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Congo-RDC: Rencontre secrète Kabila-Katumbi aux Etats-Unis : Tempête dans un verre d'eau, fake et montage grossier de la Kabilie

2018-09-30 18:16:52 - Le président hors-mandat donc usurpateur de la RDC, Joseph Kabila et l'un des ses plus farouches opposants, Moïse Katumbi,  entretiendraient-ils des relations collusoires ou tout simplement incestueuses ? Se sont-ils rencontrés et entretenus entête à tête aux Etats-Unis en marge de la 73ème Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies ? C'est ce que laisse penser une vidéo postée vendredi sur la chaine Youtube  de "CNTLIVE NEWS EN BREFT !" et commentée en grande partie en Lingala, langue la plus pratiquée au Congo-Kinshasa. 

 Quand ? Où ? Comment ? Et pourquoi cette rencontre a-t-elle eu lieu ? Difficile de répondre à l'une ou l'autre de ces questions, tant il est vrai que la vidéo révélant le "pot aux roses" qui fait le buzz sur le média social  ne permet pas déjà en lui-même de distinguer clairement la présence simultanée et querellée de Joseph Kabila et Moïse Katumbi dans un même hôtel. 

Toujours est-il que le commentateur qui fait état du fait que Moise Katumbi pris la main dans les sac par Les combattants congolais lors de sa visité privée à Kabila (New York), ainsi que les huées de la foule qui présente qui taxe « Moïse » de collaborationnisme semble accréditer la thèse d'une rencontre secrète entre les deux hommes. Et c'est tout !
 
 Sauf que jusque là, l'on n'a toujours aucune preuve de la collusion. Et c'est cette absence de preuve tangible justement de la rencontre présumée ou réelle qui permet de questionner la pertinence et la motivation de la vidéo et des commentaires et autres illustrations qui l'accompagnent.
 
 En effet, ce n'est un secret pour personne que dans le courant de la première décade de ce mois de septembre, Moïse Katumbi qui a fait du combat pour la transparence de la prochaine élection présidentielle en RDC dont le corolaire n'est et ne saurait être autre que le départ du pouvoir de Joseph Kabila et de sa clique son cheval de bataille, a, de son exil bruxellois, entrepris un voyage aux Etats-Unis,  pour activer les soutiens internationaux du peuple congolais dans la perspective de susciter davantage de pression au plan international à l'encontre d'un régime assassin qui, même si son chef a fini par rendre les armes suite à la pression populaire conjuguée aux manifestations des mouvements de la société civile (Comité Laïc de Coordination de l'Eglise catholique, Lucha et autres) n'en demeure pas moins déterminé à perpétrer un coup de force électoral pour perpétuer sa mainmise sur le pays. 
 
 En son temps, et c'était bien avant que Joseph Kabila fasse le déplacement de New-York pour participer à la 73ème Assemblée Générale de l'ONU,  le journal congolais  "LE POTENTIEL" avait souligné que que Moïse Katumbi était en lobbying aux Etats-Unis pour faire un plaidoyer pour des bonnes élections. Dans des termes non équivoques, le journal révélait : « Quoi qu'écarté de la course présidentielle par la volonté du pouvoir en place à Kinshasa, écrit ce journal, Moïse Katumbi, leader d'Ensemble pour le changement, ne lâche pas prise. Son combat pour la libération de la RDC par l'alternance démocratique est désormais inscrit dans la durée. Depuis son quartier général de Bruxelles, Katumbi a repris son bâton de pèlerin. Direction : les milieux décisionnels américains à venir en aide au peuple congolais en situation de détresse. ».
 
 Plus en détail, notre confrère évoquera une affaire de « Diplomatie parallèle », en relevant dans son article "Kabila et Katumbi à New York : chassé-croisé diplomatique" : « Contre toute attente, le président Kabila a fait le déplacement de New York où il assiste à la 73ème Assemblée générale des Nations Unies. En même temps, enchaine le journal, « son opposant et leader d'Ensemble pour le changement, Moïse Katumbi, a choisi d'y marquer aussi sa présence. Du coup, la bataille d'agendas s'y invite sur fond d'une guerre de lobbying auprès de groupes d'intérêts respectifs. » 
 
 Dans la même foulée, la plateforme Ensemble pour le changement avait annoncé lundi dernier, l'arrivée à New-York le lundi 24 septembre de l'opposant Moïse Katumbi et de sa délégation, avec cette précision de taille : ils auront « plusieurs jours de travail dans l'objectif de plaider pour la paix et la fin des tueries provoquées par le régime de Kabila, et plaider pour la vraie démocratie».
 
