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Madagascar : Les déchets s’amoncellent dans plusieurs quartiers d’Antananarivo

2018-09-22 14:51:59 - Lors du conseil des ministres du 19 septembre dernier, le chef de l’Etat par intérim, Rivo Rakotovao, a donné l’ordre à tous « les départements concernés, de prendre toutes les dispositions nécessaires face à l’urgence des actions d’assainissement et d’enlèvement des ordures, en coordination avec les collectivités et les services dédiés ». 48h plus tard, personne ne bouge le petit doigt. Aucune mesure ne semble être prise, du moins dans la capitale. Les ordures s’entassent partout et débordent même la route dans certains quartiers, sans parler des nuisances olfactives qui en découlent.

Les riverains indignés s’en plaignent, notamment dans le sixième arrondissement de la capitale. D’Ambohimanarina à Ambatolampy, en passant par Andranomena ou encore dans les autres quartiers qui longent la RN4, les ordures n’ont pas été ramassées depuis plusieurs jours. Elles dégagent des odeurs nauséabondes, insupportables. Mais il s’agit de loin d’un cas isolé. C’est également le cas à Anosibe, et dans la gare routière du Fasan’ny Karana : les déchets débordent les bacs à ordures.
 
Comme il fallait s’y attendre, les candidats à l’élection présidentielle ne manquent pas d’en faire une récupération politique. Pas plus tard que vendredi, Jean Louis Zafivao, le candidat N°29 s’est rendu à la gare routière de Fasan’ny Karana pour constater de visu l’amoncellement des ordures dans ce quartier. Il en a profité pour critiquer vertement le pouvoir en place qui « n’aurait pas pris ses responsabilités », indique-t-il. « Les collectivités territoriales n’y sont pour rien puisque c’est l’Etat qui gère les 77% des financements qui devront être attribués aux communes », regrette-t-il.
 
Concernant le cas de la capitale, Antananarivo, le problème ne date pas d’hier. Il résulte d’un « conflit administratif » entre l’Etat et la Commune urbaine concernant la gestion du budget et donc du Service autonome de maintien de la ville d’Antananarivo (SAMVA) qui devrait être rattaché à la municipalité de la ville des Mille, mais le gouvernement a toujours voulu rattacher au ministère de l’Eau. Résultats : le service se trouve dans une situation très délicate et d’insuffisance récurrente de budget de fonctionnement et le ramassage des ordures dans la capitale en pâtit.
 
Aussi bien les responsables de la Commune urbaine d’Antananarivo ou ceux des départements ministériels concernés ne sont pourtant pas sans savoir que l’amoncellement des ordures peut favoriser la propagation rapide des maladies comme la peste qui est actuellement de retour dans le pays. Et ce sont surtout les citoyens lambda qui en paient le lourd tribut. D’autant plus qu’on enregistre entre 600 et 700 tonnes d’ordures par jour dans la capitale.
 
Arena R.Madagascar-tribune
 

: Afrique Monde