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Cameroun : Paul Biya décrète la présidentielle, l'Ambazonie (re)prend feu !

2018-07-13 03:54:21 - C'est fait ! Au Cameroun, Paul Biya a convoqué lundi le corps électoral pour l'élection du prochain président de la République. Dans un contexte de violences généralisées dans la partie anglophone du pays où ce qui était au début un mouvement de revendications corporatistes, avant de devenir plus tard une crise politique sur fond de menées séparatistes  appelée "Crise anglophone", est devenue une véritable guerre de sécession.

Dès le matin du 7 octobre 2018, les Camerounais désireux de s'impliquer activement dans les affaires de leur pays, du moins dans la forme –puisqu'il est établi dans ce pays que les élections ne sont qu'une formalité du reste inutile, le vainqueur étant presque naturellement connu d'avance- se rendront aux urnes pour désigner le successeur de Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans, et probable candidat à sa succession.
 
Telle est la principale stipulation du Décret présidentiel N° 2018/391 du 09 juillet 2018 signé par le chef de l'Etat camerounais, qui n'a pas dit s'il sera candidat ou non à sa propre succession, quoique les militants de son parti se mobilisent depuis pratiquement cinq, voire six ans, pour le "supplier" de briguer un septième mandat à la tête du Cameroun, en exhibant ce qu'ils présentent comme ses nombreuses réalisations : retour du multipartisme et de la liberté d'expression, valorisation des femmes dont on recense quelques-unes au sein du gouvernement, de l'administration préfectorale et du Haut-Commandement de l'armée. 
 
 Des arguments que la majorité des Camerounais battent en brèche, excipant non seulement du fait que le président au pouvoir depuis 1982 est resté trop longtemps au pouvoir, mais également de ce que sous son magistère, le Cameroun n'a fait que s'enfoncer dans les profondeurs des abîmes, pratiquement au jour le jour.
 
Pour ces derniers, la restauration du multipartisme piégé et de la liberté d'expression du reste étroitement surveillée  au Cameroun est le résultat des luttes des Camerounais qui ont payé pour cela le prix fort sans d'ailleurs réussir à obtenir le résultat  escompté de leur sacrifice  puisque seuls les pro-Biya sont plus libres que le reste des Camerounais qui ne font usage de leur liberté qu'à leurs risques et périls. La preuve, les mouvements d'humeur des Camerounais anglophones qui ont été si violemment réprimées dans le sang que ceux-ci ont fini par céder aux appels à la sécession que lançaient sans succès vers le milieu des années 1990, quelques-unes de leurs élites intellectuelles isolées.  
 
C'est le lieu justement de souligner, relativement à la guerre que se livrent les séparatistes anglophones et les forces armées camerounaises dans les régions anglophones, que celle-ci a grandi en intensité ces derniers jours, faisant de nombreux morts de parts et d'autres, dont trois policiers camerounaise (parmi lesquels un commissaire de police). 
Outre ces éléments des forces camerounaises assassinés par de présumés ( ?) combattants sécessionnistes qui ont de nouveau attaqué la ville de Buea lundi (jour où le président a convoqué le corps électoral), des enlèvements d'éléments de l'armée et de la police camerounaises sont également signalés.
 
Périls sur la présidentielle
 
Ces assauts répétés  que l'on impute aux sécessionnistes, mais qui pour certains ne seraient que des manœuvres du gouvernement pour légitimer une attaque d'envergure qu'il envisagerait afin d'enrayer définitivement le camp des adversaires de l'unicité et de l'indivisibilité du Cameroun, constituent à n'en point douter une menace sérieuse sur l'élection présidentielle dont la date vient d'être fixée. Du moins dans cette partie du territoire camerounais qui abrite 20% de la population nationale. 
 
Le quartier Mile 17 a été lundi le théâtre d'intenses combats entre combattants séparatistes  
 
La charrue devant les bœufs ?
 
Du coup se pose la question de savoir si le président qui a requis et obtenu du parlement la prorogation des mandats des députés et des conseillers municipaux -qui devaient arriver à leur terme en septembre prochain- a vu juste en convoquant l'élection présidentielle avant d'avoir pu régler que ce soit par les armes ou par le dialogue- la crise en zone anglophone. 
 
Une chose est certaine, à moins de délocaliser dans les régions francophones la partie du scrutin devant se dérouler dans les zones en crise, les armes devront tonner encore plus fort si le gouvernement veut, conformément aux principes qui régissent un Etat de droit,  imposer sa tenue dans cette partie du pays où les mordus de l'Etat fantasmagorique d'Ambazonie considèrent comme des ennemis et traitent  donc en conséquence tous ceux -anglophones et francophones confondus-  qui se soumettent –même sous la contrainte-  aux lois et règlements du Cameroun.
 
Election présidentielle ? Oui ! Mais ça s'annonce chaud devant !
 
Par Ndam Njoya Nzoméné

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