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Cameroun : 2 militants du parti au pouvoir assassinés au Cameroun.Tchiroma désigne les (séparatistes) coupables avant l'enquête

2018-06-18 22:07:03 - 48 heures après l'assassinat crapuleux d'un couple dans la localité de Batibo dans la région anglophone du Nord-ouest, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma, a effectué une sortie lundi pour dénoncer cette tragédie, en établir la cause et indexer leurs auteurs.

Si les causes de cet assassinat et l'identité de ses présumés auteurs telles qu'établies par le ministre camerounais paraissent vraisemblables,  ses révélations sont cependant jugées comme étant  quelque peu fantaisistes, voire hâtives, du moins  en l'absence de toute enquête policière préalable. A en croire des observateurs habitués aux déductions intempestives du ministre de la Communication  qui, il y a quelques années, suite au décès à la prison de Kondengui du journaliste Bibi Ngota, avait déclaré que celui-ci était décédé du VIH-SIDA, alors que tout le monde savait que le malheureux journaliste  avait été préalablement torturé à l'électricité dans les locaux de  la Direction Générale des Recherches Extérieures (services secrets camerounais) pour avoir fait partie d'un trio de journalistes enquêtant sur une affaire louche impliquant l'ancien ministre d'Etat  Secrétaire Général de la Présidence et actuel ministre d'Etat chargé de la Justice, Laurent Esso, et qu'il n'en était ressorti qu'étant à l'article de la mort. 
 
« Issa Tchiroma qui s'était alors érigé en médecin-légiste, se fait aujourd'hui officier de police judiciaire et s'en arroge les prérogatives pour révéler les conclusions d'une enquêtes qui n'a pas encore été menée », remarque un journaliste dont la rédaction a reçu lundi la déclaration du porte-parole du gouvernement camerounais.
 
Blaise-Pascal Kenfack, activiste du mouvement citoyen "Pour  Un Cameroun Anglophone-Francophone Ensemble" pense quant à lui que « La déclaration du ministre ne vise qu'à orienter les enquêtes à venir, ou à justifier une action répressive de grande ampleur dans la zone anglophone, par ces temps où les regards de la communauté internationale sont rivés sur le Cameroun à cause des actions  très critiquables des forces  gouvernementales  contre les populations anglophones, punies injustement pour  les assauts menés par des groupes armés se réclamant des séparatistes. ».
 
Ci-dessous l'intégralité du communiqué du ministre Issa Tchiroma
    
« Le ministre de la Communication informe l'opinion publique nationale et internationale qu'un couple civil constitué du nommé MUZAM et de son épouse Madame MUZAM Mary NGAH, âgés respectivement de 47 et 42 ans, a été froidement assassiné ce samedi 16 juin 2018 vers 16 heures 30 minutes au quartier dit Atanga, sur l'axe reliant l'arrondissement de Batibo, département de la Momo, région du Nord-Ouest au village de Ambo situé dans le ressort territorial du même arrondissement. Le jour du drame, les infortunés se rendaient au chevet d'un de leur parent, la mère de Monsieur MUZAM, pour lui apporter du réconfort dans une maladie à laquelle elle fait face depuis quelque temps. Rendus sur place, ils ont été kidnappés par leurs bourreaux, qui après les avoir bâillonnés, ligotés et leur avoir bandé les yeux, les ont conduits devant la chapelle des lieux, avant de les abattre, visiblement au moyen d'armes à feu.
 
Les corps des malheureuses victimes ont été déposés à la morgue de l'Hôpital de Batibo.
 
Il y a lieu de relever que ce crime aurait été commis en représailles à l'engagement de ce couple à faire vivre l'école à Atanga, ainsi qu'en raison de leur militantisme politique favorable au RDPC, le Parti au pouvoir. En effet, Dame MUZAM Mary, fortement soutenue par son époux, était jusqu'à sa mort, Présidente de la sous-section OFRDPC de Batibo. C'est sous cette bannière que le dit couple avait fait fi du mot d'ordre de boycott
 
des festivités marquant la 46è fête de l'Unité nationale le 20 mai 2018, et s'était fortement impliqué pour la réussite locale de cet important évènement national.
 
Au nom du gouvernement, le ministre de la Communication prend une fois de plus à témoin la communauté nationale et internationale, face à l'obscurantisme et la dérive sanguinaire de ces bandes terroristes, qui n'ont que faire des valeurs civilisationelles et des impératifs de paix, de stabilité et de tolérance mutuelle qui gouvernent notre Nation. Cet acte ignoble – un de plus parmi tant d'autres, perpétrés contre d'innocentes populations civiles - a suscité une vive émotion au sein de la population de cette localité et plongé des familles entières dans un désarroi inqualifiable. Deux des enfants des défunts âgés de 10 et 6 ans, ont été récupérés par la Gendarmerie Nationale et conduits à l'état-Major de la Légion du Nord-Ouest. Contact a été pris avec leur sœur aînée âgée de 24 ans qui réside à Douala, pour la garde de ses cadettes.
 
Le président de la République, Son Excellence Paul Biya adresse aux familles si durement éprouvées ses condoléances les plus attristées. Le chef de l'État, a par ailleurs instruit que des mesures urgentes et appropriées soient prises pour porter secours à la famille des disparus.
 
Au nom du gouvernement, le ministre de la Communication rappelle la fierté de la Nation tout entière à l'endroit de nos Forces de défense et de sécurité, pour leur engagement et leur professionnalisme exemplaires dans ce combat qu'elles mènent sans relâche, pour le triomphe des idéaux de paix, de stabilité, de souveraineté d'intégrité territoriale de notre Nation».
 
Issa Tchiroma Bakary

Sam Mayem et Natondi K.

: Afrique Monde