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Cameroun-Terreur : Des sécessionnistes enterrent un fonctionnaire vivant, amputent un autre et kidnappent plusieurs personnes

2018-10-04 01:38:34 - Un climat de terreur intense traverse depuis mardi le village Mambim dans l'arrondissement de Babessi (département du Ngoketunja, région du Nord-ouest), où de présumés éléments d'un  groupe armé séparatiste ont procédé dans la nuit de lundi à mardi, puis mercredi, à des enlèvements et à des exécutions de personnes. 

Au nombre des personnes enlevées, le maire de la commune de Babessi, militant du parti au pouvoir (le Rdpc) et proche du chef du village Bangolan, Chafack Isaac XI, récemment nommé Sénateur par le président Paul Biya dont il est un des fervents soutiens. A l'heure où nous mettons en ligne, peu d'informations filtrent au sujet du maire capturé par les présumés séparatistes qui ont en horreur toute personne accusée de proximité avec le régime de Yaoundé. On sait néanmoins –de sources convergentes et sûres- que deux de ses collaborateurs, des cadres de la commune, ont subi un sort inhumain : l'un des deux, que les "soldats" de la cause ambazonienne accusent de jouer les indicateurs pour les éléments des forces de défense camerounaises qui les traquent et les tuent, a été enterré vivant, et un autre cadre de la commune qui a récemment surpris en train de guider des éléments du tristement célèbre Bataillon d'Intervention rapide dans les villages pour débusquer et assassiner sans procès des membres des groupes armés séparatistes, s'est vu quant à lui amputé des jambes et des bras.
 
Les séparatistes dont les méthodes de rétorsion n'auront bientôt plus rien à envier à celles inhumaines de l'armée camerounaise ont aussi capturé des chefs de familles qu ont refusé jusqu'ici d'apporter la contribution par eux exigée à leur effort de guerre.
 
C'est le cas d'un ressortissant du Noun, Nji Iliassou, établi dans le village Mambim, séparé de Babessi par un cours d'eau d'environ   quatre mètres. 
 
Connu pour être nanti, Nji Iliassou, comme tous les habitants du village, avait été sommé par les séparatistes, il y a quelques de verser une contribution volontaire d'un montant décidé par lui-même, pour permettre aux soldats de la sécession de se nourrir et d'acheter des munitions leur permettant de faire face aux forces de l'ordre camerounaises. Il aurait opposé une fin de non recevoir à cette sollicitation qui était au début amiable, et a campé sur sa position quand elle s'est fait plus pressante, non sans faire savoir aux séparatistes qu'il était installé sur le territoire de la région du Noun, donc de la région de l'Ouest, francophone, et n'ayant rien à voir avec les menées des séparatistes anglophones. 
 
En début de semaine, les "ambas-boys" (appellation familière des éléments des groupes armés de l'imaginaire  "république fédérale d'Ambazonie") sont revenus à la charge et lui ont exigé formellement une somme de 50.000 francs CFA (environ 88 dollars US), faute de quoi, lors de leur prochain passage, ils enlèveraient l'une de ses épouses. Il leur répondra qu'il ne prendrait pas le risque de passer aux yeux des éléments de l'armée camerounaise pour un financier des sécessionnistes  parce que ceux-là pourraient également le tuer ainsi que toute sa famille et incendier leur maison.
 
Face à son refus obstiné, les "ambas-boys" sont revenus en force mercredi et ont emmené de force Nji Iliassou dans leur repaire où ils  ont menacé de l'enterrer vivant s'il ne versait pas une somme de 100.000 francs  Cfa (175 dollars US). Séance tenante, ils ont inhumé devant lui un agent de la commune et ont sauvagement amputé un autre. Il a fallu que la famille de Nji Iliassou à travers le Cameroun se mobilise financièrement toute la journée pour qu'il garde la vie sauve et soit libéré par les séparatistes une fois que ces derniers sont rentrés en possession de la rançon. 
 
Le rescapé témoigne que d'autres personnes restent encore aux mains des sécessionnistes et attendent encore, pour recouvrer la liberté,  que leurs familles viennent payer les rançons exigées. Il a ajouté que pendant son séjour d'une journée dans le maquis ambazonien, d'autres personnes kidnappées ont continué d'y être trainées.     
 
Sam Mayem

: Afrique Monde