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Présidentielle 2018 : Cabral Libii revendique sa victoire et dénonce les péchés capitaux de la force de l'expérience de la fraude.vidéo

2018-10-10 22:57:49 - La posture responsable, le ton mesuré mais ferme, le candidat du Parti Univers à l'élection présidentielle du 7 octobre 2018, a fait une annonce relative au déroulement  du scrutin, au cours d'une conférence de presse qu'il a donnée mardi.

Se félicitant du regain d'engouement des Camerounais pour la chose politique traduit par leur forte mobilisation pendant la campagne électorale et lors du scrutin de dimanche,  Cabral Libii a constaté que le peuple, assoiffée de changement, avait déjà remporté une victoire : celle de la mobilisation pour la réalisation de ses aspirations.
 
S'il se considère par ailleurs comme le potentiel vainqueur de cette élection, monsieur Libii estime cependant qu'il n'a pas encore réuni toutes les preuves de sa victoire, mais que son équipe et lui s'y attèlent. Et que par voie de conséquence, si  celle-ci était établie, il ne laisserait personne la lui voler.
 
Il a par ailleurs déploré la dispersion des forces de l'opposition à l'occasion de cet événement politique majeur, mais a appesanti sa dénonciation sur les fraudes ourdies par  le camp de son principal adversaire, le président  de la République sortant, Paul Biya, dont il a fustigé la force de l'expérience de la fraude.
 
En attendant la proclamation des résultats qui sont aux termes de la loi électorale camerounaise une prérogative exclusive du Conseil Constitutionnel, le candidat a dit se réserver le droit de saisir les instances compétentes pour contester certains faits illégaux relevés pendant le déroulement du scrutin.
 
Pour lui, les Camerounais doivent donc rester mobilisés pour la suite de l'affaire. Et ce en toute responsabilité. 

  

Lire ci-dessous l'intégralité de la déclaration de Cabral Libii.
 
DÉCLARATION DE CABRAL LIBII A PROPOS DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 
 
Citoyennes et citoyens;
Mesdames et Messieurs les journalistes, observateurs internationaux et nationaux,
Qu'il me soit permis 48 heures après la clôture du scrutin et avant l'épuisement des 72 heures prévues par la loi pour la saisine du Conseil Constitutionnel, une mise au point.
 
Je viens ici signifier à l'opinion nationale et internationale, que le Cameroun vient de tourner une nouvelle page de son histoire, au regard de la très courue élection présidentielle qui vient de se tenir tant dans la Diaspora camerounaise que sur toute l'étendue du territoire à l'exception des localités en crise, ce que nous regrettons amèrement.
 
Vous êtes tous témoins que jamais depuis l'avènement du multipartisme, une élection n'a produit autant d'effervescence et d'engouement chez les camerounais en général et la jeunesse en particulier.
 
Les citoyens camerounais épris de changement se sont mobilisés avec l'ardente volonté de changer les choses par les urnes, bravant une idée suicidaire selon laquelle tout était joué d'avance et que le régime sortant du haut de sa machine de fraude et de corruption électorales depuis 36 ans, ne pouvait être battu aux élections.
 
Et c'est précisément cette perception très avantageuse au régime sortant, qui a donné le dégoût de la chose politique à presque tous les citoyens camerounais, sans perspective d'emploi, réduits à la précarité, et laissés pour compte par les promesses du régime non tenues. Très peu parmi eux désormais pouvaient continuer de croire à une alternance politique à la tête de l'État. Sur plus de 14 millions de personnes en âge de voter au Cameroun, moins de 6 millions seulement se faisaient inscrire sur les listes électorales ; et même, dans certaines élections le taux d'abstention a avoisiné les 50%.
 
Pour changer cet état de choses, j'ai entrepris de me mobiliser au bénéfice tant de la République que de tous mes concitoyens sans exclusion aucune. La première étape a été la mobilisation de mes concitoyens à s'inscrire sur les listes électorales dès avril 2017 à Douala. Au regard de la forte réceptivité de cet appel citoyen faisant manifestement écho aux légitimes et profondes aspirations de tous, il s'est imposé à moi et à mes équipes de bénévoles de devoir parcourir toute l'étendue du territoire pour ensemencer dans les esprits de nos compatriotes, l'impératif d'expression de leurs droits civiques.
 
