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Cameroun : Un meeting de l'opposition alimentaire finit en queue de poisson 10 minutes après… dans un commissariat de police

2018-07-27 18:39:37 - Les néo-convertis du Biyaïsme voulaient faire de ce rassemblement organisé mercredi, une démonstration de force suite à leur annonce quelques jours auparavant de leur ralliement à la candidature du président sortant, le presque nonagénaire  Paul Biya, candidat à sa propre succession pour un mandat de sept ans après 36 ans de pouvoir.  Les choses ont tourné au vinaigre, et l'un des organisateurs a dû se réfugier dans un commissariat de police  pour échapper à un lynchage, et le meeting n'a même pas duré une dizaine de minutes.

Ils seraient 20 à soutenir Biya dans le cadre d'une plateorme dénommée "Majorité patriotique et républicaine". Mais depuis on n'en voit que moins d'une dizaine qui s'affichent. Qu'est-ce qui coince ?   

Réunis sous la bannière d'une soi-disant "Majorité patriotique et républicaine" (un regroupement de partis politiques sans envergure qui ont accepté de jouer au jeu de la fausse union des Camerounais derrière Paul Biya, en escomptant tirer quelques dividendes soit en termes  d'espèces sonnantes et trébuchantes, soit en termes de strapontins dans l'appareil politico-gouvernemental), ils ont eu la mauvaise idée de choisir pour théâtre de leur démonstration, un quartier dont les habitants sont réputés pour leur hostilité au régime Biya : le quartier Messa, plus précisément le marché Mokolo de Yaoundé.
 
Quelques jours avant le meeting, il s'est agi pour eux de mobiliser des jeunes par centaines pour faire foule, et démontrer à leur client Paul Biya, qu'ils avaient des troupes avec eux. Evidemment, ils comptaient ameuter contre rétribution, les désœuvrés des quartiers environnants pour venir donner de l'étoffe à leur exhibition.
Les "raisins" de la colère.
 
Personne ne boudant le moindre kopek qui peut permettre de survivre quelques heures dans ce pays où la misère étreint à la gorge la majorité de la population, des jeunes appâtés par le gain se sont rendus sur place en grand nombre. Et ont réussi à palier le nombre désespérément réduit des militants de la fameuse "Majorité patriotique et républicaine".
 
Malheureusement, affirment nos sources, les responsables de cette plateforme de circonstance n'ont pas cru digne de leurs hautaines personnes d'honorer le rendez-vous, et n'y ont envoyé que leurs porteurs d'eau prêcher la bonne nouvelle de la nécessité impérieuse de se rendre massivement dans les bureaux de vote le 7 ocobre prochain pour mettre le bulletin du président Biya dans l'urne. 
 
Ce que constatant les « je- m'invite" ont flairé le mauvais coup et requis la présence des leaders des partis avant le début  du meeting. Une présence que les dirigeants sur place ne pouvaient leur garantir. Les frondeurs ont alors changé de fusil d'épaule en demandant à être payés à l'avance. Impossible, les « représentants des responsables ayant plutôt tenté de mener leurs invités en bateau avec des promesses du genre, « repassez tel jour », écrivez vos noms et numéros de téléphone sur cette liste, le président un tel va vous rappeler pour vous donner… ». 
 
Les militants occasionnels qui ont eu le sentiment d'avoir  « perdu leur temps pour rien » ont donc entrepris de se faire payer sur le champ, de gré ou de force.
 
Flairant le danger qu'ils couraient face à ces têtes brûlées, les "représentants" ont pris leurs jambes à leur cou, à l'exception de l'un d'entre eux qui a passé un mauvais quart d'heure après avoir été encerclé.
 
Pus de peur que de mal cependant, car il a réussi à déjoué l'attention de ceux qui le tenaient en otage, et se refugier dans l'enceinte du commissariat de police du 2ème arrondissement de Yaoundé, situé à une dizaine de mètres du lieu du meeting, devenant dès lors inatteignable. 
 
Difficile de ne pas voir dans cette histoire banale, un signe fort de ce que sera la campagne pour la réélection "assurée" de Paul Biya en octobre prochain, et l'après réélection : une somme de rendez-vous manqués sur fond de fausses promesses et de spectaculaires ratés. Pour sept ans encore. Malédiction !
 
Sam Mayem

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