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RDCongo: Retour de Katumbi en RD-Congo . Liesse à Kasumbales scènes de guérilla et ambiance de chaos à Lubumbashi

2018-08-04 03:25:17 - Aucune manœuvre d'intimidation n'est de trop pour le régime illégal en place en Rdc, déterminé à brider  l'opposant Moïse Katumbi  dans sa volonté de postuler à l'élection présidentielle du 23 décembre prochain

Cette détermination machiavélique d'écarter injustement de la compétition pour l'accession à la plus haute fonction de l'Etat en République démocratique du Congo a été une fois de  plus grossièrement démontrée ces quarante-huit dernières heures, par le régime qui s'est allié pour ce faire, les services de la justice.

Jeudi, c'est le parquet congolais qui a rendu public un communiqué, indiquant que Moïse Katumbi était qui est poursuivi pour recrutement de mercenaires et dont le procès a été renvoyé au 10 octobre, était "inculpé" pour "atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'État" et  sera "en état d'arrestation immédiate" dès son retour.
 
Vendredi, en effet, alors que les partisans de Katumbi et des milliers de Congolais étaient en ordre de marche pour aller lui réserver un accueil des plus chaleureux, le ministre de la justice, Alexis Tambwe  -pour qui l'opposant n'est ni plus ni moins qu'un fugitif-, a annoncé qu'un mandat d'arrêt avait été émis à son encontre la semaine dernière : « Le procureur général a émis un mandat de prise de corps, c'est-à-dire d'arrestation depuis la semaine dernière. Il a été envoyé à toutes les frontières. Il y a un jugement qui a été rendu, il y a deux ans, par un tribunal de Lubumbashi qui l'a condamné à trois ans avec arrestation immédiate.
 
C'est sur la base de ce jugement là et pas sur celui d'autres affaires. Le Code de procédure pénal que nous avons hérité de la Belgique, et que nous n'avons pas changé, est très clair. Lorsque vous êtes condamné avec arrestation immédiate, si vous êtes dans la salle on vous emmène en prison. C'est le juge d'appel qui prend la décision contraire. Lorsque vous n'êtes pas dans la salle, la première fois que l'on vous voit sur le territoire national, on vous arrête et on attend la décision du juge d'appel ».
 
Cette menace, couplée à l'éventualité de purger la peine de trois ans de prison à laquelle il a été condamné dans une affaire de spoliation immobilière –considérée par certain comme un procès politique- et pour laquelle il a fait appel, n'a pas pour autant dissuadé l'opposant de maintenir sa décision de retourner au bercail.
 
« Je suis en train de rentrer pour déposer ma candidature. Je suis à Kasumbalesa. Je ne rentre pas pour faire la guerre. Je sais que les Katangais m'attendent, je sais que tout le peuple congolais est dans l'attente. Je suis en train de rentrer. J'ai décidé de rentrer. Que le gouvernement fasse ce qu'il veut, moi, je rentre chez nous. Ils ont menacé de m'arrêter, ils ont menacé de me tuer, mais je suis en train de rentrer.
 
 
Je n'ai pas peur, je ne crains rien parce que je n'ai rien fait. Il y a une frontière, je ne veux pas entrer par la brousse. Je suis Congolais, je rentre chez nous »., a-t-il répondu aux sicaires du pouvoir, non sans leur donner des indications sur son itinéraire : « Je vais arriver au Katanga et j'irai au siège de la Céni. La Céni appartient à tous les Congolais, la Céni n'appartient pas à des individus parce qu'ils sont au pouvoir. J'irai à Kinshasa et je demande à la communauté internationale, à la Monusco, je ne viens pas avec des chars de combat, je viens pour postuler pour être candidat à la présidence de la République démocratique du Congo, j'ai besoin de leur protection parce que les autorités congolaises ne vont pas me protéger »
 
Face à cette détermination, le régime qui n'a exhibé les menaces que pour faire peur à ce challenger redoutable (ex-proche de Joseph Kabila) capable de faire mordre la poussière  au candidat du parti du président sortant, a changé de fusil d'épaule. Ainsi, au lieu d'attendre tranquillement que le "fugitif" foule le sol congolais pour lui mettre le grappin dessus, comme l'exige « Le Code de procédure pénal que nous avons hérité de la Belgique, et que nous n'avons pas changé », dixit Alexis Tambwe Mwamba, les autorités congolaises ont plutôt fait valoir leur refus d'autoriser l'avion à bord duquel voyageait Katumbi de survoler le territoire congolais ou de s'y poser.
 
Conséquence, les Congolais qui ont pris le risque d'aller accueillir leur idole politique à l'aéroport de Lubumbashi ont eu maille à partir avec la garde prétorienne kabiliste, qui a préféré utiliser la force pour leur faire changer d'avis.
Ce sera le cas par exemple d'un représentant du peuple, le député Christian Mwando, membre du Rassemblement de l'opposition, qui a dû affronter un officier visiblement analphabète qui s'évertuait  à l'empêcher de rejoindre l'aéroport de Lubumbashi où devait atterrir l'avion de Katumbi, pour une soi-disant "mesure de police".
 
Mais si les vives contestations du député ont fini par faire battre en retraite le médiocre et zélé agent, les autres Congolais désireux d'offrir à Moïse Katumbi un accueil à la dimension de leur sympathie pour sa personne inversement proportionnelle au sentiment de rejet qu'ils éprouvent pour Joseph Kabila, n'ont pas eu la même chance, eux qui ont essuyé coups de feu à balles aussi blanches que réelles, jets de gaz lacrymogènes et coups de triques, de la part de la police  et de l'armée qui  faisaient des pieds et des mains avec le concours d'agents des services secrets,  pour bloquer les principaux axes menant au  poste frontière de Kasumbalesa, porte d'entrée de Lubumbashi,  la deuxième ville du pays.
 
Cette mobilisation inédite des forces armées congolaises pour empêcher un seul opposant, qui plus est, supposé recherché  par la justice, a fait dire à l'ancien Secrétaire d'Etat adjoint américain aux africaines, Herman Cohen,  qui a lancé un message via Twitter pour expliquer que tenter d'empêcher le retour de  Moïse Katumbi ou de l'arrêter constituerait une atteinte grave à l'Accord de la Saint-Sylvestre et hypothéquerait la tenue des élections du 23 décembre qui en découlent.
 
Quelques images des affrontements au cours desquels les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles, sans pour autant décourager les partisans de Moïse Katumbi de l'extraire pour le ramener au Congo
 

Au moment où nous mettions en ligne, des incertitudes planaient toujours sur le sort même de Katumbi. Tout au plus sait-on que malgré le refus de la RDC de voir son avion atterrir à Lubumbashi, l'opposant qui devait décoller d'Afrique du Sud avait  demandé et obtenu des autorités zambiennes d'atterrir dans la ville de Ndola en Zambie, d'où il devait partir, par route, pour Kasumbalesa.  Compte tenu de ce contretemps, ses partisans ont quant à eux entrepris, de faire le chemin inverse, sur 90 kilomètres, pour aller le chercher et le ramener au pays où il serait arrivé en milieu de matinée.
 
 
 
Ndam Njoya Nzoméné
 
 
 
 
 
 
 
 
 

: Afrique Monde