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Cameroun/Présidentielle2018- La preuve (par les faux résultats de l'Ouest) du trucage électoral qui donne Biya vainqueur

2018-10-14 01:39:24 - Alors que les premiers  résultats sortis des urnes quelques heures après la clôture des opérations électorales dimanche donnaient Maurice Kamto vainqueur dans au moins quatre des dix régions du Cameroun, quatre régions dont celle de l'Ouest où il caracolait à plus de 59% des votes favorables,  des fuites organisées au sein de la Commission  nationale de supervision de l'élection présidentielle en évidence des manipulations  visant à inverser la tendance, et à faire passer en force le candidat Paul Biya, président sortant, au pouvoir depuis 1982.

Ces résultats consignés sur les procès verbaux des commissions ayant siégé dans les 8 départements de l'Ouest détonnent par leur différence très prononcée d'avec les résultats compilés entre la nuit de dimanche à lundi qui ont permis à Maurice Kamto d'affirmer dans l'après-midi du 8 octobre qu'il avait tiré au succès le pénalty qui lui avait été décidé par les électeurs, véritable arbitre du match de la course à la présidence de la République.
 
On se rend compte par exemple que dans le département du Bamboutos, l'un des départements les plus hostiles au régime Biya, où un ballon avait été symboliquement remis par les populations à Maurice Kamto, longtemps même avant le début de la campagne, avec pour mission de tirer le penalty de l'élection présidentielle et de le marquer pour mettre hors d'état de nuire politiquement  son principal adversaire Paul Biya, Maurice Kamto ne fait qu'un minable score de 22,89% avec    16836 votes favorables recueillis sur les 73542 valablement  exprimés, et est battu à plate couture par Paul Biya, l'homme politique camerounais le plus impopulaire de ce département, qui recueille quant à lui 45414 voix, devançant de loin avec 61,75%.
 
Idem dans le département d'origine de Maurice Kamto, les Hauts-Plateaux où, grâce aux retouches effectuées sur  les résultats  « actualisés »,  Paul Biya rafle 13712  des  25631 suffrages valablement exprimés et s'octroie ainsi un taux de votes favorables de 53,5%, laissant Kamto se débrouiller avec 10002 voix  pour 39,02%.
 
Le renversement de situation se poursuit s'observe dans le département du Koung-Khi, très voisin es Hauts-Plateaux qui a plébiscité  Kamto selon les résultats détenus par l'opposition dont copies nous a été refusées, ses membres affirmant ne pas vouloir se démarquer de leur démarche initiale qui a consisté à prévenir les Camerounais et la communauté internationale, sans pour autant vouloir se mettre en marge de la loi électorale à travers la communication des résultats chiffrés. Dans le Koung-Khi, en effet, sur 22932 suffrages valablement exprimés, Paul Biya récolte  11275 voix et  l'emporte à la majorité absolue avec 52,56%, tandis que Kamto obtient 8918 voix pour 34,13%. 
 
Les résultats du département du Ndé( où le président Paul Biya s'en est sorti avec une majorité très confortable au regard du procès-verbal de sa commission de recensement détenu par l'opposition, soit un peu plus de 60%),  ont également fait l'objet de manipulations, au point où les résultats "officiels" en voie d'être acheminés au Conseil Constitutionnel  donnent Biya bénéficiaire de 30617 des 42211 des suffrages valablement exprimés, donc pour 72, 53%, tandis que Kamto se retrouve avec  8726 votes favorables pour 20,67%. 
 
Une de nos sources à ELECAM affirme cependant que des départements de l'Ouest où le candidat du parti au pouvoir pouvait pourtant espérer au moins faire jeu égal avec  Maurice Kamto, à défaut de lui damer le point en raison du maillage du terrain politique par ses partisans parmi lesquels on compte des élites gouvernementales et du monde des affaires,  ont résisté avec un succès quasi-total aux tripatouillages, orchestrés par les chargés de mission de Paul Biya. 
 
« Dans ces départements dont les représentants du candidat Kamto se sont montrés  plus vigilants et rigoureux, l'avance prise par Maurice Kamto sur le président dans les urnes a été considérée », ajoute notre source, citant le département du Haut-Nkam où sur un total de 37536 suffrages
  
Kamto obtient 19147 voix pour 51,01%, et Paul Biya, 14868 pour 39,61%.  
 
Le département de la Menoua  où Kamto arrive en tête tant dans  les  serveurs d'Elecam que dans les serveurs du MRC avec 35241 (46,68%) des 75487 suffrages contre  pour 32972 Biya (43,68%), et celui de la Mifi  où 44056 des 74594 suffrages valablement exprimés, soit 59.06% vont à Kamto, réduisant Biya à souffrir son plus mauvais score à l'Ouest : 22317 votes, soit  pour 29,91%, participeraient de la même logique que dans le Haut-Nkam.
 
