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Madagascar : La rencontre au sommet tombe plus bas. Pas d’accord politique, ni réconciliation

2018-06-02 23:36:03 - Une pagaille. La deuxième journée de la rencontre au sommet initiée par le Conseil pour le Fampihavanana Malagasy (CFM) au Centre de conférences international d’Ivato, hier vendredi a tourné au vinaigre. Pas de décision prise, ni d’accord politique ou encore moins de réconciliation. Au contraire, la réunion s’est terminée par un « râlé-poussé », une dispute violente suivie des coups, laissant comme un goût d’inachevé.

Quelques heures après la fin des travaux des deux commissions chargées de trouver une issue à cette crise traversée par le pays actuellement, un soi-disant « résumé » de la concertation des politiciens a été lu par le Dr Hery Raharisaina. Un résumé à six points qui stipule entre autres la nécessité de la mise en œuvre d’une rencontre nationale, de la refondation et de la réconciliation nationale qui garantissent une nouvelle Constitution et la nomination d’un nouveau Premier ministre selon les dispositions de la décision de la HCC du 25 mai dernier relative à la requête en déchéance du Chef de l’Etat, Hery Rajaonarimampianina.
 
Des voix se sont très vite élevées, protestant contre ce résumé. « Ce n’est pas ce que nous avons décidé », « Ce n’est pas ce qui a été écrit », scandent la majorité des participants. Le CFM est désormais qualifié de « Menteur ». C’est le début du remue-ménage. Mais ce qui suit, notamment la coupure des micros des participants, la clôture sèche et rapide de la rencontre ainsi que la sortie des membres de bureau de cette entité en charge de la réconciliation nationale, est loin d’arranger les choses.
 
Les participants qui ont refusé de quitter la salle de réunion se sont mis alors à lire un autre « résumé » des travaux des commissions qu’ils qualifient « d’authentique ». Cette fois-ci, on parle d’un accord politique, d’un pacte de la refondation et de la réconciliation nationale ainsi que la mise en place d’une Haute autorité pour la refondation et de la réconciliation nationale. Voici un extrait de ce « résumé » :
 
Les acteurs et entités politiques signataires de ce pacte de la refondation et de la réconciliation nationale, après l’appel du 2 mai 2018 des forces armées et la décision 18/HCC d- relative à une requête en déchéance du président de la République, s’engagent, selon le présent accord politique, à :
 
Reconnaitre que depuis le 21 avril, Madagascar est entré dans une période de crise profonde que nous sommes en face d’une occurrence cyclique de crise nécessitant la mise ne œuvre urgente, immédiate et impérieuse de la refondation de la nation dès la signature de cet accord
 
Adopter une convention pour la refondation et la réconciliation nationale, nouveau cadre juridique fixant les fonctions des nouvelles institutions.
 
Mettre en place pour l’intérêt supérieur de la nation, une gestion inclusive et consensuelle de la mise en œuvre de la refondation par la création Haute autorité de la refondation nationale.
 
Mette en exergue les intérêts du peuple malgache et s’engager pour le changement largement revendiqué par la majorité et garantir le respect de la démocratie dans tous ses aspects.
 
Collaborer avec la communauté internationale disposée à accompagner le processus de la refondation et des élections futures d’une manière franche et sincère dans l’intérêt réciproque des différentes parties
 
Assurer la continuité de l’état, le maintien de l’ordre public, le redressement national et le bien-être des Malgaches.
Organiser des « fihaonam-bem-paritra, distrika », et un « fihaonambem-pirenena » afin d’impliquer toutes les forces vives de la nation au changement futur pour la refondation qui assureront le déroulement des élections libres et transparentes, reflétant la volonté de la population, sous la responsabilité d’un nouvel organisme national et indépendant.
 
Par Vavah Rakotoarivonjy - Madagascar-tribune
 
 

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