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Cameroun : La Grande Bretagne déconseille la célébration du 20 mai à ses citoyens

2018-05-21 02:03:23 - C'est un Cameroun particulièrement divisé, et presque partitionné de fait qui célèbre ce dimanche le 46ème anniversaire de l'avènement de l'Etat Unitaire consacré par le référendum du 20 mai 1972. Un anniversaire institué "fête nationale" du pays.

Si les populations des régions francophones –quoique meurtries par la situation socio-politico-sécuritaire dans les deux régions anglophones- s'activent depuis le début de la matinée pour donner un cachet particulier à l'évènement (participation aux grandes parades dans les villes et villages, respect des consignes de fermeture des établissements commerciaux jusqu'à la fin du défilé, ou de l'interdiction des rassemblements de plus de deux personnes dans la rue, ainsi que des téléphones portables ou des effigies autres que celles du dictateur camerounais (Paul Biya) sur les places de fêtes –c'est nouveau-…), le climat est plutôt très tendu dans les deux régions anglophones où les populations sont confrontées à un indicible dilemme. 
 
D'une part, les sécessionnistes qui menacent de représailles mortelles ceux qui y prendront part à la commémoration de cet événement qu'ils considèrent comme fondateur de leur assimilation-colonisation par l'ancien Cameroun français, et d'autre part, les autorités gouvernementales qui menacent de sanctions de diverses natures ceux qui n'y prendront pas part et qui seront de fait considérés comme des partisans de la sécession.
 
C'est fort de ces menaces qui planent sur les vies des personnes résidant dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest que la représentation diplomatique britannique au Cameroun a pris des mesures concernant ses ressortissants résidant ou de passage dans les deux régions anglophones en crise, relativement à la célébration de la fête du l'unité.
 
« En raison du risque potentiel d'incidents de sécurité, les ressortissants britanniques des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest sont invités à être vigilants et à éviter les grands rassemblements ainsi que les lieux publics », a conseillé le Haut-commissariat  de Grande Bretagne au Cameroun dans un message abondamment diffusé sur les réseaux sociaux.
 
Un message à prendre au sérieux compte tenu des derniers enlèvements de personnalités imputés à tort ou à raison aux sécessionnistes, dont certains partisans  ont eux aussi lancé sur les réseaux sociaux des menaces de s'en prendre à toute personne qui de près ou de loin s'associerait aux festivités du 20 mai.
 
Mais la menace la plus sérieuse étant celle du gouvernement de Yaoundé qui a le plus de moyens de la mettre à exécution sous le prétexte de la légalité, des manifestations ont cependant eu lieu dans les zones anglophones, la peur au ventre des défilants.
 
Sam Mayem

: Afrique Monde