Cette croisade aura été par ailleurs l'occasion pour moi d'établir l'inacceptable niveau de précarité existentielle sanitaire et pécuniaire de nos citoyens en zones rurales et urbaines. Etant allé jusque dans les régions du Nord-Ouest et du Sud -Ouest du pays au moment où les armes crépitaient de partout, il est important de relever que la paix est un préalable pour tous.
Notre projet de société d'un Cameroun qui protège et qui libère les énergies est la réponse que nous avons apporté à tous les camerounais qui adhérant à cela, se sont non seulement mobilisés financièrement pour rendre possible mon éligibilité à la magistrature suprême, mais se sont en outre massivement rendus tant aux meetings qu'aux urnes. Je saisi cette occasion pour vous réitérer à tous mes sincères remerciements pour votre indéfectible soutien car nous avons déjà réussi l'historique victoire de la mobilisation citoyenne.
 
Il y a un temps pour chaque chose, le temps de l'éveil d'une conscience politique a indiscutablement resurgi dans l'esprit de la jeunesse camerounaise en particulier et dans celui des adultes de bonne foi, poussés par l'exaspération.
 
Ils se sont rendus compte qu'au lieu de prendre des armes comme mode d'expression de leur ras-le-bol, une manière de faire aux conséquences imprévisibles contre laquelle nous devons tous nous prémunir, il faut prendre plutôt le bulletin de vote, l'arme la plus puissante pour le changement. Nous avons remporté la victoire du regain d'attrait vis-à-vis de la chose politique, nous avons remporté l'éclatante victoire de la mobilisation populaire pendant la campagne, il nous reste à remporter la victoire électorale finale.
 
L'élection du 7 octobre 2018 a révélé les fruits de notre respectable labeur au travers de l'enthousiasme dans la participation. Mais elle a aussi révélé dans toute sa splendeur, la force de l'expérience de la fraude. Le scrutin a été scandaleusement émaillé de graves irrégularités avec parfois des atteintes à la personne physique dont certains de nos représentants ont été victimes.
 
A Yaoundé, plusieurs électeurs ont voté dont un policier au centre de Yaoundé 4 alors que leurs noms ne figuraient pas dans la liste des votants ; Plusieurs milliers de camerounais ont été privés du droit de voter alors qu'ils disposaient formellement de leurs cartes d'électeurs ou de récépissés ; Cela n'était aucunement un fait de hasard ce d'autant qu'aucun candidat à cette élection présidentielle ne peut se prononcer avec exactitude sur le nombre total de bureaux de vote ou d'électeurs;
 
Dans l'arrondissement de Metet, Département du Nyong et So'o, nos représentants dont certains sont présents, ont été violentés physiquement, ils sont encore traumatisés tout comme une dame de la localité d'Obout qui du fait de son engagement citoyen a été menacée de licenciement, banie de la localité expulsée de son logement qu'elle occupait et actuellement dans un désarroi indescriptible ; Dans plusieurs localités nos bulletins de vote n'étaient quasiment pas présents notamment dans le Mayo Kani, et dans le Moungo;
Dans la région de l'Ouest, nos représentants ont été menacés parfois brutalisés physiquement. Dans certaines localités, la loi de la corruption entretenue par certains de nos concurrents a préjudicié la sincérité du vote.
 
Dans d'autres localités nos représentants ont été purement et simplement chassés des bureaux de vote sur instruction d'une élite locale, c'est le cas dans le Mayo Kani dans toutes les zones rurales.
 
Dans plusieurs localités les votes multiples et les bourrages d'urnes étaient légion;
Dans plusieurs pays, Suisse, France, Algérie et autres, nos représentants n'ont pas eu accès aux bureaux de vote alors même que toutes les formalités avaient été observées; Toutes ces irrégularités mesdames messieurs sont gravissimes.
 
Comment peut- on sortir un représentant de parti politique d'un bureau de vote en le tenant par le collet, puis le jeter dans un véhicule manu militari pour aller l'abandonner pour lynchage public à des dizaines de kilomètres comme cela a été le cas dans le Nyong et So'o?
 