Entre fraude électorale habituelle et mise en œuvre du mot d'ordre tribaliste  « Tout sauf Kamto » ?
 
Il nous est cependant revenu que la manipulation des résultats à l'Ouest vise à démontrer que « malgré les gesticulations de Kamto qui a annoncé sa victoire dès le lendemain de l'élection alors que les commissions communales officielles avaient à peine commencé à éplucher les PV », ce candidat de l'opposition n'est même pas capable de gagner une élection contre Paul Biya dans son fief électoral qu'est l'Ouest. 
 
Du moins celui que des Camerounais qui ne considèrent les hommes politiques que sous le prisme de leurs origines lui attribuent. A fortiori sur l'ensemble du Cameroun
 
Nous n'aurions ainsi obtenu les résultats évoqués ci-dessus –selon certaines indiscrétions- que grâce à des fuites organisées par des responsables du parti au pouvoir qui ont noyauté l'organe électoral, ELECAM, dans le but de « préparer l'opinion à une défaite de Maurice Kamto qui ne peut pas pas gagner à l'Ouest, et ne peut donc par voie de conséquence gagner ailleurs » 
 
Les manipulations réelles ou supposées des résultats électoraux à l'Ouest qui en annoncent d'autres à travers le pays tiendraient alors du développement de la conception locale du jeu politique corroborée par un méphitique slogan désormais monnaie courante sur les lèvres des partisans ethno-fascistes du régime sortant et finissant  de Paul Biya, selon lequel jamais un  natif de l'Ouest (Bamiléké) n'accèdera à la plus haute charge de l'Etat : la présidence de la république. Une règle non écrite sur fond de fausse maxime, aux conséquences incalculables pour un Cameroun  qui, de plus en plus avec une fierté indue, chante plutôt faux son hymne à l'unité nationale depuis la restauration du pluralisme politique. Car il ne faut pas l'oublier c'est depuis que Paul Biya s'est rendu compte que son pouvoir pouvait être ébranlé par d'autres acteurs politiques, qu'a été actionné le levier tribalisant de la politique, avec une telle fureur que  la notion de « vivre ensemble » qui en constituait le refrain, n'est plus de nos jours qu'un terme de propagande évoqué à l'occasion par des politiciens véreux.
 
«  Jamais un Bamiléké au pouvoir » ? Ou plutôt « Tout sauf un Bamiléké »  -pour reprendre les termes "officiels" de ce mot d'ordre inlassablement crié urbi et orbi, aussi bien par les partisans affirmés du régime que par de prétendus opposants dont l'esprit a  été formaté à la haine 36 ans durant  par les  bons soins d'un pouvoir qui ne recule devant rien pour diviser les Camerounais afin de mieux les asservir. Le fameux stratagème du   « divide and rule »,   voilà la nouvelle donne qui  a résolument surinvesti le champ politique camerounais, et qui  est en train de se matérialiser par le trucage des résultats électoraux à l'Ouest. Où l'on tente de montrer que même dans cette région d'origine des Bamilékés, on a déjà compris que les natifs du coin n'ont pas à aspirer à la présidence de la République. 
 
L'idée est d'ailleurs tellement répandue dans le pays par les fossoyeurs de son unité, véritables artisans d'une sécession tranquille qui n'ose pas encore dire son nom, que même les Bamouns du département du Noun, cousins germains et cohéritiers avec les Bamilékés de la région de l'Ouest, en sont à la relayer comme des moutons de Panurge. Dans leur département du Noun où les « autochtones » ont juré qu'ils préféreraient voir Biya demeurer au pouvoir pour 100 ans encore plutôt que de voir un Bamiléké être élu président, les Bamoun se seraient tiré une balle dans le pied lors du dernier scrutin en accordant plus de voix au président sortant qu'à leur chouchou habituel, le Dr. Adamou Ndam Njoya, leader du parti Union démocratique du Cameroun (UDC).
 
En effet, en raison manifestement de certains soucis de santé, le Dr. Ndam Njoya, un des opposants de la première heure au président Biya, et l'un des rares à être resté constant dans son choix politique, a été absent tout le long de la campagne électorale, alimentant ainsi de nombreuses rumeurs dont celle de son décès. Le jour des élections, ses partisans, popur la grande majorité les populations autochtones du Noun comme lui, ne voulant pas voter pour le Bamiléké, ont donné la majorité de leurs voix à Paul Biya, permettant à celui-ci de devancer le héraut du Noun dans le Noun, pour la première fois depuis plus de 20 ans. 
 
Youssouf Mbouombouo et Sandra Andeme

: Afrique Monde