Nombre total de visites : 3614217
Aujourd'hui : 282
En ligne actuellement : 2

Madagascar : Election présidentielle. La précampagne en désordre

2018-07-05 17:53:33 - Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a avoué hier l’incapacité de cette commission à maitriser cette période de pré-campagne électorale.

« Nulla crimen, Nulla poena sine Lege », voulant dire qu’il n’y a pas de crime s’il n’y a pas de loi. En effet, l’inexistence d’un cadre juridique devant régir cette période de précampagne laisse libre les candidats et potentiels candidats dans leurs actions. « La Ceni ne peut rien faire, ni rien apporter face à la situation actuelle. Nous sommes soumis à la Constitution et aux lois en dehors desquels nous sommes incompétents. Nous n’agissons que suivant ce que prévoient les textes », regrettait alors Hery Rakotomanana.
 
Certains candidats ou potentiels candidats s’en donnent déjà à cœur joie en entamant leurs campagnes électorales. Andry Rajoelina en tournée continue dans la partie Nord de la Grande ile est en train de promouvoir son fameux IEM. Ce dernier incite même implicitement la population à voter pour lui le jour venu. L’ancien premier ministre, Jean Ravelonarivo, et candidat déclaré avait fait publier dans certains journaux une affiche qui ressemblerait à s’y méprendre à une affiche de campagne électorale.
 
Pourtant, la loi organique sur les élections définie clairement les actes de propagandes. Dans l’article 92 de cette loi, il est précisé que « Constituent des moyens de propagande électorale et référendaire, les réunions publiques, les défilés, les cortèges, les rassemblements, toutes les activités publicitaires dans les différents médias audiovisuels, écrits et électronique, ainsi que toute autre activité visant à amener les électeurs à soutenir et à voter pour un candidat ou une liste de candidats en compétition dans une élection, ou une option dans une consultation référendaire ». Il est ainsi clair que ces candidats sont partis en propagande bien avant l’heure.
 
La CENI avait soumis une proposition de texte au gouvernement qui l’a malheureusement rejetée. La mise en place d’un code d’éthique et de bonne conduite à été envisagé afin de palier à ce grand vide.
 
Pour le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, ce genre d’agissement profitant de l’absence de règles pour faire ce que bon lui semble n’est pas digne d’un candidat à la magistrature suprême.
 
Ny Aina Rahaga - Madagascar-tribune

: Afrique Monde