Cela est inadmissible. Un Pouvoir qui pose des actes aussi ignobles pour son maintien peut-il être garant de la paix et de la stabilité ? J'en doute. Je tiens à saluer la responsabilité et la bravoure du peuple camerounais.
 
Nonobstant toute cette ridicule tricherie orchestrée sans surprise, par des spoliateurs de notre Etat, le peuple s'est exprimé. Cet appareillage frauduleux a montré ses limites. Les informations qui nous parviennent et les procès-verbaux
qui nous remontent, l'attestent.
 
Nous continuons à collecter les informations et les procès-verbaux. Cette tâche devrais-je le rappeler est fastidieuse. Nous nous y investissons avec méthode et vigilance.
 
Et si au bout de cette opération objective de collecte et de vérification, notre victoire est établie, je dis bien si et seulement si, elle est établie, je ne laisserai en aucun cas celle-ci être volée par quiconque, car cette victoire serait celle du peuple camerounais assoiffé de changement. Je demande donc aux camerounais de rester mobilisés et debout, dans l'attente d'une proposition de démarche d'action que je leur proposerais en cas de tentative de vol de leur victoire. J'appelle à la conscience des gouvernants sur les conséquences imprévisibles d'une quelconque forfaiture.
 
Toutefois, nos avocats au regard du caractère hautement scandaleux des irrégularités dont nous continuons à collecter les preuves, se réservent le droit de saisir ou non la juridiction compétente.
 
Comme je l'avais d'ores et déjà déclaré, le challenge de 2018 n'est pas celui de la victoire de l'opposition, mais celui de la démonstration de celle-ci. Nos appels à la mutualisation pour la constitution d'un socle commun de contrôle du vote nous aurait sans doute épargné des regrettables effets de la force de l'expérience de la fraude.
 
J'exhorte néanmoins l'entourage présidentiel et d'autres sangsues de la patrie tapies dans les cercles du pouvoir, qui vivent de la misère du peuple et qui n'hésitent pas éhontément à appeler à la solidarité de celui-ci lorsqu'ils sentent leur mangeoire menacée, à garder à l'esprit que le Cameroun n'est pas une propriété privée, mais un héritage commun au peuple camerounais. Vous l'avez- vous-mêmes constaté.
 
Cet édifice est entouré en ce moment de centaines de membres des forces de l'ordre. Où étaient-ils lorsque nos camarades étaient violentés le jour du vote ? C'est l'irréfutable démonstration du mépris de l'humain de nos gouvernants au seul profit de leurs prébendes. Qu'ils sachent bien, que le peuple s'est désormais choisit un leader ferme dans ses convictions, intègre et visionnaire qui le conduira immanquablement vers la victoire.
 
J'en appelle également au sens de la responsabilité du centralisateur des votes ELECAM, qui est tenu dans l'intérêt de la patrie, de faire son travail et rien que son travail dans la transparence la plus totale. Notre destin à tous en dépend.
 
C'est le lieu de préciser ici, de préciser que 11 Millions de Citoyens et le parti Univers forment une dynamique politique et citoyenne qui offre une exaltante communion aux camerounais des 10 régions du Cameroun. Ces camerounais solidaires, indépendamment de leurs ethnies, dans leurs souffrances.
 
Je remercie mes compatriotes des 10 régions qui se sont investis corps et âmes dans notre combat sans jamais se poser la question des origines tribales des uns et des autres. Ne soyons pas dupes. Je mettrai un point d'honneur à tenir éloigné de notre dynamique de changement tout abaissement ethnique.
 
Je redis avec force, si la paix et la stabilité de ce pays qui nous sont tous chères se dégradent, la responsabilité sera largement partagée par ceux qui méprisent le peuple.
 
Quant à moi, je m'évertuerai tant que le contexte le permettra, de demeurer patriote et à l'écoute de mon peuple qui m'a toujours soutenu.
 
Merci à tous.
Que Dieu bénisse le Cameroun.
 
Ndam Njoya Nzoméné
 

: Afrique Monde