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LES SOLDATS CAMEROUNAIS TUENT 27 CIVILS ET LES ENTERRENT DANS LES FOSSES COMMUNES

2018-09-10 13:57:37 - Selon l’Agence France Presse (AFP) citant le porte-parole de l’armée camerounaise le colonel Didier Badjeck, 3 sécessionnistes, auteurs présumés de la tentative d’attaque contre l’hôtel où logeait  le ministre de l’Éducation de base Youssouf Hadjidja Alim à Bamenda, ont finalement été tués par les forces de défense au quartier Nkwen, après de longues heures de poursuites et de combats.

Ces allégations sont démenties par la famille d’une des victimes, le regretté Ndifon Mbuwil. Sa grande soeur jure que son frère n’a rien à voir avec les sécessionnistes et livre le témoignage de son assassinat gratuit: ” Mon frère Ndifon Mbuwil a été tué par les forces de défense à mile 2 à Nkwen. Wilfried était l’un des trois à être tué dans une voiture Hilux blanche appartenant à Alhadji Sidiki, et les ramenait de Ndop. Cette Hilux ressemblait à la voiture avec laquelle les Ambazoniens ont attaqué l’hôtel du ministre”. La  dame précise  que son frère était  un commerçant basé dans la ville de Limbe et se trouvait à Bamenda dans le cadre de son travail.
 
Ce témoignage de la soeur de Ndifon Mbuwil corrobore d’autres dénonciations d’habitants de la ville de Bamenda, qui accusent les soldats camerounais  de commettre des  abus et même les exécutions sommaires des civils innocents.
 
Par ailleurs 27 corps ont été retrouvés dans le comté de Menchum après que l’armée camerounaise ait mené une attaque dans la localité de Yemngeh, à quelques kilomètres de Zhoa. L’odieuse découverte a été faite après que l’armée camerounaise ait déclaré dans un communiqué avoir tué plusieurs combattants séparatistes dans la région lors d’une opération menée mardi soir. Plusieurs témoignages dont un haut responsable chrétien de Weh, ont  laissé entendre que les corps auraient  été enterrés dans deux fosses communes, dont 17 dans la première, et 10 dans la seconde .
 
De nombreux civils auraient été blessés lors de cet assaut des forces de Défense camerounaise dans le comté de Menchum. De nombreuses personnes, dont des femmes et des enfants, se sont toutes réfugiés en brousse . Les soldats camerounais ont détruit le pont reliant Weh à Wum pendant les attaques et plusieurs maisons ont été incendiées, rapporte Philip William Tsayou.
 
Le journaliste francophone Michel Biem Tong révèle qu’après avoir perdu plusieurs de leurs camarades d’armes dans la localité de Zhoa, non loin de Wum au cours d’un affrontement contre les indépendantistes anglophones, les militaires ont organisé une expédition punitive dans ce village, tuant 2 jeunes civils. Bien plus, les militaires ont eux même enterré  leurs victimes mais aussi ont forcé les villageois à pauser, pour poster des photos de propagande sur les réseaux sociaux.
 
Une vidéo publiée le 7 septembre 2018 par ‘ CNA News’ ,  montre les images insoutenables de  4 personnes d’une même famille exécutées par les forces de défense . Revenant  de la ferme, Jonas Bezeng, secrétaire du presbytère Ekona Yard  et 3 de ses enfants ont été tués par des militaires camerounais, affirment des témoins sur place. À bord de leur voiture, le père et ses enfants ont été stoppés dans un bosquet. Les soldats camerounais ont ouvert le feu alors que le père s’est exécuté et n’avait aucune arme dans son véhicule.
 
Du côté du gouvernement , on dément toujours ces accusations, tout en soutenant que les abus signalés contre les éléments de l’armée camerounaise  font objet d’une procédure judiciaire et des sanctions le cas échéant. Cependant, on reste sans nouvelle de la suite de l’affaire des militaires arrêtés pour l’exécution de deux femmes et leurs enfants, et la deuxième vidéo montrant l’exécution sommaire d’une dizaine de civils.
 
Par CF

: Afrique Monde