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Madagascar : Déclaration de l’armée. Un autre ultimatum pour l’exécution de la décision de la HCC

2018-06-03 19:32:03 - « Madagascar ne mérite pas d’être l’otage de certains groupes de partis (…) Par rapport à cette crise, nous devons chercher des solutions viables et réalistes pour que cette crise ne perdure pas ».

Tels ont été les mots du général Beni Xavier Rasolofonirina, ministre de la défense nationale lors d’une conférence de presse hier à son bureau à Ampahibe. Selon cette déclaration, les protagonistes et sources de la crise politique actuelle ont intérêt à se conformer et exécuter la décision rendue par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC).
 
Cette nouvelle réaction des forces de l’ordre résulte sans doute du fait des tergiversations dans l’exécution de la décision de la HCC. « Si la lecture et l’interprétation de la décision de la HCC posent problème et sont utilisés par les politiciens comme une autre raison de ne pas avancer dans la résolution de la situation actuelle, le pays tomberait dans l’impasse sans que personne ne puisse en tirer réellement bénéfice, la recherche de solution devrait être la priorité des priorités pour les protagonistes actuelles », d’après cette déclaration de l’armée.
 
Situation d’exception
 
L’armée donne ainsi un ultimatum aux deux protagonistes de recourir aux dispositions de l’Article 61 de la Constitution dans le cas où ces derniers ne trouvent pas d’accord ou de solution à cette crise politique. L’article 61 de la Constitution dispose que « Lorsque les Institutions de la République, l’indépendance de la Nation, son unité ou l’intégrité de son territoire sont menacées et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics se trouve compromis, le Président de la République peut proclamer, sur tout ou partie du territoire national, la situation d’exception, à savoir l’état d’urgence, l’état de nécessité ou la loi martiale. La décision est prise par le Président de la République en Conseil des Ministres, après avis des Présidents de l’Assemblée Nationale, du Sénat et de la Haute Cour Constitutionnelle. »
 
Toutefois, faut-il souligner que la proclamation de cette situation n’incombe pas à l’armée mais au président de la République. D’autre part, si Hery Rajaonarimampianina pense recourir à cette alternative, il devrait le faire tant que le gouvernement n’est pas dissout pour laisser place au gouvernement de consensus. Or, la nomination du premier ministre de consensus devrait normalement intervenir ce jour même. Quoi qu’il en soit, la meilleure solution reste toujours celle des urnes, selon de nombreux observateurs. Le pays n’a aucun intérêt à ce que les pouvoirs du président de la République soient renforcés dans le cadre d’une situation d’exception.
 
Par Ny Aina Rahaga - Madagascar-tribune.com
 

: Afrique Monde