 Voilà donc qui peut d'une certaine manière expliquer la présence  aux USA, d'ailleurs antérieure à celle de Kabila, du leader d'Ensemble pour le changement, et probablement, le fait qu'ils aient tous les deux pris leurs quartiers dans le même hôtel, indépendamment d'un quelconque agenda politique secret, l'un pouvant ignorer que l'autre y est descendu, et vis versa. L'on pourrait dire les choses ainsi, au cas ou par extraordinaire, les deux personnalités se seraient retrouvées dans le même hôtel.
 
 Mais d'où vient-il que tout d'un coup l'on monte en épingle une histoire de rencontre secrète entre les deux adversaires politiques dont l'un au moins, Kabila en l'occurrence, voue une haine mortelle à l'autre, au point d'avoir fait des pieds et des mains pour empêcher celui-ci (Katumbi) de remettre les pieds dans son Congo natal pour y déposer sa candidature à l'élection présidentielle du 23 décembre prochain, alors qu'il est au moins établi qu'une candidature de Katumbi aurait eu pour conséquence de saucissonner les voix favorables à l'opposition, et donc de favoriser son camp à lui ? 
 
 La réponse parait simple : Les stratèges en communication –ou plutôt en manipulation- du clan Kabila auraient monté cette grossière affaire pour semer la confusion dans les esprits des partisans du changement, à un moment crucial de la vie politique congolaise où, même exclu du jeu par les bons soins de la "kabilie" rampante, Moïse Katumbie reste une figure fédératrice du combat du peuple de la RDC dont les coups font ou peuvent faire très mal dans le camp adverse.
 
 Du coup, il parait clair que la rencontre n'aurait jamais eu lieu,  pas plus que le "collabo" tout désigné ne s'est trouvé dans le même hôtel que celui que les prétendus vigilants "combattants" congolais aux USA sont censés combattre. SI l'on  ajoute à ceci le fait qu'on n'ait pas idée d'une récente mobilisation des Congolais des USA devant un hôtel New-yorkais où serait descendus monsieur Kabila et sa suite, on en arrive rapidement à la déduction que la vidéo " RDC: BA KANGI MOISE KATUMBI HOTEL MOKO NA KABILA EN LIVE SUIVEZ" est un vrai-fake.
Tenez : 

 
Et puis, pour un "collabo" qui aurait été pris la main dans le sac par les "combattants"… manifestement affiliés au régime qui ont réalisé le montage grossier  que serait  la vidéo « RDC: BA KANGI MOISE KATUMBI HOTEL MOKO NA KABILA EN LIVE SUIVEZ », il est quand même curieux qu'après le discours de Kabila à la tribune de l'ONU, Katumbi ait réagi à propos en cs termes : « Kabila travestit la vérité mais le peuple, l'opposition, la société civile et les partenaires connaissent le niveau d'insécurité en RDC, l'absence d'avancées du processus électoral, la triche qui se prépare. Nul ne doit le laisser faire, l'avenir du pays en dépend ».
 
Encore qu'un plus crédible que les "combattants" fabricants de fake news,   à savoir le site d'informations theeastafrican.co.ke, dédié au traitement de l'actualité en Afrique de l'Est, publiait le 27 septembre un article intitulé « Kabila and Katumbi fight for US favours », dans lequel il expliquait :
 
•    « The BGR Group, described in a press account last year as "a multi-pronged political powerhouse," is being paid an initial fee of $875,000 to represent the government of Joseph Kabila.
 
•    "Akin Gump, considered one of the most profitable and prestigious US lobbying firms, is meanwhile working on behalf of Moises Katumbi, one of President Kabila's strongest opponents. The wealthy Congolese businessman paid an upfront fee of $180,000 for six months' worth of Akin Gump's services.
 
•    "Both the Washington lobbying teams say they are working to promote free and fair elections in the DRC. But the government and its opponents hold sharply contrasting views of the DRC's sputtering electoral process.
 
Sous l'illustration de cet article constituée des photos de Joseph Kabila et de Moïse Katumbi, le sitait écrivait en légende : « Congolese President Joseph Kabila (left) and popular wealthy politician Moise Katumbi. The two have paid well-connected Washington lobbying firms to influence the US government policy toward the Democratic Republic of Congo.".
 
Allez donc savoir à qui profite le fake(!) de ces combattants pris à leur propre piège, et vous comprendrez pour qui et pourquoi ils roulent. 
 
Ndam Njoya Nzoméné
 

: Afrique Monde