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RDCongo : Nouveau mandat d'arrêt international contre M. Katumbi ou le vrai visage de la justice (politique) en R.D.C dévoilé

2018-08-18 14:48:00 - C'est le théâtral de la situation qui  cristallise les attentions et amuse plus qu'à son tour la galerie. Les autorités de la République Démocratique du Congo qui ont fait des pieds et des mains le 3 août pour empêcher l'opposant Moïse Katumbi  de fouler le sol congolais, alors qu'au même moment   elles n'arrêtaient pas d'affirmer que  l'homme politique était un fugitif  notoire s'étant subtilement  mis à l'abri en Belgique pour éviter que s'applique à son encontre une peine de trois ans de prison écopée dans le cadre d'une affaire foncière, sont subitement revenus de leur amnésie planifiée pour se rappeler qu'il faut vaille que vaille mettre le grappin sur leur dangereuse bête noire.

Résultat des courses, l'annonce jeudi à Kinshasa par l'erratique et controversé ministre "kabiliste"de la Justice,  Alexis Thambwe Mwamba, de l'émission par la justice congolaise d'un mandat d'arrêt international contre monsieur Katumbi.  Le ministre a annoncé par la même occasion que des pays africains et européens avaient été saisis au sujet de ce mandat d'arrêt contre cet ancien gouverneur du Katanga, aujourd'hui passé à l'opposition au sein de laquelle il dirige la plate-forme électorale Ensemble pour le changement.
 
Comme on s'en rend bien compte, ce dernier développement de la lutte à mort qui oppose  l'ancien bras droit de Joseph Kabila au régime de ce dernier qui a réussi au passage à l'empêcher de déposer sa candidature à l'élection présidentielle du 23 décembre prochain, est le signe que la justice congolaise, politisée et  (télé)guidée par l'exécutif dictatorial, a encore du chemin à faire pour acquérir ses lettres de noblesse. C'est aussi la manifestation de l'inconséquence des dirigeants congolais.
 
En effet, le 3 août, Katumbi était à portée de gueule de ces derniers qui n'avaient plus qu'à se saisir de lui pour le livrer à la justice qui l'avait condamnée, quitte à ce qu'il interjette appel à partir de son lieu de détention. Ils ne l'ont pas fait pour des raisons que l'on peut aisément  deviner, à moins qu'ils ne disent que pour la circonstance, un malheureux hasard a voulu que se vérifie ce proverbe wolof transcrit par le célèbre écrivain et conteur sénégalais Birago Diop, selon lequel « Quand ramasser devient aisé, se baisser devient difficile ».  C'est pourquoi ils auront du mal à faire avaler à l'opinion que le méga déploiement militaro-policier auquel ils ont procéder pour refouler Katumbi à partir de la frontière avec la Zambie, alors que celui-ci ne demandait –dans une certaine mesure- qu'à se livrer entre leurs mains, n'était pas à l'image du procès en sorcellerie à l'issue duquel l'opposant fut condamné à une peine privative de liberté de trois ans, ou n'avait pas la même finalité politico-politicienne : l'empêcher par le truchement de la justice de concourir à la magistrature suprême de son pays.
 
On se serait même attendu au lendemain des événements honteux du 3 août, à ce que la justice congolaise  initie des poursuites contre les autorités congolaises pour complicité de (ré)évasion. Hélas ! car ce sont là des attentes que l'on ne peut légitimement nourrir qu'à l'égard d'une vraie justice qui ne se trouve pas aux mains des automates obéissant au doigt et à l'œil à son maître, l'exécutif. Or la justice congolaise, comme la plupart des justices en Afrique, est à la vraie justice ce que le Canada Dry est à l'alcool : une pale ressemblance. Autrement dit, un gros « FAKE » !
 
Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde