenu en début de matinée impactant gravement la configuration de l'immense joyau architectural, que Yaoundé mobilisait déjà son armada propagando-communicationnel  pour démentir une information qui n'existait que dans son esprit : « l'incendie du batiment ravagé n'avait pas pour but de détruire les documents relatifs à la dernière élection présidentielle (procès-verbaux des bureaux de votes, des commissions locales et départementales de supervision et autres rapports) dans la perspective d'une éventuelle confrontation avec  les documents détenus par l'opposition, dont le candidat Maurice Kamto qui continue de soutenir mordicus qu'il a remporté le scrutin au regard des documents en sa possession », a-t-on pu lire ça et là dans les colonnes des médias et réseaux sociaux proches du régime, ou ameutés contre rétribution pour le boulot. 
 

 
Mais qui avait donc lancé une telle accusation ? Mystère et boule de gomme ! 
 
Quand on se défend avant d'avoir été accusé, c'est qu'on se reproche quelque chose.
 
Pas étonnant donc qu'après cette tentative de noyer le poisson, les réseaux sociaux se soient enflammés, convergeant tous sur la probabilité que le régime ait ourdi à travers cet incendie une machination  aux visées très sombres, même si on n'a pas idée que les documents de l'élection aient pu se trouver au Palais des Congrès en général, ou dans le bâtiment passé par les flammes en particulier, quoique tout soit possible au Cameroun, propriété privée du régime Rdpc-Biya.
 
En attendant que les enquêtes annoncées par le Directeur Général du Palais des Congrès pour déterminer les causes exactes de l'incendie soient menées et leurs résultats rendus publics, le régime pourrait aller plus loin dans son plaidoyer prodomo avant procès en produisant simplement page par page, les documents (près de 25.000 procès-verbaux des bureaux de votes, 360 procès-verbaux des commissions locales de supervision, 58 procès-verbaux et rapports des commissions départementales, le procès-verbal et le rappor de la Commission Nationale de Recensement des Votes et les minutes des audiences  du contentieux électoral au Constitutionnel) qu'il se défend d'avoir brûlés.
 
Cela pourrait déjà permettre de comparer les siens à ceux de Maurice Kamto, et pourquoi pas, de vider d'une certaine manière  le contentieux électoral, qui est loin d'être terlminé.  
 
Sam Mayem

: Afrique Monde