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RDC- Attention, Danger : Kabila se prépare pour un 3ème mandat. Avec la complicité de la Monusco !

2018-05-27 22:05:55 - La fixation par le régime congolais d'un calendrier électoral prévoyant l'élection présidentielle ainsi que les élections législatives et provinciales au 23 décembre 2018 est loin d'avoir mis fin au suspense ou d'avoir éloigné de ce pays le spectre d'un embrasement de type guerre civile totale. 

En attestent la sortie sur Radio Okapi d'un juriste flagorneur-né en la personne de Jean Cyrus Mirindi, et un compte-rendu de ses démarches à Maître Jean Mbuyu Luyongola, Conseiller Spécial en matière de Sécurité de Kabila (lien en fin de page), au sujet de ses rencontres avec des responsables de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (Monusco), qui laissent voir un personnage inconséquent et sulfureux , se débattant comme un beau diable, pour faire passer en force l'idée qu'en violation de la loi fondamentale de la République Démocratique du Congo qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels pouvant être accompli par un même individu, Joseph Kabila Kanambe a la possibilité d'arracher un troisième mandat présidentiel.
 
Si les multiples reports de l'élection présidentielle en RDC depuis la fin du mandat de Kabila en 2016 ont démontré à suffisance que ce dernier nourrit la malsaine volonté de surprendre désagréablement ses compatriotes en imposant sa présence à la tête de l'Etat –que ce soit dans le cadre d'une transition interminable ou d'un mandat supplémentaire- par la force et la ruse, alors que  les assassinats par la soldatesque de Kabila des dizaines de citoyens congolais -qui exigent depuis 2017 que le président hors mandat  (donc illégal et illégitime) de la RDC déclare publiquement qu'il respectera la Constitution du pays en ne sollicitant pas un autre mandat présidentiel- ont montré que le régime veut avoir le peuple congolais à l'usure, un soi-disant juriste et chercheur en droit dénommé Jean Cyrus Mirindi, vient de révéler au monde sans le vouloir, la trame de la tragédie que Kabila est en train de préparer en RDC, même après avoir affirmé qu'il respectera la Constitution : se présenter à l'élection présidentielle du 23 décembre 2018, quitte à plonger le pays dans la pire des instabilités qu'il ait jamais connu depuis son accession à l'indépendance le 30 juin 1960. 
 
Jean Cyrus Mirindi qui semble se prévaloir de son indigence intellectuelle a tenté le 23 mai, lors de l'émission de débat "Dialogue entre Congolais" diffusé sur Radio Okapi, de balader les opinions congolaise et internationale sur les sentiers tortueux d'une interprétation brumeuse de la constitution congolaise, en son point relatif à la clause de limitation des mandats présidentiels.
 
Ainsi, à l'en croire, le fait que l'élection présidentielle à venir de 2018 se fasse dans le cadre d'un scrutin à un tour, alors que Kabila a été élu en 2006 et réélu en 2011 dans le cadre d'un scrutin à deux tours permet tout simplement à l'actuel locataire du "Palais de la Nation"   de briguer un autre mandat en raison du principe de non-rétroactivité des lois. Autrement dit, quoique la Constitution limite toujours à deux le nombre de mandats présidentiels, Kabila peut être candidat pour deux mandats encore, soit en 2018 et en 2023. Ensuite, il lui suffira de faire voter par le parlement une modification du type de scrutin en le ramenant à deux tours, pour être éligible en 2028 et 2033… et ainsi de suite, jusqu'à la fin des temps.
 
Pour ne pas arrêter en si bon chemin l'embrouillamini dans lequel il veut entrainer son monde, cet avocat des causes perdues colle aux Accords de la Saint Sylvestre (31 décembre 2016) qui accordait à Kabila le mandat de diriger le pays entre la fin de son 2ème et dernier mandat en 2016 et l'organisation avant fin 2017 de l'élection présidentielle, une interprétation, mieux une ambition dont lesdits accords ne se sont jamais prévalus.
 
A ce propos, animé d'une inqualifiable mauvaise foi, monsieur Mirindi persiste à mettre entre parenthèses le fait que c'est la Constitution de la RDC qui limite à deux les mandats présidentiels, et s'obstine à imputer la responsabilité de cet état de chose aux Accords de la Saint Sylvestre, comme si le fait que Kabila doive respecter la Loi fondamentale qui lui dicte sans autre forme de procès une sortie de scène dès la fin en 2016 du mandat qu'il a obtenu en 2016, et le fait qu'il devait rester à la tête de l'Etat à la suite d'un arrangement politique pour  organiser des élections avant fin 2017 étaient synonymes. 
 
Et la Monusco dans tout ça ?
 
Là où le bât blesse l'âne c'est que la Monusco, bien que consciente de l'énorme danger que représente une tentative de Kabila de suggérer seulement l'éventualité de sa candidature à la présidentielle annoncée, n'a pas hésité à prêter le flanc aux manœuvres de ce juriste analphabète visiblement mandaté par le clan Kabila pour leur façonner un ou des mandat(s) présidentiels supplémentaires.
 
En fait si l'on peut comprendre que la tentation du pouvoir à vie pousse Kabila et ses courtisans à croire que le reste de l'humanité est constitué d'idiots congénitaux qui peuvent avaler n'importe quelle déjection,  on peut difficilement comprendre que la Monusco ait seulement accepté de prêter une oreille attentive à son émissaire Mirindi, alors qu'il est on ne peut plus clair que la question de l'inéligibilité  de Kabila à une autre quelconque élection présidentielle est non négociable, non seulement du point de vue de la Constitution, mais aussi et surtout de la situation politique au Congo dont ils sont les témoins vivants de la tendance au rejet massif de la personne de monsieur Kabila et de sa horde d'assassins.
 
Il ne serait pas exagéré de constater que par cette attitude qui puise dans les ressorts du ponce-pilatisme le plus méphistophélique, la Monusco est en train de donner le sentiment d'avaliser l'embrasement futur de la République Démocratique du Congo du fait du pouvoirisme  maladif de Kabila et compagnie, et qu'elle entend assister en spectateur passif à cet autre drame qui se prépare. Et comment ne pas arriver à une telle déduction, quand on sait que mandaté pour « recourir à tous les moyens nécessaires pour mener à bien son mandat concernant, entre autres, la protection des civils, du personnel humanitaire et des défenseurs des droits de l'homme immédiatement menacés de violence physique, ainsi que le soutien du Gouvernement de la République démocratique du Congo dans ses efforts de stabilisation et de consolidation de la paix », la Monusco s'est montrée jusqu'ici inerte en ce qui concerne la protection des civils régulièrement massacrés par le régime ? 
 
Sûr que comme l'Opération Turquoise au Rwanda il y a un peu plus d'une vingtaine d'années, la Monusco préfère se retrouver, le moment venu, dans le camp de ceux qui auront des comptes à rendre  de leur laisser-faire,   plutôt que dans celui des entités qui auront œuvré pour empêcher que se produise le pire.
Dont acte !  
 
Extrait de la conversation entre Jean Cyrus Mirindi, et Jean Mbuyu Luyongola, Conseiller Spécial en matière de Sécurité de Joseph Kabila (cliquer sur le lien cidessous).

Ndam Njoya Nzoméné

 

: Afrique Monde